BURKINA FASO
UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU
Faculté des Sciences de la Santé
(F.S.S)
Année Universitaire 1999-2000
CONTRIBUTION A L'ETUDE STRUCTURALE
D'UN PRINCIPE ANTIFONGIQUE ISOLE
DE MlTRACARPUS SCABER ZUCC.
THESE
Présentée et soutenue publiquement le 17 Novembre 1999
Pour l'Obtention du
Grade de DOCTEUR EN PHARMACIE
(Diplôme d'Etat)
Par
KABORE WENDMINIM NICOLE RACHEL
Née le 21 juin 1972 à Ouagadougou (Burkina Faso)
JURY:
Directeur de Thèse:
Président:
Pro 1Pierre GUISSOU
Pro Blaise KOUDOGBO
Co - Directeur:
Membres:
Pro Blaise KOUDOGBO
Dr. Jean Baptiste NIKIEMA
Pro Adama SABA
Pro Odile NACOULMA
Dr. Jean Baptiste NIKIEMA

UNnŒRSITE DE OUAGADOUGOU
Faculté des Sciences de la Santé
( F.S.S. )
LISTE DU PERSONNEL ADMINISTRATIF
Doyen
Pr.
Robert B. SOUDRE
Vice-Doyen Chargé des Affaires
Académiques et Directeur de la
Section Phannacie (VDA)
Pr. 1. Pierre GUIS SOU
Directeur de la Section Technicien
Pr
Blaise KOUDOGBO
Supérieur de Santé
Vice-Doyen à la Recherche et
à la vulgarisation (VDR)
Pr. Ag. Jean KABORE
Directeur des Stages de la
Pr.
Ag. Y. Joseph DRABO
Section Médecine
Directeur des Stages de la
Dr Rasmata
Section de Phannacie
OUEDRAOGO/TRAORE
Coordonnateur C.E.S. de Chirurgie
Pr. Amadou SANOU
Secrétaire Principal
Mr
Fakouo TRAORE
Chef de Service Administratif
Mme Christine NARE
et Financier (CSAf)
Conservateur de la Bibliothèque
Mr Salif y ADA
Chef de la Scolarité
Mme Kadi ZERBO
Secrétaire du Doyen
Mme Mariama DICKO
Secrétaire du VDA
Mme KABRE Hakiéta
Secrétaire du VDR
Mme Edwige BONKIAN

Audiovisuel
Mr Alain Pascal PITROIPA
Reprographie
Mr Philippe BOUDA
Service Courrier
Mr Ousmane SAWADOGO
LISTE DES ENSEIGNANTS DE LA F.S.S.
ENSEIGNANTS PERMANENTS
Professeurs titulaires
Rambré Moumouni OUIMINGA
Anatomie organogenèse
et chirurgie
Hilaire TIENDREBEOGO
Sémiologie et
Pathologies médicales
Tinga Robert GUIGUEMDE
Parasitologie
Bobilwindé Robert SOUDRE
Anatomie-Pathologique
Amadou SANOU
Chirurgie Générale et Digestive
Innocent Pierre GUISSOU
Pharmacologie & Toxicologie
Bibiane KONE
Gynécologie - Obstétrique
Alphonse SAWADOGO
Pédiatrie
Professeur associé
Blaise KOUDOGBO
Toxicologie
Maîtres de Conférences
Julien YILBOUDO
Orthopédie -Traumatologie
Kongoré Raphaël OUEDRAOGO
Chirurgie -Traumatologie
François Réné TALL
Pédiatrie
Jean KABORE
Neurologie
Joseph Y. DRABO
Médecine IntemelEndocrinologie
Blaise SONDO
Santé Publique

Jean LANKOANDE
Gynécologie-Obstétrique
Issa SANOU
Pédiatrie
Ludovic KAM
Pédiatrie
Adama LENGANI
Néphrologie
Orthopédie-Traumatologie
Kampadilemba OUOBA
010 Rhino Laryngologie
Piga Daniel ILBOUDO
Gastro-entérologie
Albert WANDAOGO
Chirurgie Pédiatrique
Assistants associés
Caroline BRIQUET
Chimie -Analytique, Pharmacologie
et Toxicologie
Valérie MURAILLE
Galénique et Chimie-Analytique
Maîtres-Assistants
Lady Kadidiatou TRAORE
Parasitologie
Mamadou SAWADOGO
Biochimie
Si Simon TRAORE
Chirurgie
Adama TRAORE
Dermatologie Vénérologie
Abdoulaye TRAORE
Santé Publique
Daman SANOU
Chirurgie Générale
Arouna OUEDRAOGO
Psychiatrie
Joachim SANOU
Anesthésie-Réanimation
Patrice ZABSONRE
Cardiologie
Jean Gabriel OUANGO
Psychiatrie
Georges KI-ZERBO
Maladies Infectieuses

Théophile L. TAPSOBA
Biophysique - Médecine Nucléaire
Rabiou
CISSE
Radiologie
Blami DAO
Gynécologie Obstétrique
Alain
BOUGOUMA
Gastro-Entérologie
Boubacar TOURE
Gynéco-Obstétrique
Michel AKOTIONGA
Gynécologie-Obstétrique
Rasmata
OUEDRAOGO/TRAORE Bactério-Virologie
Alain
ZOUBGA
Pneumologie
Boubacar
NACRO
Pédiatrie
Abel
KABRE
Neuro-Chirurgie
Assistants Chefs de cliniques
Timothée KAMBOU
Chirurgie
T.Christian SANOU (in memoriam)
Oto Rhino Laryngologie
Doro SERME (in memoriam)
Cardiologie
Hamadé OUEDRAOGO
Anesthésie-Réanimation
physiologie
Alexis ROUAMBA
Anesthésie-Réanimation
physiologie
M. Théophile COMPAORE
Chirurgie
y. Abel
BAMOUNI
Radiologie
Maïmouna OUATTARA/DAO
ORL
André K. SAMANDOULOUGOU
Cardiologie
Nicole Marie ZABRE / ZABRE
Maladies Infectieuses
Rigobert THIOMBIANO
Maladies Infectieuses

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MERCI SEIGNEUR POUR TON
AMOUR INFINI
JE TE RENDS GRACE POUR
L'ETERNITE.

A monpère
Tu constitues pour nous un exemple de dignité, d'humilité, et de
sagesse. Puisses-tu trouver ici le fruit de tes nombreux sacrifices.
Affectueux attachement.
A ma mère
Pour le réconfort, le soutien et l'affection sans cesse manifestés.
Profonde affection.
A mon frère Nicolas (in mémoriam) et à mes sœurs Judith,
Rebecca, Gisèle, Rolande et Joelle.
Que nos liens se raffermissent davantage.
A mon neveu Yoann
Aux grandes familles Kabore et Sawadogo
A tous mes oncles et tantes; à tous mes cousins et cousines
Pour votre soutien de tous les jours.
A mes amis
Appoline, Biton Isaïe, Claire, Cyrille, Emma, Henriette, Germain,
Jean-Marc, Joséphine, Sonia, Tamboura, Yolande.
A mes camarades de promotion
Appoline et Alphonse(in memoriam), Azize, Charles, Claudette,
Modeste, Moussa, Nao, Raïssa, Sanfo, Sangaré, Zada.

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A Notre Maître et Président du jury
Professeur Innocent Pierre GUISSOU
Professeur titulaire de Pharmacologie - Toxicologie
Vous nous faites un grand honneur en acceptant de présider ce jury de
thèse, en dépit de vos nombreuses sollicitations.
Votre rigueur dans le travail, ainsi que vos qualités scientifiques sont reconnues
de tous.
Sincères remerciements pour l'enseignement reçu tout au long de nos études
Veuillez trouver ici notre respectueuse considération.
A Notre Maître et Directeur de thèse
Professeur Blaise KOUDOGBO
Professeur titulaire de Toxicologie
Vous nous avez accordé le privilège et l'honneur de nous inspirer et de
diriger ce travail.
Votre simplicité, vos qualités scientifiques et humaines sont aussi bien
reconnues que votre amour pour le travail bien fait.
Nous vous exprimons notre profonde gratitude et notre attachement respectueux.
A Notre maître et juge
Professeur Odile NACOULMA
Professeur de Biochimie
Nous vous sommes gré, de l'honneur que vous nous faites en acceptant de juger
ce travail.
Nous sommes convaincus qu'il gagnera en qualité après avoir été soumis à vos
jugements et conseils.
Permettez nous de vous exprimer notre profonde gratitude.

A Notre maître etjuge
Professeur Adama SABA
Professeur de Chimie Organique à la FAST.
Nous avons bénéficié de votre enseignement et de votre encadrement
pendant nos études et lors de la réalisation de ce travail.
Votre simplicité et votre disponibilité ne cessent de nous émerveiller.
Permettez nous de vous adresser notre sincère reconnaissance et nos vifs
remerciements.
A Notre Maître et Co - directeur
Docteur Jean-Baptiste NIKIEMA
Enseignant de Pharmacognosie
Vous avez permis par vos qualités humaines, scientifiques et votre
disponibilité l'aboutissement de ce travail.
Vos conseils et votre soutien nous ont été d'un apport inestimable.
Infiniment merci pour tout et puisse le Seigneur exaucer vos vœux.

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Sincères remerciements à :
Toux ceux qui ont contribué à la réalisation de ce travail :
- Le laboratoire de spectrométrie et de dynamique moléculaire de Marseille
- Le laboratoire de chimie bio-organique et de phytochimie de la Fast
- Tantie Béatrice et tonton Amado
- Mr Sere Yacouba
-
Dr Kambou Sonia
-
Melle Naré Valérie
- Mr et Mme Belemkoabga
- Mme Belem et Mr Ouattara de l'IRBET
- Roger, Jean-Noel, et Andi de la FAST..
Pr Soudré Robert
Personnel du laboratoire de biologie du CHNYO, en particulier celui du
laboratoire de bactériologie (Dr Ouedraogo, Dr Sanou, Dr Nikièma, Mme
Ilboudo, Diabaté, Lompo, Tamboura).
Mr Seli et Mr Pitroipa pour les photos.
Tout le personnel du laboratoire de la Brakina pour leur accueil
Dr Seydou Sawadogo et le personnel de la pharmacie de la Fraternité.

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.
PAGES
.[INTRODUCTION
01
Il
GENERALITES
04
Il 1 Généralités sur la plante
04
11.1.1 Historique
04
11.1.2 Appellation scientifique et synonymes
04
11.1.3 Noms en langues locales
04
11.1.4 Situation de Mitracarpus scaber dans le règne végétal
05
11.1.5 Description botanique
07
11.1.6 Distribution géographique
07
11.1.7 Utilisation en thérapeutique traditionnelle
07
11.1.7.1 Usage externe
07
11.1.7.2 Usage interne
08
Il 2 Identification des composés organiques par les méthodes spectrales
11
11.2.1 Spectroscopie UV visible
11
11.2.2 Spectroscopie infrarouge (IR)
12
Il.2.3 Spectroscopie de masse (SM)
13
11.2.4 Spectroscopie de résonance magnétique nucléaire (RMN)
13
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:b110BJECTIFS
15
1
111.1 Objectif général
15
111.2 Objectifs spécifiques
15
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16
i.:-' t,
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IV.1 Cadre d'étude
16
IV.2 Matériel d'étude
16
IV.2.1 Matériel végétal
16
IV.2.2 Matériel pour l'extraction
16
IV.2.3 Phases mobiles pour la CSM et la CC
16
IV.2.4 Matériel de fractionnement et de purification
17
IV.2.5 Matériel pour la détermination du point de fusion
17
IV.2.6 Matériel pour l'étude spectrale
17
IV.3 Méthodes
18
IV3.1 Extraction
18
IV.3.1.1 Extraction à l'éther d0. pétrole
18
IV.3.1.2 Extraction par le dirh!orométhane
18
IV.3.2 Fractionnement de l'extrait au dichlorométhane
18
IV.3.3 Purification et isolement dG la substance antifongique contenue dans la
Fraction F3
19
V iRESULTATS
22
V.1 Propriétés physico-chim:ques
22

V.2 Résultats de la CCM de gel de silice G6o F254
22
V.3 Description des spectres du composé 1
25
V.3.1 Spectrométrie UV-Visible
34
V.3.2 Spectrométrie IR
34
V.3.3 Spectrométrie de masse
34
V.3A Spectrométrie RMN 1H
34
V.3.5 Spectrométrie RMN 13C
36
V.4 Interprétation des résultats et proposition d'une structure moléculaire
36
VA.1 La CCM
36
VA.2 Etude des spectres électroniques
37
V.4.3 Spectrométrie IR
38
VAA Analyse du spectre RMN 1H
39
V.4.5 Analyse du spectre RMN,3C
39
VA.6 Spectrométrie de maS0e
41
VI' -DISCUSSION
42
VII CONCLUSION
47
VI 1 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
48

ABREVIATIONS
BB:
BroadBand
CCM:
Chromatographie sur couche mince
nEPT:
Distortionless Enhancement by Polarization Transfer
FSS:
Faculté des sciences de la santé
FAST:
Faculté des Sciences et Techniques
IR:
Infra rouge
Rf:
Référence frontale
RMN:
Résonance magnétique nucléaire
ppm:
partie par million
SM:
Spectrométrie de masse
UV:
Ultra-violet

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Le Burkina Faso est un pays enclavé de l'Afrique de l'Ouest n'ayant aucun
débouché sur la mer.
Le Produit National Brut (PNB) par habitant est inférieur à 400$ US ; ce qui
place ce pays parmi les moins avancés sur le plan du développement économique. La
grande majorité des médicaments utilisés dans le système moùerne de santé est
importée.
La disponibilité des médicaments essentiels reste ainsi tributaire des
fluctuations monétaires, et cette difficulté majeure s'est accrue depuis la dévaluation du
franc CFA en 1994, qui a entraîné un renchérissement du prix des produits importés.
C'est pourquoi, en dépit des efforts du gouvernement (application de l'initiative
de Bamako concernant les soins de santé primaire avec l'introduction massive des
médicaments essentiels génériques), les médicaments essentiels restent inaccessibles
(financièrement et géographiquement) à une grande majorité de la population; celle-ci
demeurant essentiellement rurale et d'une extrême pauvreté.
C'est dans ce contexte que la population rurale (plus de 80%), a recours en
première intention, à l'heure actuelle, à la médecine traditionnelle et aux médicaments
issus de la phannacopée traditionnelle pour b couverture de ses bes,)ins sanitaires [30J.
Cependant, la médecine traditionnelle, malgré le succès qu'clle enregistre auprès
des populations, pose toujours des problèmes de standardisation et li 'inpocuité.
La mise au point de nouveaux médicaments standardisés et efficaces, à partir de
la pharmacopée traditionnelle devient de cc f;IÎt une condition importante pour la
couverture des besoins sanitaires de la popuLtlioll.
Cette mise au point est une entreprise pluridiscipliJ ..,ire faisant intervenir des
tradithérapeutes, des botanistes, des pharmacognosistes, des chimistes, biochimistes, des
pharmacologues, des galénistes , des toxicologues, des cliniciens, etc.
Les étapes suivantes doivent être effectuées ù cet c ITet :
- Récolte des informations sur l'usage traditionnel des plantes (enquêtes
ethnobotaniques);
Identification des plantes utilisées amSl que leurs zones de peuplement
naturel. (botaniste systématicien);

- Récolte et études phytochimiques (phannacognosiste et chimiste);
• Extraction, purification et isolement des principes actifs,
• Identification des principes actifs,
• Hémisynthèse et ou synthèse totale au laboratoire.
-Etudes
phannaco-cliniques
parallèlement
aux
études
phytochimiques
et
galéniques, en vue de la séparation des principes actifs
- Mise en fonne galénique,
- Etudes toxicologiques,
- Etudes phannacocinétiques et phannacodynamiques.
- Essais cliniques.
Le but de notre travail est de contribuer à la mIse au point d'un nouveau
médicament utilisable en médecine moderne et cela à partir d'une préparation
traditionnelle à base de drogues végétales.
La plante médicinale qui entre dans le cadre de cette étude est Mitracarpus
scaber, une plante utilisée en médecine traditionnelle au Burkina Faso pour le
traitement des mycoses superficielles [21; 28].
Une étude menée récemment par Kambou sur l'activité antifongique de cette
plante a pennis d'isoler par fractionnement un principe actif qui serait de nature
triterpénique [21].
Dans le cadre de notre travail, une suite logique de cette étude, nous nous
limiterons à l'étude structurale de ce principe actif de Mitracarpus scaber à l'aide des
méthodes spectroscopiques de RMN, de masse, d' 1R et d'UV.
L'objectif principal
de
notre
étude
est
d'apporter
une
contribution
à
l'identification de ce pnnCIpe actif. Cette identification permettra par la suite,
d'entreprendre des essais phannacologiques, toxicologiqur
et cliniques en vue de
pennettre la mise au point d'une nouvelle forme galénique cl base du principe
antifongique isolé de Mitracarpus scaber.
2

Notre travail peut ainsi être divisé en deux grandes parties:
- La première partie est consacrée aux généralités sur Mitracarpus scaber Zucc.
ainsi que sur les méthodes d'analyse spectrales.
La deuxième partie concerne l'isolement et l'identification du prInCIpe
antifongique grâce à des relevés spectroscopiques (UV, IR, masse et RMN).
Ces relevés pennettront de proposer une structure chimique pour la
substance.
3

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lI-l GENERALITES SUR LA PLANTE
11-1.1 Historique [40]
Mitracarpus scaber fut à l'origine de querelles entre botanistes, notamment
Schumacher et Zuccarini.
Le problème était de savoir si la date de publication de Schumachcr et Thonning était
1827 ou 1829.
La priorité de l'épithète de l'espèce a été accordée à Zuccarini qui a publié en
1827.
Mitracarpus scaber Zucc est défini par le mode de déhiscence de son fruit qui se fait
selon Brown par ouverture en anneau et la partie supérieure de la capsule ressemble à
une mitre. C'est de ce mot que dérive le genre Mirracarpus.
L'épithète scaber est due au fait que les feuilles de la plante sont lisses au dessous et
scabres au dessus.
11-1.2 Appellation scientifique et synonymes [28,40]
- Mitracarpus scaber (Zucc) 1827
- Synonymes
• Mitracarpus verticillatus (Schumacher-Thonning) Vatke 1876
• Mitracarpus villosus (SW) DC
• Staurospermum verticillatum (Schumacher-Thonning) 1829
• Mitracarpus senegalense DC
• Oldenlandia verticillata Bacle.
11-1.3 Nom en langues locales [1,2,3,4,5,28,40]
BambaralDioula
: kuguruba
Hausa
: ardi
Moré
: yod-pèelga
Yoruba
: alekou
Wolof
: Ndotükan
4

11-1.4 Situation de Mitracarpus scaber Zucc dans le règne végétal [211
Phanerogamme
1
1
1
Gymnospermes
Angiospe1l11eS
1
Monocotylédones
Dicotylédones
1
Autres sous-classes
Asteridae
1
1
Autres ordres
Rubiales
1
Autres familles
Rubiaceae
1
Autres espèces
Mitracarpus Scaber
5

Figure 1 : Mitracarpus scaber Zucc. (Rubiaceae) (photo prise à Ouagadougou)
6

II 1.5 Description botanique [1,2,3,4,5]
-Port: Mitracarpus scaber est une plante herbacée annuelle à tiges pubérulentes,
ramifiées, évasées, rondes, blanchâtres ou jaunâtres, hautes de 10-30 cm.
-Feuilles: elles sont lancéolées, subaigües de 3-6 cm de longueur et de 1 cm de large.
Elle sont glabres ou glabrescentes au dessous et scabres au dessus.
-Fleurs: elles sont blanches, très petites 2-3 mm en glomérules à l'aisselle des feuilles.
-Graines:
elles sont chagrinées dorsalement,
la face supérieure ayant comme
l'empreinte d'une patte de chien.
-Reproduction: elle se fait par les graines.
11-1.6. Distribution géographique
Mitracarpus scaber est une espèce commune à toute l'Afrique intertropicale
présente dans les cultures, sur les terrains vagues, le long des routes et des pistes.
11-1.7. Utilisation en thérapeutique traditionnelle
II-1 .7-1 Usage externe
- Au Burkina Faso,
Mitracarpus scaber est utilisée dans le traitement des
dartres, des teignes et de la gale. Pour le traitement antifongique, la plante peut être
utilisée à l'état frais ou après séchage [21,28].
- Au Togo, la pulpe des tiges feuillées est appliquée en cataplasme seule ou
additionnée de carbonate de potassium sur les lésions. On peut également appliquer un
mélange de poudre de feuilles sèches et d'huile de karité St' les lésions après un bain
avec le décocté de la tige feuillée [5].
7

- Au Bénin, le suc des jeunes feuillcs est instillé dans les yeux lors des
convulsions hyperpyrétiques. Le macéré aqueux de la plante entière est appliqué
localement dans les dermatoses. Dans les céphalées rebelles on frotte la tête rasée avec
des feuilles de Pupalia lappacea et on applique la pulpe de la plante entière délayée
dans du pétrole en association avec les gousses d'A{ramomum melegueta [1].
- En Côte d'Ivoire, les branchages fcuillées de Mitracarpus scaber sont écrasés
et le jus appliqué sur les mycoses. L'application est renouvelée 2, 3 fois par jour jusqu'à
disparition des mycoses [33].
II-J. 7.2 Usage interne
Au Bénin, le décocté aqueux des parties aériennes de Mitrao.lrpus scaber est
,
administré per os dans les affections hépatiques, les dyspepsies, la LJnstipation et les
candidoses bucco-orales et digestives en association avec des fruits de Xylopia
aethiopica. Dans les aménorrhées, on utilise le macéré de pulpe des parties aériennes
par voie orale en association avec des fruits de (71/,.ÔI/Ùl kolu rIl·
Ainsi,
Mitracarpus scaber est une plante très connue dans toute l'Afrique
intertropicale et utilisée en usage interne et externe surtout comme antispasmodique,
antiseptique, antifongique, antibactérien, antalgique etc.
11-1.8. Rappels sur la chimie de Mitracarpus scaber
Les études chimiques sur Mitracarpus scaber sont peu nombreuses:
- Kerharo et Adam rapportent la présence des saponosides, d'alcaloïdes, de
triterpènes et de stérols dans Mitracarpus scaber [22].
-.Ekpendu et Coll ont identifié 26 composés dont Il acides gras libres par
chromatographie en phase gazeuse couplée à la masse à partir des parties aériennes de
Mitracarpus scaber. Le composé le plus abondant est l'acide hexadécanoïque (51,2%)
suivi de l'acide pentadécanoïque [15].
8

- Baoua et Coll ont mis en évidence la présence de flavonoïdes,, d'alcaloïdes, de
tanins, de tri terpènes et de stérols [8].
- Kambou par screening phytochimique sur les extraits de /I1itracarpus scaber a
mis en évidence un principe de nature triterpénoïde, des tri terpènes et stéroïdes , ainsi
que des tanins et des flavonoïdes [21].
- Harouna et Coll ont pu isoler à partir de la plante fraîche un principe actif,
l'harounoside qui est la pentalongine hydroquinone diglycoside [191.
11-1.9. Rappels sur la pharmacologie de Mitracarpus scaber
- Au Burkina Faso, Kambou a retrouvé une activité anti fongique in vitro de
l'extrait à l'acétate d'éthyle et au n-hexane contre Trichophyton rubrum. Trichophyton
Soudanense, Trichophyton Interdigitale et Microsporum langeronii.
- Au Nigéria, Irobi et Coll ont mis en évidence in vitro, une activité de l'extrait
éthanolique sur Trichophyton rubrum, Microsporum gypseum, Candida albicans,
Aspergillus niger et Fasarium salani. Ils ont mis en évidence lors d'un screenmg
phytochimique de la plante la présence de substances phénoliques, d 'hémolysines et de
sesquiterpènes [20].
Ekpendu
et
Coll
ont
mIs
en
évidence
l'activité
anti-inflammatoire
et
antimicrobienne de l'extrait à l'éther de pétrole de Mitracarpus scaber. L'activité
antimicrobienne
concerne
les
germes
suivants:
Escherichia
coli,
Klebsi ella
pneumoniae, Pseudomonas aeuginosa et staphylococcus aureus. Ils n'ont cependant pas
identifié les substances actives [16].
9

- Au Mali, Sanogo et Coll ont testé in vitro l'activité antimicrobienne de
Mitracarpus scaber. Il est ressorti de l'étude, que l'extrait à l'éther de pétrole obtenu à
partir de l'extrait hydro-alcoolique exerce une activité antimicrobienne sur plusieurs
souches de staphylocoques et de candida. Le screcning phytochimique effectué a mis en
évidence dans la plante la présence de flavonoïdes de tanins et de triterpènes[3S].
- En Côte d'Ivoire, Mobié et Coll ont montré que l'huile de Mitracarpus
veticillatus obtenu à partir de l'extrait éthanolique traité au Soxhlet dans de l'hexane est
active sur Trichophyton rubrum [27].
Bonga et Coll ont montré l'activité de la fraction éthanolique de Mitracarpus verticillus
sur CryptococclIs neoformans.
Cette
fraction
a
été obtenue après chromatographie de
filtration
sur colonne
SEPHADEX GSO. Des réactions colorées ont mis en évidence la présence de
phytostérols dans cette fraction [10].
En conclusion: une activité antifongique de Mitracwpus s('o!Jer a été retrouvée
avec les extraits éthanoliques et lipidiques (éther de pétrole, hexane). Des tentatives
d'explication de cette activité ont été faites en référence à la composition chimique
établie par screening des extraits.
la

II.2 IDENTIFICATION DES COMPOSES ORGANIQUES PAR
LES METHODES SPECTRALES
INTRODUCTION
L'identification de la structure chimique des principes actifs est une étape
importante dans la mise au point des nouveaux médicaments. En effet la connaissance
de cette structure chimique permet d'établir les réactions de caractérisation et de
dosage; ce qui conditionne les méthodes de contrôle de qualité du produit fini
(contrôles qualitatifs et quantitatifs). Il en est de même pour l'évaluation de la
bi od isponibilité.
L'identification
du
composé
chimique
consiste
à
réunir
le
maximum
d'infonnation en vue de proposer une structure moléculaire. Parmi les méthodes
utilisées et qui apportent un maximum d'informations sur la structure, nous avons les
analyses spectroscopiques de masse et de résonance magnétique nucléaire (RMN). Les
spectroscopies UV et IR apportent dans la plupart du temps une contribution peu
significative. Cependant, ces méthodes peuvent se révéler importantes pour un certain
nombre de groupes chimiques pour l'UV ct de groupements fonctionnels pour l'IR.
C'est ainsi que la spectroscopie UV peut apporter une contribûtion décisive à
l'identification des flavonoïdes [11].
11-2.1 Spectroscopie UV visib le [18,31,34]
La spectroscopie UV est fondée sur l'ahsorption d'énergle électromagnétique
par les électrons de valence. On parle aussi de spectroscopie électronique.
Les spectres UV traduisent au mieux la structure des systèmes à électrons délocalisables
et particulièrement les composés aromatiques. Le domaine spectral concerné est divisé
en trois plages:
- UV lointain: ] 00 < Î.. < ] 90-200 111n
- UV proche: 200 < À < 350-400 nm
- UV visible: 350-400 < À <800 nm
En pratique on opère dans l'UV proche et le visible: 190 nm < À <800 nm.
1\\

Le spectre UV correspond au tracé de la variation de l'absorbance en fonction de la
longueur d'onde.
Ainsi, le spectre UV-visible est obtenu par irradiation de l'échantillon à l'aide de
faisceaux électromagnétiq LIes de longueurs d'onde différentes.
L'absorbance est fonction de la concentration des molécules qui absorbent.
% Transmittance = (100)1110
Loi de Beer- Lambert: log Ilia = -dc
1 = intensité de lumière transmise
la = intensité de la lumière incidente
1 = longueur du trajet optique
E= coefficient d'extinction molaire.
11-2.2 Spectroscopie infrarouge (IR) 16,11,12,18,29,31,34,36]
Le spectre IR provient de variations d'énergie dues à la vibration des liaisons
entre atomes constitutifs de la molécule, ou à la rotation des molécules dans le domaine
de l'IR moyen. Les spectres IR sont donc des spectres de vibration / rotation permettant
une analyse fonctionnelle des molécules organiques,
Le spectre IR traduit l'absorption par l'échantillon radiations électromagnétiques
de longueurs d'onde comprises entre 1 et 1000 /llll. Le moyen IR (2,5 ~5 /lm) fournit le
plus d'informations sur les composés examinés permettant ainsi de déduire des
particularités structurales.
Le spectre IR permet l'analyse fonctionnelle des molécules organiques,
la détermination des structures et la vérification des isomérie~.
12

11-2.3. Spectroscopie de masse (SM)
La spectroscopie de masse est une méthode d'analyse basée sur la fragmentation
des molécules et la détermination de la
masse relative m/I de ces fragments
moléculaires.
Elle se fonde
sur l'ionisation et la fragmentation des molécules. L'ionisation
entraîne, en effet, une accumulation d'énergie qui en se dissipallt peut provoquer la
rupture des liaisons interatomiques et donner naissance à des fragments caractérisés par
le rapport masse/charge (mlz).
Les différents fragments ainsi proJuits, s'ils sont char! és positivement ou
négativement sont accélérés avant de parvenir à un analyseur appelé parfois filtre de
masse qui les sépare en fonction du rapport m/z.
Le recueil sélectif des différents IOns permet l'établissement d'un spectre
caractéristique appelé spectre de masse.
Le spectre de masse représente sous forme graphique l'abondance des ions sur la
base de leur rapport masse/charge.
La spectroscopie de masse fournit donc des renseignements sur la masse
moléculaire, la formule et sur la disposition des groupes spécifiques dans la molécule.
11-2.4. Spectroscopie de résonance magnétique nucléaire
Outre les méthodes spectrales faisant intervenir des transiti ms électroniques ou
des variations de l'énergie de vibration - rotation, il existe d' aut l'es moyens d'études
fines de la structure des molécules; de découverte plus récente. Ils mettent en œuvre, la
Résonance Magnétique Nucléaire (RMN).
L'échantillon à étudier est introduit dans lin champ maglh~tique Ho continu et
orienté suivant un axe Oz qui réalise la séparation en deux (Oll n) Illveaux énergétiques.
L'énergie nécessaire pour provoquer la résonance est fournie par un champ HI
sinusoïdal de radiofréquence y monochromatique et orien
perpendiculairement au
premier champ suivant un axe 0Y'
13

L'échantillon subit un balayage de champ magnétique. QII,md LJ E (la quantité
d'énergie fournie) correspond à l'énergie de transition pOUf un Iloyau donné, il y a
absorption de l'énergie émise se traduisant par un pic d'absorption.
Tout noyau ayant un numéro atomique ou un nombre de 11l:lsse impair, possède
un moment magnétique appelé spin non nul et pourra être étudié en RMN.
["a RMN peut ainsi intéresser dc IH1I1illlèll.\\ alül11cs. J .e~. phls classiquement
étudiés sont le proton 1H qui est l'élément le plus abondant dans la nature et le carbone
De.
Le spectre de RMN d'un composé nous foumit quatre types d'inforn1ations :
Le
déplacement
chimique
d'un
multiplet
n0US
renseIgne
sur
l'environnement du proton correspondant;
La surface des signaux nous renseigne sur le nombl e de protons mis en
Jeu.
La multiplicité nous indique le nombre de protons au voisinage du proton
considéré.
La constante de couplage nous renseIgne sur le type et le degré de
relation entre deux protons.
Au total, la spectroscopie de RMN permet l'établissement de la structure
moléculaire d'un composé par la détermination de la nature et de i' environnement des
atomes en résonance.
14

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111-1 OBJECTIF GENERAL
L'objectifgénéral cie cette étucle est dl.: cOlltrihucr ù LI mise ;IU point cI'un
nouveau médicament par l'identi fication d'un pnncipe anti fOl ~iqul isolé de
Mitracarpus scaber Zucc (Rubiaceae).
111-2 OBJECTIFS SPECIFIQUES
D'une manière spécifique, l'étude devra permettre d'atteindre les objectifs
suivants:
III-l. Analyser la substance antifongique par spectrométrie UV-Visible.
1II-2. Procéder au relevé spectrométrique IR.
III-3. Procéder au relevé spectrométrique de masse (impact électronique).
III-4. Procéder au relevé spectrométrique de RMN 1H et 13 C.
III-5. Proposer une structure pour la substance antifongique isolée cie MitracC/1]Jus
scaber.
15

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IV-MATERIEL ET METHODES
IV-l Cadre d'Etude
Notre étude a été réalisée au laboratoire de Pharmacog' )sie et de Valorisation
de la Médecine et Pharmacopée Traditionnelle dc la FSS; ainsi;uc clans le laboratoire
de Chimie Bio-organique et Phytochimie de la FAST, ct ,! ms le Laboratoire de
spectrométrie et de dynamique moléculaire dc Marseille.
IV-2 Matériel d'Etude
IV-2-1 Matériel végétal
Les tiges feuillées de Mitracarpus scaber (Zucc) ont été récoltées en JanVIer
1999 dans la ville de Ouagadougou. La drogue végétale est s(chée à la température
ambiante, à l'abri de la lumière avant d'être broyée finement.
La poudre obtenue est conservée dans des nacons bruns jusqu'à la mise en route de
l'étude phytochimique.
IV-2-2 Matériel Dour l'extraction
L
- Ampoule à macération (21)
- Percolateur (11)
- Rotavapor Buchii
- Verrerie
- Solvants: éther de pétrole, chlorure de méthylène
IV-2-3
Phases
mobiles pour la
chromatographie
sur
couche
mince
et la
chromatograDhie sur colonne
S1 : Dichlorométhane-Toluène-Méthanol (5 ; 4 ; 1)
S2 : Dichlorométhane-Toluène-Méthanol-Ammoniaque (5; 4; 1 ; 0,1)
16

S3 ; Dichlorométhane-Acétone (9,5 ; 0,5)
S4 ; Dichlorométhane
S5 : Dichlorométhane-Méthanol (95-5 V/V)
S6 : Dichlorométhane-Méthanol (92,5-7,5 V/V)
S7 ; Dichlorométhane-Méthanol (90-10 VN)
IV-2-4. Matériel defractionnement et de purification
- Chromatoplaques gel de silice G6üF254 (10x5 ; 1Ox 10 ; 20x20).
- Colonnes chromatographiques (1mx3cm; lmxl,5cm)
- Gel de silice G60 pour colonne
IV-2-5 Matériel pour la détermination du point de fusion
Le point de fusion est relevé avec un appareil Electrotherrnal lA 9000.
IV-2-6 Matériel pour l'étude spectrale
- Spectrométrie UV - visible
Le spectre a été relevé dans le chloroforme. Les n~ 'sures ont été réalisées à
l'aide d'un spectrophotomètre SAFAS Double Energy System, entre 200 et 600 nm.
Spectrométrie Infra-rouge
Le spectre IR a été obtenu en pastilles KBr à l'aide d'un spectrophotomètre
Perkin-Elmer 840.
- Spectrométrie de RMN
L'échantillon est dissous dans du méthanol deuterié. Le tétraméthylsilane est
utilisé comme standard interne et est directement dissous dans le solvant. Le spectre
RMN 1 H a été relevé à l'aide d'un spectrophotomètre BRUKER AMX 400 Le spectre
13 C est quant à lui enregistré sur BRUKER AC 80.
17

IV-3 Méthodes
IV-3-1 Extraction
La méthode d'extraction utilisée est la percolation. La matière végétale,
introduite dans le percolateur est soumise à un épuisement successif à l'aide de deux
solvants de polarité croissante; il s'agit de l'éther de pétrole et du dichlorométhane.
IV-3-1-1 Extraction Dar l'éther de pétrole
La poudre des feuilles de Mitracarpus scaber (2kg) est introduite dans une
ampoule à macération. L'éther de pétrole (41) est ajouté et le mélange est laissé en
macération pendant 24 heures. A la fin de la macération, une percolation est effectuée à
l'aide d' 11 d'éther de pétrole. La solution est recueillie à raison de 1ml/mn et évaporée
sous pression réduite. Le résidu de l'extraction est conservé à l'abri de la lumière. Le
marc est séché et gardé pour les extractions suivantes.
IV-3-.1-2 Extraction Dar le dichlorométhane
Le marc issu de l'extraction à l'éther de pétrole est séché puis introduit dans
l'ampoule à macération. L'ensemble est mis à macérer pendant 24 heures avec 41 de
dichlorométhane. Une percolation est ensuite réalisée à l'aide de 21 de dichlorométhane.
La solution recueillie est ensuite évaporée sous pression réduite. L'extrait obtenu est
conservé à l'abri de la lumière.
IV-3-2 Fractionnement de l'extrait au dichlorométhane
L'extrait au dichlorométhane a été fractionné par chromatographie sur colonne
de gel de silice.
La colonne (lm sur 3cm de diamètre) est remplie aux 2/3 à l'aide d'une suspension de
silice pour colonne dans le dichlorométhane. L'extrait à fractionner est dissout dans le
dichlorométhane et déposé au sommet de la colonne de silice.
18

La phase mobile est ensuite introduite. Cette phase mobile est constituée de
dichlorométhane contenant des proportions croissantes de méthanol (0 ; 5 ; 7,5 ; 10%).
Chaque palier du gradient correspond à 5001111 de phase mohile.
Des fractions de 25 ml sont récoltées et analysées par CCM de gel de silice G6oFz54 en
utilisant le système de solvant SI comme phase mohi le.
La révélation est faite par chauffage de la chromatoplaque à 1IO°C pendant 10 min
après pulvérisation d'une solution d'acide sulfurique à 3% dans de l'éthanol.
Les fractions qui présentent un chromatogramme similaire sont regroupées et évaporées
sous pression réduite.
Quatre fractions ont ainsi été réunies: FI, F2, F], F4.
La substance antifongique préalablement isolée par Kambou a été retrouvée dans la
fraction F]. C'est cette fraction F] qui sera soumise à la purification puis à
l'identification du principe dit antifongique.
IV-3-3 Purification et isolelllent de la substance antifongique contenue dans la
fraction F3
La fraction F3 a été évaporée sous pression réduite pour donner un résidu sec.
Cet extrait a été purifié sur une colonne de gel de silice de 1m sur 1,5 cm.
Cette colonne a été éluée successivement par une phase mobile constituée du mélange
dichlorométhane - méthanol dans les proportions 0% ; 5110 ; 7,5 % et 10 %.
Des fractions de 5 ml sont récoltées et analysées par CCM de gel de silice G6oF254 en
utilisant le mélange St comme phase mobile.
Les fractions similaires sont regroupées, ce qui à permis de recueillir 3 fractions TI, T z,
T3.
La substance supposée être antifongique isolée par Kambou a été ainsi concentrée dans
la fraction Tz
La purification de cette substance a été terminée par chromatographie sur
couches minces préparative de gel de silice G6oFz54 en utilisant le système S3 comme
phase mobile.
19

Dans ces conditions, la bande correspondant, à la substance antifongique
est grattée puis éluée à l'aide de dichlorométhane.
La solution recueillie est filtrée puis évaporée sous pression réduite pour donner une
substance qui sera soumise à l'analyse spectrale pour en déterminer la structure
20

Poudre des tiges feuillées de
Mitracarpus scaber (2kg)
Extrait à
l'éther
...
Percolation à l'éther
de pétrole
de pétr0le
Extrait au
Percolation au
dichlorométhane
dichlorométhane
[ Marc
1
+ 1
TI
T z
~T3
lCCMpréparative
Substance antifongique pure
(composé 1)
FIGURE 2 .' Schéma d'extraction. de fractionnement et de purification
des extraits de Mitracarvus scaber
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21

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V-l . Propriétés physico-chimiques
Le composé 1 isolé de Mitracarpus scaber est une poudre blanche amorphe '1
soluble
dans
les
solvants
organiques
chlorés) très
soluble
dans
le
mélange
dichlométhane-méthanol (95 -5 V/V), insoluble dans l'eau. Le point de fusion est entre
220 et 222°C.
V-2. Résultats de la chromatographie sur couche mince de gel de silice G@Elli"
Le composé 1 analysé par chromatographie sur couche mince de gel de silice en
utilisant le système SI comme phase mobile, donne après révélation par l'acide
sulfurique à 3 % dans l'éthanol suivi d'un chauffage à 110° pendant la min, un spot de
couleur violette persistante; ce spot se situe à une valeur Rf de 0,34 (figure 3).
Le betulinol et l'a-amyrine analysés dans les mêmes conditions se situent
respectivement à des valeurs Rf, de 0,44 et 0,7. Le composé 1 analysé par CCM de gel
de silice en utilisant le système S2 comme phase mobile entraîne une faible migration.
Dans ces conditions, la valeur Rrde ce composé est de 0,1, alors que celles du bétulinol
et de l'a-amyrine reste respectivement à 0,44 et 0,7 (figure 4).
22

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Figure 3: Chromatogramme sur couche mince du composé 1 (C]j, de l'alpha-amyrine
(Cj et du betulinol (C4).
Phase mobile: système Sb
23

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Figure 4: Chromatogramme sur couche mince du composé 1 (C}j, de l'alpha-amyrine
(Cz) et du betulinol (C4).
Phase mobile: système S 2.
24

V. Description des spectres du composé 1
Ll:S spl:drl:s é1œtroniqul:, inti'urougl:, RMN du proton l:tdu l:urbonl: 1J du
composé 1 sont représentés respectivement par les figures 5,6,7,8,9,10,11 et 12.
Le spectre de masse est représenté par la figure 13.
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SGO nm
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de
200 ~
600nm
Pas, O.SOnm / Bande Passante,
1nm/Moy"O.40 sec/pt
lissage:
9 / Amt Intelligent, Seuil l,' %:1,SOOOOO-Seull en A:O,100000
CommuLsources:
370nm / Filtre IR:
'350nm/GrilleX: 50nm/GrilleY:O,1 OOOOOA
Imprimé le 07-08-1999
à 0945:24
n' 1 SS/Chloroforme
SPECTRE ordre
0
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1
Figure 5 : Spectre UV du ,.'omposé 1 isolé de !v/itracarpus scaber.
25

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Figure 13 : Spectre de masse composé 1.

V-3.1 Spectrométrie UV- Visible
Ce spectre indique la présence d'un maximum situé à 244 nm (Figure 5).
V -3.2 Spectrométrie IR
Ce spectre (Figure 6) indique la présence de trois pICS caractéristiques: à
1690cm'l , à 1030 cm'] et à 3425 cm- I .
V-3.3. Spectrométrie RMN du I H
Le spectre RMN1H est présenté dans la figure 7.
On peut noter la présence d'un proton vinylique apparaissant sous forme d'un
triplet centré à 5,25 ppm, ainsi que d'un multiplet centré à 3,2ppm.
Ce spectre présente également trois multiplets: le premier centré à 4,2 ppm, le
deuxième centré à 7,5 ppm et le troisième centré à 7,7ppm. Cependant, l'intégration de
ces protons nous laisse penser qu'il pourrait s'agir d'impuretés.
Le spectre comporte en outre sept méthyles résonnant entre 0,5 et 1,2 ppm.
V -3.4. Spectrométrie RMN 13c.
Le spectre RMN13 C obtenu en mode Broad Band (BB) est représenté par la
figure 8.
Les figures 9, 10, Il et 12 constituent des étalements de ce spectre.
Le spectre RMN 13C BB présente 3 carbones caractéristiques; Le premier résonnant à 80
ppm, le deuxième à 126 ppm et le troisième à 138 ppm. On note également la présence
d'un signal résonnant à 180 ppm, caractéristique d'un groupe carbonyle.
En ce qui concerne le spectre RMN 13C DEPT on observe la présence d'un signal
attribuable à un CH à 80 ppm et un CH vinylique caractéristique à 126 ppm.
34

V -3.5 Spectrométrie de masse.
Le spectre de masse du composé 1 (Figure 13), obtenu par impact électronique,
présente un ion moléculaire à m/z 456.
Ce spectre présente deux fragments de base mlz 43 (l00 %) et m/z 292.Deux
fragments paraissent également caractéristiques à ce produit; il s'agit des pics
apparaissant à rn/z 248 et m/z 203.
35

VA
Interprétation
des
résultats
et
proposition
d'une
structure
moléculaire.
V.4.1 La chromatographie sur couche mince
L'analyse par CCM de gel de silice G(,o F254 indique après révélation avec
l'acide sulfurique à 3 % dans l'éthanol, suivi du chauffage à 1100 pendant 10 mn, la
présence d'un spot de couleur violacée persistante. Ceci est en faveur de la présence
d'un tri terpène pentacyclique.
En effet dans les mêmes conditions, les tri terpènes tétracycliques ainsi que les
stéroïdes donnent une coloration violacée qui vire rapidement au bleu.
Le composé 1 chromatographié sur couche mince de gel de silice en utilisant le système
SIse situe à une valeur RF de 0,34.
Dans les mêmes conditions, des triterpènes pentacycliques tels que l'a-amyrine
(composé 2) ou le lupéol (composé 3) se situent à une valeur RF de 0,7
La betuline, (composé 4), se situe, quant à elle, à une valeur RF de 0,44.
Nous pouvons donc supposer que le composé 1 est probablement de nature
triterpénique possédant dans sa structure, un nombre plus important de groupements
polaires en comparaison avec les composés 2, 3 et 4.
Le composé 1 analysé par CCM de gel de silice G6Ü F254 en utilisant le système
S2 comme phase mobile donne également un spot de coloration violacée persistante
mais se situant à une valeur RF de 0,1. La présence d'ammoniaque dans la phase mobile
entraîne, un ralentissement de la migration de la substance étudiée.
Ainsi, il est possible dès à présent, d'émettre l'hypothèse selon laquelle au moins
une des fonctions polaires de la molécule en étude serait une fonction acide
carboxylique (COOH).
De ce fait, la présence d'ammoniaque dans la phase mobile entraîne une
ionisation de cette fonction; ce qui conduit à des interactions plus importantes avec le
gel de silice et une forte diminution du Rf.
36

CH)
CH 3
HO
CH)
CH)
Figure14 : Structure de l'a-amvrine, de la B-amyrine de l'acide ursolique et
de l'acide ar;unoligue :
Légende
a-amyrine: RI = H ; Rz =CH3 ; R 3 =CH3 .
~-amyrine: RI =CH3 ; Rz =H ; R3 = CH3
acide ursolique : RI =H ; Rz =CH3 ; R3 =COzH
acide arjunolique : RI =CH3 ; Rz =CH3 et R3 =COzH
Figure15 : Structure du Bétulinol
V-4.2. Etude du spectre électronique
Le spectre électronique du composé 1 enregistré entre 200 et 600 nm présente
une bande d'absorption à 244 nm. Elle pourrait facilement être attribuée à une fonction
37

acide carboxylique, compte tenu du fait que la transition s'obtient à des longueurs
d'ondes d'énergie assez élevées.
V-4.3 Etude du spectre infrarouge
Le spectre IR du composé 1 est formel quant à la présence de la fonction acide
carboxylique dans ce composé. On observe en effet une bande intense à 1690 cm']
caractéristique du groupe carbonyle ainsi qu'une bande large caractérisant la vibration
du groupe hydroxyle OH.
Cette dernière bande s'étale de 3700 cm'I jusqu'à 2600 cm". Toutefois, la partie
principale de cette bande, centrée à 3425 cm'I permet de soupçonner la présence d'une
fonction alcool. Cela se confirme par l'apparition de la bande caractéristique de la
liaison CO des alcools à 1030 cm'l. Ainsi le composé 1 présenterait à la fois une
fonction alcool et une fonction acide carboxylique. Cela expliquerait sa forte polarité en
CCM. La région de 1600 cm'! est assez dif!lci1e à analyser; les triterpènes présentant
généralement une fonction éthylénique intracyclique , on y observe de petites bandes
d'absorption susceptibles d'indiquer la présence d'un groupe éthylénique que l'analyse
du spectre RMN du proton devra confirmer.
V-4.4 Analyse du spectre RMN du proton du composé 1
La numérotation officielle des atomes de carbone des triterpènes publiée dans la
littérature est la suivante:
21
12
22
Il
~~
1
25
2(,
1
CH3
CH)\\.)
<)
l~
8
7
6
HO
EH3
~H3
Elle nous servira à identifier les carbones ainsi que les protons qui y sont rattachés dans
la suite de notre travail.
Le spectre RMN du proton du composé 1 est complexe, notamment dans la zone
comprise entre 0,5 et 2,5 ppm. Cela est caractéristique des composés fortement saturés
38

comme c'est généralement le cas des tri terpènes. On peut noter les particularités
suivantes:
-Présence d'un triplet à 5,25 ppm qui semble confirmer l'existence d'un groupe
éthylénique trisubstitué ; il peut être attribué ù H 12.
-Présence d'un doublet à 2,2 ppm pouvant être attribué au proton tertiaire
comme celui lié au carbone 18 soit H18. En effet seul ce proton en a d'une double
liaison est couplé à un seul proton, notamment celui lié à C 19.
- Dans la zone allant de 0,5 à 2,5 ppm , on distingue facilement 7 singulets
attestant de la présence de 7 groupes méthyles.
En comparant les spectres ainsi décrits à celui de l'a-amyrine , il apparaît que le
composé 1 est bien un triterpène, qui présente à la fois une fonction alcool , une
fonction acide carboxylique, un groupe éthylénique et 7 groupes méthyles.
Le spectre ayant été emegistré entre °et 10 ppm, la résonance du proton acide n'a pas
été mis en évidence.
Quant au proton de la fonction alcool, il pourrail bien être dans la partie complexe du
spectre, entre 1 et 2,5 ppm. Le spectre du carbone 13 pourrait ainsi pennettre
d'identifier définitivement le composé 1.
V -4.5. Analyse du spectre RMN du carbone 13
Dans la série des triterpènes soupçonnés, seuls les acides ursolique et
aIjunolique sont dotés à la fois d'une fonction acide carboxylique el d'une fonction
alcool chacun. Ainsi la comparaison du spectre RMN du carbone 13 du composé 1 avec
ceux des acides ursolique et arjunolique , a pennis d'identifier ce composé comme étant
l'acide ursolique. La similitude des spectres ne laisse aucun doute.
L'acide ursolique a en effet été étudié par S. B. Manato et al [25] et surtout par R. W.
Kriwacki et al [24]. Ces derniers ont appliqué les techniques les plus éprouvées a
J'élucidation de la structure de l'acide ursolique : RMN du proton, du carbone 13 à
simple et double dimension, avec aussi bien l'utilisation des couplages hétéronusléaires
que la séquence DEPT (Distortionless Enhancement by Polarization Transfer ) Cette
technique pennet d'identifier les carbones de type CH3-, CH2 , CH ou C, c'est-à-dire
qu'elle pennet de révéler le caractère primaire (CH)), secondaire (CH2) , tertiaire(CH)
ou quaternaire des carbones du composé.
39

Tableau 1: Les attributions des signaux du spectre RMN du carbone 13 réalisés.
Carbones
Attribution
de
R. ! Attribution
de
S.
B'I Nos résultats
W.Kriwacki et al [24]
Mahato et al [25J
1
--
CI
39,1
3!U
38,5
C2
28,1
27,31
27,31
C3
78,1
78,8
79,10
C4
39,5
38,8
38,8
Cs
55,8
55.4
.55,3
- - - - - -
C6
18,8
18.4
18,4
C 7
33,6
33,0
33,0
Cs
40,0
39,6
39,6
Cg
48,1
47,5
47,6
CIO
37,3
37,0
37,0
Cil
23,6
23,3
23,4
1--=--
C I2
125,5
125,7
125,9
C I3
139,3
138,0
138,0
C I4
42,5
42,0
42,1
C I5
28,7
28,2
28,1
C I6
24,9
24,3
24,3
C 17
48,1
48.1
48,0
Cs
53,6
52.8
52,7
C19
39,5
39,1
39,1
C20
39,4
38,8
38,9
C21
31,1
30,7
30,7
Cn
37,5
36,8
36,8
C23
28,8
28,2
28,2
C24
16,5
15,5
15,5
C25
15,7
15,7
15,7
C26
17,5
16,9
17,1
C27
23,9
23,6
23,6
C2S
179,8
181,9
-
C29
17,5
16,9
. 17,1
C30
21,4
21,2
21,2
..
,
,
NB :Les resu1tats de Manato et al ont ete obtenus sur 1 ester methylIque de 1 aCIde ursohque
40

V-4.6. Spectrométrie de masse
Le spectre de masse présente une fraglllentation car<lctéristiquc du noyau ursane
figure 13.
Le pic moléculaire (M+') est m 1 z 456 (1,76 ryo ), ce qui correspond à la masse molaire
attendue pour l'acide ursolique.
On observe aussi 3 fragments ayant respectivement une masse m/z de 248 (31,23 %),
203 (17,61 %) et 189 (5,04 %).Cettc fragmentation est typique d'un rétro-Diels- AIder
du noyau C. Le pic de basc cst obtCllli il ml:; ~l (1 (JO '1.))
Pour une structure voisine tel que l' L(-amyrine, le spectre de masse présente un fragment
à m/z 218 qui correspond, dans l'acide ursolique, au fragment de valeur mlz 248. Ce
fragment à m/z 248 est dû à la présence de la fonction COOH à la place du méthyle en
position 28. Le composé 1 est bien l'acide ursoliquc.
La fragmentation du noyau 1\\ explique la présence d'un pic de base à m/z 43.
Nous pouvons donc confirmer que le composé 1 dérive du noyau ursane. L'ion
moléculaire, à mlz 456 est celui dl' l'acide ursolique résultant de l'oxydation de l'a-
amyrine au niveau du carbone 28.
Ce spectre de masse, déjà décrit par ailleurs par Kriwacki et al., permet de
confirmer davantage les résultats obtenus.
Les fragments les plus significatifs :ont illustrés dans le tableau II ci-dessous:
Tableau II: Principaux fragments identifiés du composé 1 en spectrométrie de
masse.
~--'
- " - ' - ' - - - ' ,
o/.
Fragment
MIz
.·0
' - - ~ - - - '
M'
456
1,73
203
17,69
43
100
,
41

................................
·
..
'
·
.
·
.
·
.
·
.
:::::::VI:::DISCUSSIO:N:::::::
·
.
·
.
·
.
·
.
·
.
·
.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

L'étude phytochimique menée sur les extraits de Mitracarpus scaber Zucc, en
parallèle avec la recherche de l'activité pharmacologique a permis d'isoler une
substance qui serait responsable de l'activité antifongique de Mitracarpus scaber.
L'étude spectrale que nous avons entreprise a permis d'identifier cette substance
comme étant l'acide ursolique. A notre connaissance. c'est la première fois que l'acide
ursolique est isolé de Mitracarpus scaber. Il en est de même pour l'activité antifongique
de cette plante qui pOUlTait être due à la présence de J'acide ursolique.
Une étude phytochimique récente menée à partir de la plante fraîche a permis
d'isoler l'harounoside comme étant la structure responsable de l'activité [19]. Cette
étude a également montré que le séchage de la drogue conduisait à une dégradation dt
l'harounoside.
Notre travail a pu montrer que dans la drogue sèche, il existe d'autres substances, en
l'occurrence l'acide ursolique qui aurait également une activité antifongique.
Ainsi, la présence de l'acide ursolique dans les parties aériennes de Mitracarpus
scaber confirme l'utilisation traditionnelle de la drogue sèche.
En effet, en plus de l'activité anti-inflammatoire de l'acide ursolique relatée dans
la littérature [35], l'association de ces deux activités biologiques est en faveur de
l'efficacité thérapeutique de cette plante utilisée pour le traitement des teignes.
Des études complémentaires ayant trait à la galénique, aux essais cliniques et
toxicologiques permettront de mettre au point un nouveau médicament antifongique à
partir de Mitracarpus scaber.
Aussi, l'identification de l'acide ursolique permettra d'élaborer plus aisément les
méthodes analytiques de contrôle de qualité du nouveau médicament.
De
très
nombreuses
études
ont
déjà
été
réalisées
sur
les
activités
antibactériennes, anti-inflammatoires et antifongiques d'extraits isolés de Mitracarpus
scaber [7,15,16,19,21,31,34,40]. Cependant, très peu d'entre elles font état de
l'identification des molécules responsables de ces activités [16,19,31].
D'autre part, avant la purification par CCM préparative de la fraction F3 obtenue
par colonne, nous avons enregistré le spectre du proton de cette fraction; les spectres de
42

RMN du proton et du carbone 13 de FJ nous a révélé la présence dans le mélange d'un
composé aromatique.
En effet, le spectre RMN du proton présenté dans la figure 16 montre clairement
deux multiplets caractéristiques d'un noyau phényle à 7,51 ppm et 7,69 ppm ainsi qu'un
septuplet à 4,2 ppm.
De même ,dans le spectre RMN du carbone \\ 3 de cette fraction (figure 17), dans
la zone comprise entre 100 et 140 ppm, on observe les signaux de ce composé
aromatique, dont tout laisse à croire qu'il poulTait s'agir de l'azaanthraquinone [31].
Après purification par CCM préparative, les signaux L.è ce composé ont disparu
et on n'obtient plus principalement que ceux de l'acide ursolique.
Cette constatation montre qu'il est possible d'isoler d'autres composés en
affinant nos méthodes de travai 1.
43

42381
::r:
1
~ 2219
i 42107
4 1965
~ 1809
- 4 1692
4 1540
3.6226
. 32163
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-3.2041
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- 3 1889
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- 3 1762
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.. 2 1515
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- 1 8796
~
1 8493
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- 1 6934
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1 6327
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- 1 5399
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1 4817
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- 1
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1 3360
1
3257
1.3106
- 1.2974
~
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- 1.1825
1.1429
- 1.1140
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- 0.9326
0,9175
09062
0,8989
0,8911
0,8798
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0.8740
08578
.,
08456
0.8300
0.8222
0.8060
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0.8002
0.7826
o
~-07635
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,
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1 • 0 6564
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o
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o
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o
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- 29 3709
-289412
28 1497
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o
-272393
-259165
- 24 1725
. 23 7680
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~...
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.
.- .. ~
2.1 51) Il
- ..
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2.1 3047
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-. ,226980
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21 1710
.. ,Ir 18 J084
__ 17 0867
1(, ')').1(1
12-
156019
15485')
-
l'
153H2
a
14 1210
1·1 015"
III 1)(,1);)
45

Les tri terpènes constituent des substances largement répandues dans la nature.
Leur utilisation en thérapeutique reste cependant très restreinte mais il existe quelques
spécialités à base de ces principes actifs (MadécassoIR). Des études récentes ont montré
un regain d'intérêt à leur égard. Il a ainsi été démontré que ces molécules pourraient se
révéler intéressantes dans le traitemenl de palhologies
telles que les cancers, les
affections virales, l'inflammation, etc [37,38,39,41].
A ce titre, l'acide bétulinique a montré une activité anti- VIH dont il bloque
J'entrée au niveau des cellules cibles. Dans le même sens, la glycirrhizine s'est révélée
être un inhibiteur viral [41]. C'est pour cette raison qu'un volet important de la
recherche sur l'identification de nouvelles molécules anti-V1H concerne les triterpènes.
La recherche que nous avons entreprise dans le cadre de ce travail montre bien
qu'il est possible de mener dans un pays comme le Burkina, une étl.,lde complète sur
J'identification de nouvelles molécules d'origine naturelle et d'intérêt hérapeutique.
Cela a été rendu possible grâce à une collaboration entre institutions de
recherche à J'intérieur du Burkina et avec des partenaires extérieurs (Laboratoire de
spectrométrie et de dynamique moléculaire de Marseille).
Cette collaboration est indispensab le pour une mtdleure valorisation de la
médecine traditionnelle et la mise au point de médicaments modernes issus de la
phannacopée trad itionnelle.
46

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••
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.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

L'étude phytochimique que nous avons entreprise au cours de ce travail a permis
d'identifier un principe antifongique isolé de Mitracarpus scaber.
Le comportement chromatographique de cette substance ainsi que les données
spectroscopiques de RMN et de masse ont permis de l'identifier comme étant l'acide
ursolique.
Le spectre RMN du proton a montré que l'acide ursolique était accompagné de traces
d'acide arjunolique.
Nous avons montré que l'acide ursolique, un triterpène pentacyclique dont les
propriétés anti-inflammatoires sont bien connues. est présente dans l~s feuilles sèches
de_Mitracarpus scaber et a aussi une activité antifongique.
Ceci pourrait ouvrir la voie à la mise au point d'un médicament antifongique dont la
qualité pharmaceutique peut être contrôlée.
Aussi au terme de notre travail, nous suggérons que les recherches suivantes
soient menées afin de pernlettre une exploitation thérapeutique des résultats ainsi
obtenus:
- En ce qui concerne la pharmacologie, nous proposons qu'une étude de l'activité
antifongique soit menée sur de l'acide ursolique de synthèse. Cela pernlettra de
confirnler nos résultats et de juger de la part occupée par l'acide arjunolique dans
l'activité antifongique de l'acide ursolique isolé de /vfitracarpus scaber.
- Une étude concernant l'hémisynthèse d'antifongiques biologiquement plus actifs que
l'acide ursolique. Cette étude peut commencer par des réactions simples comme
l'acétylation de la fonction OH en 3 ou la méthylation de la fonction C'JOH en 28.
-
En ce qui concerne les essais cliniques, nous proposons qu'une préparation
dermatologique obtenue à partir d'un extrait "polaire de Mitmc{f/pus scnber soit
évaluée.
47

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· . . . . . . . . . . . .
l'·I·I·····RE·
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• • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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Mitracarpus Scaber est une plante de 10 - 30 cm de haut, commune à toute
l'Afrique intertropicale. Elle est utilisée traditionnellement au Burkina Faso pour le
traitement des mycoses. Une étude menée récemment a permis d'isoler un triterpene
où un stéroïde comme étant responsable de l'activité antifongique.
Nous avons isolé et identifié
par des méthodes de fractionnement et de
spectrométrie d'UV, d'IR, de RMN, de masse la substance antifongique appelée
composé 1.
La CCM a mis en évidence un triterpène pentacyclique dont la structure a été
élucidée avec l'étude des spectres IR, UV, RMN 1H, 13C. Le spectre du proton du
composé 1 a un groupement OH, un groupement COOH et 7CH3.
Le spectre 13C a permis de faire les différentes attributions des carbones du
composé 1. Le pic moléculaire du spectre de masse situé à m/z 456 et son pic de
base à m/z 43, nous a permis de conclure que le composé 1 est l'acide ursolique.
Nous avons ainsi isolé et identifié l'acide ursolique des parties aériennes de
Mitracarpus scaber Zucc. L'acide ursolique est un triterpène pentacyclique ayant une
activité anti-inflammatoire et anti - bactérienne reconnue. Cette nouvelle activité
antifongique, si elle est confirmée pourrait justifier l'usage traditionnel de cette plante.

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Mitracarpus scaber is an annual plant used in Burkina Faso and in african traditionnal
medicine for his antifungal and antiparasite activities.
Recently, a triterpeoïd was isolated from dry aerial parts ofthis plant.and could be
responsible of antifungal activity.
ln our study, antifungal substance (compound t : CI) was analysed by spectrometrie
methods :UV, IR, NMR and mass spectra with the intention to determine his structure.
The results ofTLC of CI seems to TLC results ofacids triterpenes as ursolic acid and
arjunolic acid.IR spectra showed an OH and COOH groupements.
NMR 13C and lH allowed to idenfy CI as ursolic acid.
The identity of compoud 1was confirmed by El mass spectrum which displayed a
molecular ion associated peak at m/z 456.
So, our study allowed to identify ursolic acid as an antifungal substance frm
Mitracarpus scaher.
Complementary studies will permit to created an antifungal drug which can be
analysed in laboratory.
Key words :Mitracarpus scaber, Rubiaceae, NMR lH and l3C spectrometry, ursolic acid,
antifungal.

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co-nd4fcip~:
D' hono-rer ~ qui/ in/o-nt- ~ruU ~ ~précepî~ ~
l1't011/ are- a- ~ leur î ~ l1ta/ r ~ eI1/
r(hfÎant-~à-leur_
D' ~cer;
~ 1/Û1L""éra- ~ Uv ;ané6 publiqbte5 l1ta/
pr~tWeo~a-~reâPed'er
YL011/~
Uv~wrvel1/ v~ ~ ~ ~r~~
l/Jwnneur; ~Uvpro-b-U6a-cla-~ér~
D~ rle".I~ oulJüer l1ta/ reâP~6a- me;y devoiry
en!/ery ~ malacle-a-}a/diffnU6Juunaû.w,;
E 11/ aucurv ca4j .le- rle" ~trat/ à- urtlt4er Jne;f'
~ a- l1't011/ tIt-at"'pour co-rrompr~~ mœurya-
fcwori4er~ad~cr~
Que- ~ ~ in/accor~leur ~lAne/Jt/.Ie- ~ ~ à-
Jne;f'pr~
Que-.Ie-Jdy (X)Ul/ert'd/opprob-r~a-Jnéprt46 ~ me;y C<J1"l(rèr~
Jt/.IY ;nanque-

Thèse de pharmacie
SS - OUAGADOUGOU, 1999, N° 33
TItre: Contribution à l'étude structurale dJun principe antifongique isolé de
Mitracarpu5 scabeT ZUCC~ (Rubiaceae).
........ RE'SUM
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Mitracarpus scaber est une plante herbacée de 10 - 30 cm de haut. Elle 9st
connue dans toute l'Afrique intertropicale et est utilisée traditionnellemen~ au Bur<r:la
Faso pour le traitement des mycoses superftdelles.
Une étude phytachlmlqu9 récente a perm1 d'iso sr un tnt rpénoide co me
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Des études complémentaires permettront d mett e au pOint une préparatiur
antifongique dont la qualité pharmaceutique peut être contrôlée.
Mots clés. Mitracarpus scaber. Rublacea . Spectr métfl
RMN 1H,1
Acide
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NICOLE 01 BP 236 0 aga 0 B
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