BURKINA FASO
UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU
FACULTE DES SCIENCES DE LA SANTE
(F.S.S.)
Année Universitaire 1998-1999
TUDE lES AClIS PIARMACEITlIl'
AU IU.RIINAFASI :
EVAlDADOIi DIIIS liS OffiCINES PlIVE
DEOIAGADOUGIU
THESE
Présentée et soutenue publiquement le 06 Juillet 1999
pour l'obtention du GRADE DE DOCTEUR EN PHARMACIE
(Diplôme d'Etat)
Par
NAONédié
Né le 12 Juin 1970 à Bobo-Dioulasso (Burkina Faso)
JURY
Président: Professeur Ag. Blaise K. SONDO
Membres: Professeur Pierre 1. GUISSOU
Docteur Ryssalatou DIAWARA
Docteur Jean M. SAWADOGO
Directeur de thèse
Docteur Seydou SAWADOGO
Professeur Pierre 1. GUISSOU

UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU
Faculté des Sciences de la Santé
(F.S.S. )
LISTE DU PERSONNEL ADMINISTRATIF
Doyen
Pro
Robert B. SOUDRE
Vice-Doyen Chargé des Affaires
Académiques et Directeur de la
Section Pharmacie (VDA)
Pr. 1. Pierre GUISSOU
Vice-Doyen à la Recherche et
à la vulgarisation (VDR)
Pr. Ag. Jean KABORE
Directeur des Stages de la
Section Médecine
Pro Ag. Y. Joseph DRABO
Directeur des Stages de la
Dr OUEDRAOGO / Rasmata
Section de Pharmacie
TRAORE
Coordonnateur C.E.S. de Chirurgie
Pro
Amadou SANOU
Secrétaire Principal
Mr
TRAORE Fakouo
Chef de Service Administratif
Mme Christine NARE
et Financier (CSAf)
Conservateur de la Bibliothèque
Mr Salif y ADA
Chef de la Scolarité
Mme Kadi ZERBO
Audiovisuel
Mr Alain Pascal PITROIPA
Reprographie
Mr Philipe BOUDA

LISTE DES ENSEIGNANTS DE LA F.S.S.
ENSEIGNANTS PERMANENTS
Professeurs titulaires
Rambré Moumouni OUIMINGA
Anatomie organogenèse
et chirurgie
Hilaire TIENDREBEOGO
Sémiologie et
Pathologies médicales
Tinga Robert GUIGUEMDE
Parasitologie
Bobilwindé Robert SOUDRE
Anatomie-Pathologique
Amadou SANOU
Chirurgie Générale et Digestive
Innocent Pierre GUISSOU
Pharmacologie & Toxicologie
Bibiane KONE
Gynécologie - Obstétrique
Alphonse SAWADOGO
Pédiatrie
Professeurs associés
Blaise KOUDOGBO
Toxicologie
Maîtres de Conférences
Julien YILBOUDO
Orthopédie -Traumatologie
Kongoré Raphaël OUEDRAOGO
Chirurgie -Traumatologie
François Réné TALL
Pédiatrie
Jean KABORE
Neurologie
Joseph Y. DRABO
Médecine IntemelEndocrinologie
Blaise SONDO
Santé Publique
Jean LANKOANDE
Gynécologie-Obstétrique
Issa SANOU
Pédiatrie

Ludovic KAM
Pédiatrie
Adama LENGANI
Néphrologie
Omar TRAORE N°}
Chirurgie
Kampadilemba OUOBA
Oto Rhino Laryngologie
Piga Daniel ILBOunO
Gastro-entérologie
Albert WANDAOGO
Chirurgie Générale
Maîtres-Assistants associés
Assistants associés
Caroline BRIQUET
Chimie -Analytique, Pharmacologie
et Toxicologie
Valérie MURAILLE
Galénique et Chimie-Analytique
Maîtres-Assistants
Lady Kadidiatou TRAORE
Parasitologie
Mamadou SAWADOGO
Biochimie
Si Simon TRAORE
Chirurgie
Adama TRAORE
Dermatologie Vénérologie
Abdoulaye TRAORE
Santé Publique
Daman SANO
Chirurgie Générale
Arouna OUEDRAOGO
Psychiatrie
Joachim SANOU
Anesthésie-Réanimation
Patrice ZABSONRE
Cardiologie
Jean Gabriel OUANGO
Psychiatrie
Georges KI-ZERBO
Maladies Infectieuses
Théophile TAPSOBA
Biophysique
Rabiou
CISSE
Radiologie .
Blami DAO
Gynécologie Obstétrique
Alain
BOUGOUMA
Gastro-Entérologie
Boubacar TOURE
Gynéco-Obstétrique
Michel AKOTIONGA
Gynécologie-Obstétrique
Rasmata
OUEDRAOGOffRAORE
Bactério-Virologie

Assistants Chefs de cliniques
Timothée KAMBOU
Chirurgie
T.Christian SANOU (in memoriam)
Oto Rhino Laryngologie
Doro SERME (in memoriam)
Cardiologie
Hamadé OUEDRAOGO
Anesthésie-Réanimation
physiologie
Alexis ROUAMBA
Anesthésie-Réanimation
physiologie
M. Théophile COMPAORE
Chirurgie
y. Abel
BAMOUNI
Radiologie
DAO/Maïmouna OUATTARA
ORL
Alain
ZOUBGA
Pneumologie
André K. SAMANDOULOUGOU
Cardiologie
KYELEM 1Nicole Marie ZABRE
Maladies Infectieuses
Rigobert THIOMBIANO
Maladies Infectieuses
Raphaël DAKOURE
Anatomie-Chirurgie
Assistants
Robert O. ZOUNGRANA
Physiologie
Bobliwendé SAKANDE
Anatomie-Pathologique
Raphaël SANOU (in memoriam)
Pneumo-phtisiologie
Oumar TRAORE N°2 (in memoriam)
Radiologie
Pingwendé
BONKOUNGOU
Pédiatrie
Arsène M. D.
DABOUE
Ophtalmologie
Nonfounikoun Dieudonné MEDA
Ophtalmologie
Athanase
MILLOGO
Neurologie
Boubacar
NACRO
Pédiatrie
Vincent
OUEDRAOGO
Médecine du Travail
TRAORE 1BELEM Antoinette
Pédiatrie
DA S. Christophe
Chirurgie

Kapouné KARFO
Psychiatrie
Ali NIAKARA
Cardiologie
Nazinigouba OUEDRAOGO
Réanimation
SANON Aurélien Jean
Chirurgie
LOUGUE / SORGHO Claudine
Radiologie
YB / OUATTARA Diarra
Pédiatrie
ZANGO Bernabé
Chirurgie
THIEBA Blandine
Gynécologie-Obstétrique
SERME Abdel Karim
Gastro-Entérologie
BAMBARA Moussa
Gynécologie-Obstétrique
KABRE Abel
Neuro-Chirurgie
BARRO Fatou
Dermatologie
LOMPO Olga
Anatomie Pathologique
SAWADOGO Appolinaire
Gastro-Entérologie
OUEDRAOGO Martial
Pneumo-Phtisiologie
KERE Moussa
Santé Publique
OUEDRAOGO Laurent
Santé Publique
NACOULMA Innocent
Orthopédie-Traumatologie
Assistants Biologistes des Hôpitaux
Lassina
SANGARE
Bactério-Virologie
Idrissa
SANOU
Baetério-Virologie
Harouna
SANON
HématologielImmunologie
Jean Baptiste
NIKIEMA
Pharmacognosie
Issa
SOME
Chimie Analytique
ENSEIGNANTS NON PERMANENTS
Faculté des Sciences et Techniques CFAST)
Professeurs Titulaires
Alfred S. TRAORE
Immunologie
Akry COULlliALy
Mathématiques
SitaGUINKO
Botanique-Biologie Végétale
Guy V. OUEDRAOGO
Chimie Minérale
Laya SAWADOGO
Physiologie"Biologie Cellulaire
Laou Bernard KAM ( in memorian )
Chimie
Maîtres de Conférences
Boukary
LEGMA
Chimie-Physique Générale
François
ZOUGMORE
Physique

Patoin Albert OUEDRAOGO
Zoologie
Adama
SABA
Chimie Organique
Philippe
SANKARA
Cryptogamie
Maîtres-Assistants
W.GUENDA
Zoologie
Léonide TRAORE
Biologie Cellulaire
Marcel BONKIAN
Mathématiques
et Statistiques
Longin SOMB
Mathématiques
et Statistiques
Aboubakary SEYNOU
Statistiques.
Makido B. OUEDRAOGO
Génétique
Jean
KOULIDIATY
Physique
Assistants
Apolinaire BAYALA (in memoriam)
Physiologie
Jeanne MILLOGO
T.P. Biologie-Cellulaire
Raymond BELEMTOUGOURl
T.P. Biologie Cellulaire
Gustave KABRE
Biologie
Drissa SANOU
Biologie Cellulaire
Institut du Développement Rural ( IDR )
Maîtres de Conférences
Didier ZONGO
Génétique
Georges Annicet OUEDRAOGO
Biochimie
Faculté des Sciences Economiques et de
Gestion (FASEG)
MaÎtre-Assistant
Tibo Hervé KABORE
Economie-Gestion
Assistants

Mamadou BOLY
Gestion
Faculté de Droit et Sciences Politiques (FDSPl
Assistants
Jean Claude TAITA
Droit
ENSEIGNANTS VACATAIRES
Mme Henriette BARY
Psychologie
Boukari Joseph OUANDAOGO
Cardiologie
Aimé OUEDRAOGO
Ophtalmologie
R. Joseph KABORE
Gynécologie-Obstétrique
Saïdou Bernard OUEDRAOGO
Radiologie .
Dr Bruno ELOLA
Anesthésie-Réanimation
Dr Michel SOMBIE
Planification
Dr Nicole PARQUET
Dermatologie
M. GUILLRET
Hydrologie
M. DAHOU ( in mémoriam)
Hydrologie
DrBréhima DIAWARA
Bromatologie
Dr Annette OUEDRAOGO
Stomatologie
Dr Adama THIOMBIANO
Législation Pharmaceutique
Dr Sidiki TRAORE
Galénique
Mr Mamadou DIALLO
Anglais
Mr KPODA
Anglais
DrBadioré OUATTARA
Galénique
Dr Tométo KALOULE
Médecine du Travail
Dr Alassane SICKO
Anatomie
Dr Aline TIENDREBEOGO
Chimie Analytique et contrôle médic.

Dr Séni KOUANDA
Santé Publique
Dr Noël ZAGRE
Nutrition
Dr TRAORE 1COULffiALy Maminata Biochimie
Dr Seydou SOURABIE
Pharmacognosie
ENSEIGNANTS MISSIONNAIRES
A.U.P.E.L.F.
Pro Lamine DIAKHATE
Hématologie (Dakar)
Pro Abibou SAMB
Bactério-Virologie (Dakar)
Pro José Marie AFOUTOU
Histologie-Embryologie (Dakar)
Pro Makhtar WADE
Bibliographie (Dakar)
Pro M. K.A. EDEE
Biophysique (Lomé)
Pro Ag. Mbayang NDIAYE-NIANG
Physiologie (Dakar)
Pro Ag. R DARBOUX
Histologie-Embryologie
(Bénin)
Pro Ag. E. BASSENE
Pharmacognosie (Dakar)
Pr M. BADIANE
Chimie Thérapeutique (Dakar)
Pr B. FAYE
Pharmacologie (Dakar)
O.M.S.
Dr Jean-Jacques BERJON
Histologie-Embryologie
(Creteil)
Dr Frédéric GALLEY
Anatomie Pathologique (Lille)
Dr Moussa TRAORE
Neurologie (Bamako)
Pro Auguste KADIO
Pathologies infectieuses et
parasitaires (Abidjan)
Pr Jean Marie KANGA
Dermatologie (Abidjan)
Pro Arthur N'GOLET
Anatomie Pathologique (Brazzaville)
Mission Française de Coopération
Pro Etienne FROGE
Médecine Légale

Pr
AYRAUD
Histologie-Embryologie
Pro Henri MOURAY
Biochimie (Tours)
Pro Denis WOUESSI DJEWE
Pharmacie Galénique (Grenoble / France)
Pro M. BOIRON
Physiologie
Mission de l'Université Libre de Bruxelles
lULB)
Pro Marc VAN DAMME
Chimie Analytique-Biophysique
Pro Viviane MOES
Galénique

..... 1

Je dédie ce travail à : ......
A Dieu le tout puissant
Que ta volonté soit faite.
A ma mère (In memoriam)
Vous nous avez appris très tôt à nous débrouiller seul comme si vous saviez que vous
n'allez pas rester longtemps avec nous, depuis lors nous avons su ce que c'est que
vivre sans maman. Mais avec votre brillante éducation, nous nous en sommes sortis.
Puisse l'expérience que vous avez insuftlée continuer de guider nos pas.
Repose en paix.
A mon père
Pour tous les sacrifices que vous avez consentis. Vos conseils ne m'ont jamais manqué
tout au long de mes études. Puissiez-vous bénéficier pendant encore de longues années
du fruit de ce travail.
A mes deux grands frères Coffi et Issouf (In memoriam)
Vous nous avez quitté précocement en moins de deux ans. Votre rêve s'est enfin
réalisé, malheureusement vous êtes absents physiquement. Je continuerais à veiller sur
tout ce qui vous êtes chers. Toute ma reconnaissance et mon affection. Que la terre
vous soit légère !
A mes frères et sœurs: Oumar, Famédan, Abou, Salimata
Votre soutien constant, vos encouragements et vos conseils ne m'ont manqué durant
toute ma formation. Ce travail est également le vôtre.
Je suis fier de vous. Puissions-nous rester unis pour la vie.
Amour fraternel

A mes belles sœurs
Mariam, Sali, Fatoumata, Korotimi, Maïmouna.
Pour tout ce vous avez fait pour nous. Sincères reconnaissances.
A mon épouse Adissa et Naila ma bien aimée.
Pour les moments pénibles vécus ensemble. Ce travail est également le vôtre.
Merci pour tout.Toute mon affection.
A tous mes neveux et nièces.
Le bonheur se trouve au bout des peines.
Du courage. Toute mon affection.
A mon beau-frère.Bassana BATIENE
Pour son soutien constant et ses encouragements.
Toute ma reconnaissance.
A mes oncles et tantes
Pour toutes les bénédictions et tous les conseils.
A toute ma belle-famille (YAGO et SANOGO)
Toute ma gratitude.
A mon cousin Bolé.
Tu as été pour moi un cousm et un amI, mercI pour tous tes conseils et tes
encouragements. Restons unis.
A mon grand frère Oumar NAO et son épouse.
Pour vos soutiens multiformes, vos encouragements et vos conseils. Trouvez à travers
ce modeste travail mes sincères reconnaissances.

A Kalifou NAON
Pour son soutien et ses encouragements. Merci.
A Ernest BANAO
Pour son soutien inestimable lors de réalisation de ce travail. Merci
A mon neveu Abdoulaye
Pour tout ce qu'il a fait pour moi. Merci infmiment.
A tous mes cousines et cousins
A tous mes amis
Azize,Drissa, Noufou,Modeste,Ibrahim,Oumar,Yacou ,Maurice, Zakaria.
A tous mes camarades de promotion.
Pour les moments passés ensemble.
A tous ceux qui m'ont soutenu et encouragé.


A notre maître et président de jury
Le professeur agrégé Blaise SONDO
Maître de conférence agrégé en santé publique.
Nous sommes très touchés de l'honneur et du privilège que vous nous faites en
acceptant de présider ce jury malgré vos multiples occupations.
Votre rigueur dans le travail, vos connaissances scientifiques et vos qualités humaines
forcent l'admiration. Merci pour l'enseignement en santé publique, en épidémiologie et
en biostatistique.
Sincères reconnaissances.
A notre maître et directeur de thèse
Le professeur Innocent Pierre GUISSSOU
Professeur titulaire de pharmacologie toxicologie, VDA de la F.S.S.
Vous nous avez inspiré le sujet et vous nous avez dirigé tout au long de ce travail.
Votre rigueur scientifique et votre amour pour le travail bien fait forcent notre
admiration.
Sincères remerciements pour avoir accepté de diriger ce travail malgré vos multiples
occupations.
Toute ma profonde gratitude.
A notre maître et juge
Le Docteur Ryssalatou DIAW ARA
Directeur de la pharmacie DIAWARA.
C'est un grand honneur que vous nous faites en acceptant de juger ce travail. Nous
n'avons pas eu l'occasion de bénéficier de vos conseils au cours de notre étude.
Permettez-nous de vous exprimer notre profonde reconnaissance.

A notre maître et juge
Le Docteur Jean Marie SAWADOGO
Président du syndicat national des phannaciens, directeur de la phannacie Yennenga.
Nous avons eu le privilège de bénéficier de vos multiples conseils au cours de notre
étude. Votre modestie et votre disponibilité forcent l'admiration.
C'est un honneur pour nous de vous voir juger ce travail.
Permettez-nous de vous exprimer toute notre reconnaissance.
A notre maître et juge
Le Docteur Seydou SAWADOGO
Directeur de la phannacie Fraternité.
C'est un grand honneur pour nous de vous compter parmi les membres de notre jury.
Votre disponibilité et votre sens de compréhension nous ont facilité la collecte de nos
données.
Sincères remerciements.

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1

A tous ceux qui ont contribué d'une façon ou d'une autre à la réalisation de ce travail.
A Ali BANAO dont la disponibilité et l'engagement ont permis de réaliser ce
document.
A Mr TRAORE Souleymane pour ces conseils.
A Mme BAILOU et famille pour son soutien inestimable.
A Mr DAMOUE et famille pour les conseils.
Aux Directeurs et au personnel des officines enquêtées. Pour leur disponibilité et leur
compréhension.
A Mme ZOURE (Pharmacie de la Poste) pour ces conseils et sa disponibilité.
Aux Dr Adama THIOMBIANO ,Alexis YAMEOGO, Marie Louise KABORE : Pour
leurs contributions.
Au Docteur Paul SOMDA pour les informations reçues.
Au directeur et au personnel de la pharmacie Talba.
A Mr LOMPO et famille.
Au personnel du service d'hématologie du CHN/YO
A tous les enseignants de la Faculté de Sciences de la Santé.
Aux personnels de la DPC en particulier à Mr BAMBARA, à Issouf PATHE, à Adé
TARPAGA et à Mme LANKOANDE.
A Mr KARAMBIRI

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. '
U
Par délibération, la Faculté des sciences de la Faculté de la sant~' '(F:'S.:S.)' a'
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,
.:
"
'.
arrêté que
les opinion~émises dans les dissertations qui seront prése~téesddivent
être considérées comme propres à leurs auteurs et qu'elle n'entend leur donnér ,~~'cune
approbation ni improbation"
...
-,
'

ADP:
Assemblée des Députés du Peuple.
Art. :
Article.
ATB:
Antibiotique.
BAC:
Baccalauréat.
BEPC:
Brevet d'Etude du Premier cycle.
BF:
Burkina Faso.
BPPO:
Bonne Pratique de Préparations Officinales.
CAMEG:
Centrale d'Achat des Médicaments Essentiels Génériques.
CEDIM:
Centre de Documentation et d'lnfonnations Médicales.
CEPE:
Certificat d'Etude Primaire et Elémentaire.
CNRST:
Centre National de la Recherches Scientifiques et
Technologiques.
CNSS:
Caisse Nationale de Sécurité Sociale.
COPHADIS:
Coopération Pharmaceutique de Distribution.
DEP:
Direction des Etudes et de la Planification.
DSPh:
Direction des Services Pharmaceutiques.
EFF:
Effectif.
GN:
Grossistes Nationaux.
lB:
Initiative de Bamako.
IGESS:
Inspection Générale des Etablissements et Services de Santé.
INSD:
Institut National de la Statistique et de la Démographie.
IRSS:
Institut de la Recherche en Science de la Santé.
IUTS:
Impôt Unique sur Traitements et Salaires.
LPE:
Laboratoires Pharmaceutiques Etrangers.
MEDIFA:
Laboratoire des Médicaments du Faso.
MEG:
Médicaments Essentiels Génériques
MSO:
Médicaments Spécialisés de l'Officine.

OMS:
Organisation Mondiale de la Santé.
ONPE:
Office National de la Promotion de l'Emploi.
PHCIEN:
Pharmacien.
PPCIE :
Préparateur en Pharmacie.
SONAPHARM:
Société Nationale d'Approvisionnement Pharmaceutique.
SOPAL:
Société de Production d'Alcool.
TPA:
Taxe Patronale d'Apprentissage.
U-PHARMA
Unité de production pharmaceutique

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1 - INTRODUCTION --------------------------------------------------------------------- 1
II - ENONCE DU PROBLEME ------------------------------------------------------------ 4
III -- OB~CTIJf~ ----------------------------------------------------------------------------- 7
IV - RAPPEL~ BIBLIOGRAPHIQUE~----------------------------------------------------- 9
1 - Profession de phannacien--------------------------------------------------------------- 10
2 - Officines phannaceutiques ------------------------------------------------------------- 17
3 - Médicament et ordonnance médicale-------------------------------------------------- 24
4 - Actes phannaceutiques ------------------------------~---------------------------------- 29
V - ~TERIEL ET METHODE~------------------------------------------------------------ 48
1 - Cadre d'étude ----------------------------------------------------------------------------- 49
2 - Type d'étude ------------------------------------------------------------------------------ 50
3 - Population d' étude ----------------------------------------------------------------------- 50
4 - Matériel d'étude -------------------------------------------------------------------------- 50
5 - Méthode d'étude ------------------------------------------------------------------------- 50
6 - Défmitions opérationnelles-------------------------.--
--
--.-------------------------- ---- 52
7 - Variables étudiées------------------------------------------------------------------------ 52
8 - Analyse des données--------------------------------------------------------------------- 54
VI - RE~ITLTAT~ -------------------------------------------------------------------------------- 55
1 - Caractéristiques de l'échantillon ------------------------------------------------------- 56
2 - Actes phannaceutiques exécutés à l'officine----------------------------------------- 59
3 - Relation entre les variables de qualité------------------------------------------------- 75
4 - Obstacles à la pratique officinale ------------------------------------------------------ 80
5 - Propositions des phannaciens pour améliorer la pratique officinale-------------- 81
6 - Opinions des phannaciens quant à leur profession ---------------------------------- 81
VII - DI~CU~~I0 N----------------------------------------------------------------------------- 83
1 - Limites et biais de l'étude--------------------------------------------------------------- 84
2 - Caractéristiques de l'équipe officinale ------------------------------------------------ 84
3 - Actes exécutés à l'officine -------------------------------------------------------------- 84
VIII - CONCLU~ION --------------------------------------------------------------------------- 94
IX - RECOM~NDATION~------------------------------------------------------------------ 96

1 - INTRODUCTION

A partir du milieu des années 1980, le secteur phannaceutique commercial a
connu un développement accéléré dans presque tous les pays de l'Afrique
Subsaharienne sous l'effet de la libéralisation du secteur dans les pays où l'Etat avait
établi des monopoles publics plus ou moins étendus [10] : cas du Burkina Faso en
1992. Ce développement a porté surtout sur le segment le plus simple du circuit
d'approvisionnement: les officines phannaceutiques. En définissant l'officine comme
l'établissement affecté à la dispensation au détail des médicaments, produits et objets
placés sous monopôle phannaceutique ainsi qu'à l'exécution des préparations
magistrales [2], il apparaît clairement que les actes phannaceutiques de l'officine
seraient de deux ordres: d'une part la dispensation du médicament au sens le plus
large du terme et d'autre part la préparation des médicaments à partir des prescriptions
magistrales.
Cette expansion du secteur phannaceutique n'est pas sans conséquences plus
ou moins importantes sur l'ensemble des activités de l'officine qui, doivent être
exécutées toujours dans le respect des normes juridiques et déontologiques. Selon le
code de santé publique en vigueur au Burkina Faso ces actes doivent être exécutés ou
surveillés personnellement par le phannacien. Leur exécution engage la responsabilité
civile, pénale et disciplinaire du phannacien dont le rôle est:
-
d'examiner ou contrôler l'exécution des ordonnances en vue d'assurer son
rôle de dernier rempart contre les fausses ordonnances et erreurs de
prescriptions ;
-
de préparer et dispenser les médicaments aux malades conformément à la
prescription médicale avec des conseils appropriés.
De nos jours au Burkina Faso, nous assistons à un désordre dans
l'exécution de ces actes. Cette attitude liée d'une part à la législation sanitaire du pays
et à la faiblesse de l'administration centrale de la phannacie, et d'autre part à
l'insuffisance d'organisation professionnelle des phannaciens, aurait une influence
négative sur la qualité des prestations de service dans les officines.
2

Pour cela notre étude s'est proposée d'évaluer les différents actes exécutés, la
qualification des prestataires de ces actes , les contraintes de la pratique, en vue de
contribuer aux bases de solutions tendant à améliorer la pratique phannaceutique à
Ouagadougou.
3

4

L'exécution des ordonnances médicales constitue depuis toujours l'activité
principale du pharmacien d'officine. Cette activité régie par le code de santé publique
se trouve soumise à des règles professionnelles.
En France, 60% des clients ont une ordonnance médicale en entrant dans une
officine [5]. Il est alors indispensable pour l'équipe officinale dans ce pays de faire une
dispensation active des médicaments sur ordonnance.
Au Burkina Faso, comme dans la majorité des pays du tiers monde, la pratique
officinale rencontre de nombreuses difficultés inhérentes à l'ensemble du système de
santé. Ces difficultés sont dues en grande partie à la faiblesse et/ou à la non application
des textes réglementaires et législatifs cohérents régissant les différentes professions de
la santé.
De nombreuses études réalisées
d'une part
sur les
prescriptions
médicamenteuses en 1989 dans la ville de Ouagadougou [8] et en 1993 à
Bobo-Dioulasso [25] ont montré qu'il existe de trop nombreuses "prescriptions
irrationnelles" c'est à dire des prescriptions incorrectes, multiples, exceSSIves,
insensées ou insuffisantes. Ainsi,
-
plus de la moitié des ordonnances étudiées (54%) à Ouagadougou ont été
prescrites par des "inconnus" (absence d'identité)
-
39% des ordonnances ne mentionnaient pas la posologie des médicaments
-
80,7% des ordonnances ne précisaient pas la durée du traitement
-
la polypharmacie est très répandue; les ordonnances comportaient jusqu'à 13
médicaments.
D'autre part il a été observé des pratiques de dispensation incorrectes (vente libre
de médicaments soumis à l'ordonnance, erreurs de délivrance d'ordonnances même
rédigées selon les règles, substitution incorrecte des médicaments ... ) [19].
Enfm il est observé l'existence d'un "marché parallèle" [22] de médicaments.
Cet état de fait est aggravé par un certain nombre de facteurs à savoir :
- faiblesse ou manque de fonnation continue et de supervision du personnel des
officines;
5

- bas pouvoir d'achat des populations;
- insuffisance des connaissances et manque d'intérêt des consommateurs sur le
médicament [22] va influencer négativement la qualité technique des prestations de
servIces dans les officines engendrant ainsi des conséquences non négligeables à
savorr :
* délivrance libre des médicaments inscrits sur les listes réglementaires ;
* facilitation de la pratique de l'automédication et l'usage détourné des
médicaments.
* perte de l'image de marque professionnelle des officines pharmaceutiques;
*mauvaise gestion des officines pouvant entraîner la fermeture provisoire voire
défmitive.
C'est dans le cadre d'une contribution à l'identification des difficultés de la
pratique officinale et d'en proposer des bases de solutions aux problèmes soulevés que
nous avons entrepris de mener cette étude. Elle porte d'une part sur l'ensemble des
actes pharmaceutiques exécutés à l'officine et d'autre part sur les obstacles liés à la
pratique officinale.
Les résultats de cette étude pourraient contribuer à améliorer la pratique
officinale à Ouagadougou et de façon générale au Burkina Faso.
6

7

1 - OBJECTIF GENERAL
Evaluer ,par une enquête, les actes phannaceutiques dans les officines privées de
la ville de Ouagadougou au Burkina Faso.
2 - OBJECTIFS SPECIFIQUES
2.1 - Décrire les caractéristiques de l'équipe officinale dans les officines privées
de la ville de Ouagadougou;
2.2- Décrire les différents actes phannaceutiques pratiqués dans les officines
privées de la ville de Ouagadougou;
2.3 - Identifier les outils de gestion dans ces officines ( médicaments, personnel,
finances) ;
2.4 - Mesurer la qualité de la pratique des actes phannaceutiques.
L'atteinte de ces objectifs pennettra de mesurer les faiblesses de cette
pratique officinale et d'envisager des propositions prenant en compte le point de
vue des phannaciens enquêtés.
8

9

1 - PROFESSION DE PHARMACIEN.
1.1 - Organisation légale et réglementaire de la profession.
1.1.1 - Cadre institutionnel.
Le rôle de l'administration centrale est d'initier le développement et de favoriser
la mise en œuvre de la politique pharmaceutique nationale. L'organisation du secteur
pharmaceutique dépend de l'existence de lois et règlements précis et appropriés, et de
la capacité des services concernés à proposer des textes adaptés et à les faire appliquer.
Au Burkina Faso comme dans la plupart des pays de l'Afrique Subsaharienne, la
capacité de l'administration centrale paraît assez faible [10]. Cette administration est
assurée par la Direction des Services Pharmaceutiques (DSPh) et l'Inspection Générale
des Etablissements et Services de Santé (IGESS) qui sont des structures centrales du
Ministère de la Santé.
1.1.1.1 - Direction des services pharmaceutiques (DSPh)
Elle est chargée de l'élaboration et l'exécution de la politique pharmaceutique
nationale en collaboration avec l'IGESS. Dans ce cadre, elle veille à la mise en œuvre
des procédures d'homologation et de sélection des médicaments essentiels et procède
au contrôle à l'entrée de ces médicaments. De même elle assure la promotion de la
médecine et pharmacopée traditionnelle, l'élaboration des outils de gestion dans le
cadre de la mise en œuvre de l'Initiative de Bamako (lB) et au contrôle de qualité des
médicaments. En outre, elle s'occupe du traitement et de la diffusion de l'information
pharmaco-thérapeutique par l'entremise de son Centre de
Documentation et
d'Information sur le Médicament (CEDIM) [12]. C'est elle qui régule la création des
structures pharmaceutiques.
10

1.1.1.2 Inspection Générale des Etablissements.et Services de Santé (IGESS)
Elle assure le contrôle des structures phannaceutiques et participe à la mise en
œuvre des procédures d'enregistrement de médicaments ainsi qu'à l'élaboration de la
liste des médicaments essentiels et de certains outils de gestion de la profession.
Ces deux structures rencontrent des difficultés de fonctionnement liées d'une
part à l'insuffisance et à la mobilité du personnel et d'autre part à l'absence de précision
de leurs missions, au cloisonnement administratif, au poids insuffisant pour faire
adopter et appliquer une politique forte. Il faut noter que le Burkina Faso par exemple,
comme de nombreux autres pays de l'Afrique Subsaharienne n'a pas de véritable
inspection opérationnelle pour contrôler l'activité de l'industrie, des officines, des
grossistes et des délégués médicaux [10].
La DSPh et l'IGESS collaborent avec les organisations professionnelles tels
que le syndicat des phannaciens et l'ordre unique des médecins, phannaciens et
chirurgiens dentistes.
1.1.1.3- Inspection phannaceutique
Cette tâche incombe à 1'IGESS. Les officines phannaceutiques et les dépôts
doivent en principe être contrôlés au moins une fois par an, le contrôle doit être
effectué par un Phannacien Inspecteur diplômé et assermenté [2].
Cette inspection a pour objet de :
- vérifier qu'il n'y a pas d'écart vis-à-vis des textes législatifs et réglementaires
régissant la profession de phannacien d'officine;
- contrôler l'ordonnancier du phannacien qui gère une officine;
- contrôler la qualité des médicaments dans le stock;
- vérifier le cahier de commande des dépôts;
- vérifier le prix appliqué.
Il

Mais de nos jours cette tâche ne semble pas être faite par manque de personnel
(un seul pharmacien). Très souvent l'inspection a lieu seulement à l'ouverture de
l'officine.
1.1.2 - Cadre réglementaire
La loi sur la pharmacie et le médicament est formulée sous forme de code de la
santé publique et le code de déontologie des pharmaciens. Le dernier code de santé en
vigueur au Burkina Faso a été mis en place en 1994 par la loi nO 24/94/ADP portant
Code de Santé Publique [2]. Elle contient les dispositions générales appliquées à la
pharmacie et au médicament, en matière d'exercice de la pharmacie et de
commercialisation des médicaments.
L'application de la réglementation connaît de nombreux problèmes liés au fait
que les textes régissant le secteur sont insuffisants voire inexistants. Il ressort
également que les critères d'enregistrement ne sont pas suffisamment rationnels [12].
1.1.3 - Organisation de la profession
1.1.3.1 - Ordre des pharmaciens
a)-Défmition et objet de l'ordre national des pharmaciens.
Un ordre peut être défmi comme un groupement institué par la loi qui le rend
obligatoire pour les membres d'une même profession libérale réglementée et le dote
des prérogatives de la puissance publique à l'égard de ses membres, notamment d'un
pouvoir disciplinaire [23]. L'ordre n'est pas un véritable établissement public mais un
organisme assurant une fonction d'intérêt général. il conserve son indépendance à
l'égard de l'administration.
12

L'objet de cet ordre est double :
- Premièrement, l'ordre est créé dans l'intérêt de la santé publique, pour assurer
le respect des devoirs professionnels dans l'intérêt du malade.
- Secondairement, l'ordre est créé dans l'intérêt de la profession, "en vue
d'assurer la défense de l'honneur et de l'indépendance de la profession".
b)- Organisation de l'ordre.
Au Burkina Faso, l'article 154 du Code de Santé Publique a autorisé la
création de l'Ordre National des Pharmaciens regroupant obligatoirement tous les
pharmaciens habilités à exercer leur art.
L'ordre comprend 6 sous sections en fonction de leurs activités [10] :
-
la sous section A regroupant les pharmaciens d'officines ;
-
la sous section B regroupant les pharmaciens fabricants ;
-
la sous section C regroupant les pharmaciens grossistes répartiteurs;
-
la sous section D regroupant les pharmacies hospitalières;
-
la sous section E regroupant les pharmaciens de l'administration;
-
la sous section F regroupant les pharmaciens biologiques.
En réalité il existe un ordre unique des pharmaciens, médecins et chirurgiens
dentistes.
L'unique regroupement spécifique des pharmaciens au Burkina Faso demeure
le syndicat national des pharmaciens.
La création de l'ordre national des pharmaciens est encore un projet dont on
mesure l'importance au regard de la place qu'occupe désormais le secteur
pharmaceutique dans le système de santé, donc de la nécessité d'organiser et de
réglementer l'activité pharmaceutique.
13

1.1.3.2 - Syndicat des pharmaciens
Les syndicats réunissent des personnes exerçant une même profession ou un
ensemble de professions connexes pour défendre les intérêts moraux et matériels
communs [23]. Au Burkina Faso, la seule organisation regroupant l'ensemble des
pharmaciens d'officine est le syndicat national. Il comprend deux sous sections : la
sous section de l'Est regroupant l'ensemble des pharmaciens installés à l'Est et la sous
section de l'Ouest. C'est lui qui organise les services de garde des officines.
1.2. - Exercice de la profession de pharmacien d'officine.
1.2. 1 - Conditions d'exercice de la profession de pharmacien d'officine.
Il s'agit de la possession d'un diplôme d'état de pharmacien ou d'un certificat
reconnu et jugé équivalent par le gouvernement du Burkina Faso, de l'inscription au
tableau de l'ordre et de l'obligation d'exclusivité de l'activité du pharmacien
d'officine. En outre les dispositions du code interdit au pharmacien de délivrer au
public dans son officine les conditionnements dits hospitaliers sauf dérogation du
ministre de la santé qui établit la liste par voie réglementaire.
Selon la législation en vigueur au Burkina Faso[2], le pharmacien doit être
propriétaire de l'officine dont il est titulaire. Il y' a possibilité de copropriété entre
pharmaciens, mais un pharmacien ne peut être propriétaire ou copropriétaire que d'une
seille officine. Les pharmaciens propriétaires d'officine sont autorisés à ouvrir au
maximum 5 dépôts pharmaceutiques dans les zones où il n'y a pas encore d'officine.
La copropriété d'une officine est nillle et non avenue pour les non pharmaciens.
Le code fait obligation aux pharmaciens titulaires
d'une
officine d'exercer
personnellement leur profession, et fixe les conditions de remplacement en toute
circonstance.
14

1.2.2. - Exercice illégal de la profession de pharmacien
Exerce illégalement la profession de pharmacien [2] :
- toute personne qui, non munie du diplôme de pharmacien ou d'un certificat reconnu
et jugé équivalant par le gouvernement du Burkina Faso, se livre aux activités
définies à l'article 220 placées sous monopole du pharmacien;
- toute personne qui se livre à ces mêmes activités sans être de nationalité Burkinabé,
le tout sans préjudice des dispositions contenues dans les accords internationaux ou
prises en exécution de ces accords ;
- tout pharmacien qui exerce la profession de pharmacien sans être inscrit à l'ordre des
pharmaciens ;
- toute personne qui, munie d'un titre régulier, sort des attributions que la loi lui
confère, notamment en prêtant son concours aux personnes ci-dessus visées, à l'effet
de les soustraire aux prescriptions du présent code.
- les sanctions prévues en cas d'exercice illégal de la pharmacie se résument à une
amende de cinq cent mille (500 000) à un million (1 000 000) de FCFA et un
emprisonnement d'un mois à un an, ou de l'une des deux peines seulement. Lorsque
l'autorité judiciaire aura été saisie d'une poursuite par application des dispositions ci-
dessus, le ministre chargé de la santé pourra prononcer la fermeture provisoire de
l'établissement. Le tribunal pourra en outre prolonger la fermeture temporaire ou
prononcer la fermeture définitive de l'établissement.
1.2.3 - Conditions de distribution et de délivrance des médicaments au public
1.2.3.1 - Conditions de distribution et de délivrance par des structures agréés: grossistes
et officines
Il est interdit aux pharmaciens ou à leurs préposés de solliciter des commandes
auprès du public. En outre lui leur interdit de recevoir des commandes de médicaments
par l'entremise habituelle du courrier, sauf dérogations prévues à l'article 227du Code
15

de Santé publique concernant les praticiens spécialistes et chirurgiens dentistes ainsi
que les services ou centres de vaccination, et de se livrer au trafic et à la distribution à
domicile de médicaments dont la commande leur serait ainsi parvenue.
De même, mis à part les dérogations ci-dessus prévues par l'article 227 du
Code de Santé publique, est interdite la vente au public de tous médicaments, produits
et accessoires assimilés à des médicaments, par l'intermédiaire de maison de
commission, de regroupements d'achat ou d'établissements possédés ou administrés
par des personnes non munies du diplôme de pharmacien. L'article 183 du Code de
Santé publique interdit à toute personne, même munie du diplôme de pharmacien tout
débit, étalage ou distribution de médicaments sur la voie publique, dans les foires ou
marchés.
11 faut signaler que l'organisation de l'approvisionnement en médicaments
ainsi que la fixation des prix sont placées sous tutelle du ministre chargé de la santé en
collaboration avec la ministre du commerce.
Toutefois, en pratique, il revient aux pharmaciens d'officine de s'approvisionner
individuellement auprès des fournisseurs étrangers ou des grossistes privés notamment
pour ce qui concerne les Médicaments Essentiels Génériques (MEG).
Sur ce point, la Centrale d'Achat des Médicaments Essentiels Génériques (CAMEG)
créée en 1994 dans le cadre de l'Initiative de Bamako (lB), de par son statut, constitue
fmalement une structure étatique à fonctionnement parallèle à ces pharmacies privées.
Elle approvisionne les dépôts de médicaments à travers le pays, mais pas les officines
privées.
1.2.3.2. - Dispositions pénales
Elles concernent le débit, l'étalage ou la distribution de médicaments sur la voie
publique, dans les foires ou marchés, activités interdites par l'article 183 du Code de
Santé Publique. Tout contrevenant à ces dispositions s'expose aux sanctions suivantes:
- confiscation totale des médicaments et objets du délit:
16

- et à la fenneture du débit de vente. En cas de récidive, outre la confiscation de
médicaments et objets du délit, une amende de vingt mille (20 000) à cent mille
(100000) FCFA et un emprisonnement d'un mois à six mois ou de l'une de ces peines
seulement.
2 - OFFICINES PHARMACEUTIQUES
2.1 - Définition d'une officine pharmaceutique.
Selon l'article 159 du code de la santé publique du Burkina Faso, on entend
par officine "l'établissement affecté à l'exécution des ordonnances magistrales, à la
préparation des médicaments inscrits aux pharmacopées reconnues par le Burkina Faso
et des médicaments spécialisés de l'officine, ainsi qu'à la vente au détail des
médicaments et autres produits pharmaceutiques appartenant au monopole du
pharmacien". L'officine est tenue par un pharmacien diplômé.
On peut ajouter qu'il s'agit d'un établissement sanitaire, créé par autorisation
spécialement délivrée par le Gouvernement à la demande d'un pharmacien burkinabé
diplômé. Ainsi, l'officine n'est donc pas une entreprise commerciale banale, mais une
"maison de santé" caractérisée par son accessibilité facile à ses consultants qui
apparaissent plutôt comme "des malades en quête de médicaments nécessités par leur
état ou de conseils en matière de santé et non comme de simples clients"[7]
2.2 - Place et rôle d'une officine
L'officine pharmaceutique se situe au mveau de la deuxième structure du
système de santé. après les structures de dispensation de soins. Elle met à la
disposition de la population des médicaments qui sont des biens de consommation de
santé. L'officine privée contribue à la disponibilité et à l'accessibilité des médicaments
essentiels.
17

Ses rôles fondamentaux sont:
-la préparation des médicaments magistraux et/ou officinaux ;
- la gestion technique et commerciale des médicaments;
- l'exécution de l'ordonnance médicale ;
- les informations, les conseils et l'éducation de la population sur l'usage des
médicaments, les mesures hygiéno-diététiques et les pathologies.
L'officine est un poste avancé de santé publique car elle assure l'orientation
du malade, le dépistage, l'éducation sanitaire, l'épidémiologie, la pharmacovigilance,
la prévention et la sécurité des consommateurs.
2.3 - Caractéristiques des officines
2.3.1 - Extérieur
Les officines du Burkina Faso sont signalées au public par :
- une enseigne portant la mention "pharmacie" suivie d'une dénomination spéciale de
fantaisie:
- un emblème composé d'une croix grecque (croix dont les branches sont égales)
verte ou verte et blanche avec au milieu la coupe d'HYGIE (déesse de la santé) et le
serpent d'Epidaure (EPIDAURE était le lieu où se trouvait le sanctuaire principal
d'Esculape, dieu de la Médecine et à qui l'on dédiait les serpents de la région). La
combinaison de la coupe d'Hygie et du serpent d'Epidaure constitue l'emblème
officiel de la pharmacie au Burkina Faso;
- des objets particuliers (bocaux, insolites... ) ~
- des vitrines permettant de voir certains produits de l'extérieur.
2.3.2 - Intérieur
A l'intérieur de ces officines, on y trouve toujours un comptoir, des étagères et
casiers de rangements ainsi que divers petits équipements qui concourent à la
18

régularité des opérations qui s'y déroulent. La disposition des équipements est
faite de telle sorte que le public ne puisse pas se servir librement en médicaments,
seuls les rayons de produits diététiques et d'hygiène sont accessibles au public.
2.4 - Organisation et fonctionnement
2.4.1 - Organisation de l'Officine
L'officine de phannacie proprement dite est le local d'accueil des malades où
le phannacien effectue la délivrance des médicaments. Elle correspond à la salle de
vente. En dehors de celle-là se trouvent les locaux professionnels qui comprennent
habituellement :
- le bureau du phannacien;
- le service administratif et comptable;
- la grande réserve ou magasin de stock des médicaments et matériel médico-
chirurgical;
-la salle de préparation ou encore préparatoire.
2.4.1.1 - Officine proprement dite (salle de vente)
Dans cette salle on trouve des rayonnages ou rangements de médicaments, qui
doivent être discrets et avant tout, phannaceutique. Une officine n'est pas et ne doit pas
être une boutique ; elle doit inspirer confiance et respect par son excellente tenue, son
ordre rationnel et sa propreté.
Les médicaments qui sont disposés sur les rayons doivent être rangés
soigneusement et hannonieusement. Les différentes méthodes utilisées pour le
classement des médicaments sont variables, selon la préférence du phannacien. On
peut citer, pour mémoire, la classification alphabétique, qui est maintenant abandonnée
au profit du rangement par pathologie ou par forme [7].
19

Les spécialités phannaceutiques de toutes tailles se trouvent rangées côte à
côte ; d'où perte appréciable de place et présentation inesthétique. L'incorporation
d'une spécialité nouvelle devient malaisée et pose des problèmes quotidiens. Le
phannacien perd ainsi une bonne partie de son autorité technique tandis que les
vendeurs et stagiaires risquent de prélever machinalement ces médicaments sans devoir
réfléchir à leur activité thérapeutique.
La plus utilisée est la classification par fonne phannaceutique. Elle pennet de
classer séparément les différentes fonnes de spécialités : ici les granulés, les sirops, les
cachets, les suppositoires, les ovules, les pommades, les ampoules injectables, les
ampoules buvables, les gouttes, les comprimés etc...
Elle est satisfaisante et pratique car elle pennet de classer par catégorie et par
ordre alphabétique les spécialités phannaceutiques. C'est cette dernière classification
que nous trouvons dans la plupart des officines phannaceutiques au Burkina Faso.
2.4.1.2. - Salle de préparation ou préparatoire
Elle est spécialement destinée à la fabrication des préparations magistrales
et/ou officinales. Cette salle doit être aménagée selon les recommandations fonnulées
dans le livre sur les bonnes pratiques de préparations officinales [1].
Ce préparatoire doit être toujours parfaitement propre et net, il ne doit pas être
encombré de livres, de papiers et autres instruments rendant ainsi difficiles les
manipulations et l'entretien du matériel.
2.4.1.3 - Grande réserve ou magasin.
C'est le lieu de l'officine où sont stockés les médicaments et où sont
réceptionnées les commandes de médicaments. Le stockage et la conservation se font
sur des étagères et/ou dans des cartons.
20

De nos jours la phannacie présente Wl nouveau visage avec l'introduction de
rayons
de
paraphannacie
(diététique,
dermophannacie,
droguerie
etc...).
Le
phannacien y trouve sa nouvelle image de marque.
Il faut noter que certaines officines peuvent également posséder Wl laboratoire
d'analyses médicales.
2.4.2 - Documents réglementaires pour le fonctionnement d'une officine
Ces documents sont classés en 5 groupes:
- documents de gestion de stock de médicaments (fiche de stock registre des
entrées-sorties....);
- documents de gestion technique des médicaments (Vidal, ordonnancier,
documents de formation continue);
- documents de gestion du personnel;
- documents de préparation (codex ou phannacopées, manuel du préparateur en
phannacie).
2.5 - Obligations professionnelles du pharmacien d'officine
à l'égard de la société [2] [10] [23]
Inhérentes à la profession, précisées par divers points de la réglementation de
la déontologie phannaceutique, ces obligations sont nombreuses, et visent à instituer
l'exercice honorable de la profession dans l'intérêt de la santé publique.
Le respect de la vie et de la personne humaine constitue en toute circonstance
le devoir primordial du phannacien. Mm d'assurer le respect du secret professionnel,
le phannacien s'abstiendra de discuter en public, notamment à l'officine, de questions
relatives aux maladies de
ses clients
[10]
(Art.
11
Code
de
déontologie
phannaceutique).
21

Le phannacien d'officine doit exercer personnellement sa profession (article 168
du Code de Santé Publique et l'art.13 du Code de déontologie) ce qui nécessite sa
présence obligatoire à l'officine et au comptoir pour :
- recevoir le malade ou son envoyé, ou participer à son accueil et y superviser les
différents actes phannaceutiques posés par les collaborateurs. Dans le cas où cette
présence apparaît impossible (en raison de multiples fonctions extérieures...), le
phannacien titulaire doit penser à s'attacher les services d'un phannacien assistant
régulièrement recruté (avec l'accord du Ministre chargé de la santé) après inscription
au conseil de l'ordre. Le respect des modalités de remplacement (art 169 du Code de
Santé Publique) est obligatoire en cas d'absence du phannacien titulaire, pour
permettre aux malades de continuer à bénéficier de la compétence d'un phannacien
disponible;
- exammer ou
contrôler l'exécution
des
ordonnances médicales
(et
surtout
paramédicales) en vue d'exercer son rôle de dernier rempart au profit du malade,
contre les fausses ordonnances et les erreurs de prescriptions souvent difficiles à
détecter par de simples vendeurs, mais engageant l'entière responsabilité du
phannacien;
préparer et dispenser le médicament au malade ou en assurer le contrôle soit
conformément aux prescriptions de l'ordonnance dont la régularité a
été
préalablement établie, avec les conseils appropriés :
• respect de la posologie, de la durée du traitement de la chronologie des prises;
• rappel de la voie d'administration du ou des médicaments;
• informations sur le mode de conservation du médicament acquis (température,
ambiante, 4°C, à l'abri de la lumière ?) et le délai de conservation de certains
médicaments (collyres entamés....) ;
• soit dans le cadre d'une prescription conseil justifié, entreprise en toute
responsabilité après avoir attentivement entendu le malade (avec les mêmes conseils
d'usage) dans des domaines aussi variés que : des affections bénignes bien
identifiées, la diététique et les cosmétiques.
22

Dans ce cas, il importe de rappeler la nécessité de limiter au strict minimum la
dispensation des médicaments classés sur les listes, conformément à la réglementation.
Une telle dispensation inconsidérée est non seulement une
infraction à la
réglementation, mais aussi une faute déontologique qui met en cause les raisons d'être
de toute la corporation s'il est vrai que chaque citoyen doit être son propre médecin
(ce qui est absolu et exact au plan préventif).
Le malade ne peut continuer avec la bienveillance des officines à développer
le phénomène de l'auto-prescription, source essentielle de l'automédication sauvage,
irrationnelle, dangereuse, et de toxicomanie...
- expliquer au malade dont l'état le nécessite d'aller en consultation médicale dans son
propre intérêt et ainsi contribuer à limiter la surconsommation abusive et irrationnelle
des médicaments, en faveur d'une consommation plutôt utile ;
- l'officine de pharmacie ne peut pas prêter le flanc au développement de la
toxicomanie et à l'intoxication collective que représente l'automédication sauvage.
Comme nous pouvons le constater, il existe au Burkina Faso une législation
pharmaceutique dont l'observance et le respect, suffiront à garantir un exercice digne et
honorable de l'activité officinale, dans l'intérêt de la santé publique.
3- MEDICAMENT ET ORDONNANCE MEDICALE
3.1 - Médicament
3.1.1- Définition juridique du médicament
3.1.1.1 - Médicament moderne
Selon l'article 208 du code de la santé publique du Burkina Faso [4], "on
entend par médicament, toute substance ou composition présentée comme possédant
des propriétés curatives ou préventives à l'égard des maladies humaines ou animales,
23

ainsi que tout produit pouvant être administré à l'homme ou à l'animal en vue d'établir
un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier leurs fonctions
organiques".
Les produits d'origine humaine tels que le sang et ses dérivés, les remèdes
traditionnels ainsi que tous les gaz à usage médical répondant à cette défmition, font
l'objet de dispositions particulières.
Sont aussi des médicaments :
- les produits cosmétiques ou d'hygiène corporelle contenant une substance ayant une
action thérapeutique au sens de la définition ci-dessus, ou contenant des substances
vénéneuses à des doses et concentrations supérieures aux doses d'exonération;
- les produits diététiques qui renfennent dans leur composition des substances
chimiques ou biologiques ne constituant pas par elles-mêmes des aliments, mais dont
la présence confère à ces produits soit des propriétés spéciales recherchées en, soit des
propriétés thérapeutique de repas d'épreuve
- les produits utilisés pour la désinfection des locaux et pour la prothèse dentaire ne
sont pas des médicaments, les médicaments à usage vétérinaire sont soumis à une
réglementation particulière.
3.1.1.2 - Pharmacopée traditionnelle
Selon l'article 232 du Code de la Santé Publique du Burkina Faso, la
pharmacopée traditionnelle est définie comme un recueil de données relatives à la
description et/ou à l'étude botanique, aux recettes et à l'utilisation des plantes
médicinales. Sont également consignés dans ce recueil, les substances minérales et les
métaux possédant des vertus thérapeutiques.
24

3 .1.2 - Différentes catégories de médicaments
Le code de la santé publique du Burkina Faso distingue les médicaments suivants:
3.1.2.1 - Préparation officinale
Au tenne de l'article 212, "on entend par préparation officinale toute
préparation réalisée selon une fonnule défmie par une phannacopée ou un fonnulaire".
Ce type de médicament ne peut porter de nom de fantaisie à la différence de la
spécialité phannaceutique. Il est également interdit au fabricant d'ajouter son nom à
l'appellation qui sert à désigner ce médicament. La préparation officinale doit être
confonne aux spécifications inscrites dans les recueils de références. (Phannacopée,
fonnulaire agrées) et un phannacien peut très bien être poursuivi pour détention de
produit officinal non confonne à aucun ouvrage officiel [23].
L'étiquetage comporte, outre l'appellation qui sert à le désigner dans les
recueils de références; le nom du phannacien qui délivre le médicament et son adresse.
L'indication du mode d'emploi est facultative [18].
3.1.2.2 - Préparation magistrale
Selon l'article 211 du code de la santé publique du Burkina Faso "on entend
par préparation magistrale tout produit préparé extemporanément à l'officine privée ou
en milieu hospitalier avec une fonnule établie par un prescripteur autorisé et destiné à
un malade déterminé".
L'exécution d'une préparation magistrale donne lieu à son inscription sur un
livre registre d'ordonnance ou ordonnancier. Ce document, registre paraphé et signé
par le Maire ou le Commissaire de Police est tenu par le phannacien sans blanc ni
rature [23].
25

L'inscription pennet d'attribuer à la préparation un nwnéro d'ordre qui est
reporté sur l'ordonnance et le médicament lui-même ; il est alors désigné par ce
nwnéro d'ordre précédé de la mention de la fonne galénique.
Ex: SIROP n023.506.
L'étiquetage de la préparation magistrale porte le nom et l'adresse du
phannacien qui le prépare et qui le délivre ainsi que le mode d'emploi du médicament
et le nwnéro d'ordre de l'ordonnancier.
Soulignons qu'à l'heure actuelle,
cette catégorie de médicaments est
pratiquement inexistante au Burkina Faso. Par exemple en France, elle représente
actuellement moins de 1% du chiffre d'affaire des officines [23].
Les raisons de ce déclin ne peuvent être rattachées seulement à un mode
thérapeutique : la chimie phannaceutique élabore de plus en plus des molécules à la
fois très actives et très fragiles dont l'incorporation à un médicament demeure
hasardeuse. La fonnule d'un médicament magistral est en principe une fonnule
originale, cependant beaucoup de ces fonnules se contentent de reprendre la
prescription d'une école médicale ou d'un fonnulaire officieux [23].
3.1.2.3 - Spécialités phannaceutiques
Au Burkina Faso, l'article 209 du code de la santé publique défmit la spécialité
phannaceutique comme étant : "tout médicament préparé à l'avance dans l'industrie
phannaceutique, présenté sous un conditionnement particulier et caractérisé par une
dénomination spéciale".
Les
spécialités
phannaceutiques
de
toutes
ongmes
non
encore
commercialisées au Burkina Faso, ne peuvent être débitées, à titre gratuit ou onéreux,
importées, mises en vente ou vendues qu'après avoir été enregistrées à la nomenclature
nationale des spécialités phannaceutiques et médicaments génériques.
26

Néanmoins, les médicaments non enregistrés, pourront être importés par
autorisation spéciale du Ministère de la Santé. De même, des médicaments non
enregistrés, pourront être importés et utilisés à des fins d'essai thérapeutique, dans les
conditions fixées par décret.
L'enregistrement ou
le
refus
d'enregistrement d'un
médicament à
la
Nomenclature Nationale, ainsi que son retrait du marché sont décidés par arrêté du
Ministre chargé de la Santé.
3.1.2.4 - Médicament générique
Le code de la santé publique du Burkina Faso définit le médicament générique
comme : "toute copie d'un médicament déjà mis sur le marché, qui a les mêmes
principes actifs que celui-ci et qui revendique la même activité pour les mêmes
indications". Du point de vue de la santé publique, c'est un médicament moins cher et
de qualité équivalente avec, parfois des améliorations quant à sa praticabilité.
(Exemple de médicaments de préférence injectable à reconstituer qui deviennent prêts
à l'emploi) [24]. Les médicaments génériques ne sont plus placés sous brevets
d'invention et sont destinés à être exploité par plus d'une industrie ou laboratoire,
phannaceutiques.
3.2 - Ordonnance médicale
3.2.1 - Définition
L'ordonnance médicale est un document légal rédigé, daté et signé par un
prescripteur autorisé et qui comporte les modalités et les conditions d'utilisation des
médicaments [23]. L'ordonnance matérialise l'acte de prescription et engage la
responsabilité civile et disciplinaire de son auteur. Par ce document le phannacien, qui
exécute l'ordonnance à travers la délivrance des médicaments retrouve ses
responsabilités engagées.
27

3.2.2 - Qualité à exiger d'une ordonnance médicale [4]
Une ordonnance médicale doit provenir d'un prescripteur autorisé, elle ne doit
pas comporter ni rature, ni surcharge, ni abréviation en ce qui concerne les posologies.
Elle doit être précise et ne donner lieu à aucune erreur d'interprétation. En présence
d'une ordonnance non conforme, l'équipe officinale doit la retourner au prescripteur, il
est toujours intéressant de suspendre la délivrance et demander des renseignements au
prescripteur.
3.2.3 - Principes généraux de rédaction d'une ordonnance médicale
L'ordonnance médicale comporte deux parties [4]:
• Une entête comprenant
- le nom, le prénom, la qualification du prescripteur et le lieu d'exercice.
- le lieu de la prescription;
- la date de la prescription;
- le nom, le prénom,l'âge du patient ainsi que le poids s'il s'agit d'un enfant ou
d'une personne âgée.
- la mention "ordonnance médicale"
• Le corps de l'ordonnance comporte:
-la numérotation des produits s'il yen a plusieurs;
-le(s) nom(s) des médicaments prescrits en Del ou en spécialités;
-le dosage;
- la forme galénique;
-la posologie et le mode d'emploi (schémas thérapeutiques) ;
- la durée du traitement ;
- les quantités prescrites ou les unités thérapeutiques;
- la signature et cachet du prescripteur ;
-les conseils hygiéno-diététiques.
28

La posologie est écrite en toutes lettres pour les médicaments de la liste 1 et de
la liste des stupéfiants. Pour les médicaments de la liste II elle peut être écrite en
chiffre [23]. La fm de l'ordonnance est matérialisée par la délimitation de la
prescription, le cachet et la signature du prescripteur, les conseils hygieno-diététiques
si possible, ainsi que le rendez-vous prochain si nécessaire.
L'ordonnance médicale peut comporter la mention "A renouveler" en fm de
prescription lorsque le prescripteur estime qu'une seconde délivrance peut se faire sans
consultation préalable.
3.2.4 - Usages de l'ordonnance médicale [23]
- L'ordonnance médicale est obligatoire pour la délivrance des médicaments
surtout ceux contenant des substances vénéneuses soumises à un régime strict
(stupéfiants - psychotropes - contraceptifs et les substances provenant du sang et de
ces dérives).
- L'ordonnance est également nécessaire pour obtenir le remboursement des
prestations pharmaceutiques par la sécurité sociale et autres organismes à type de
prévoyance sociale.
- L'ordonnance en tant que docwnent médico-légal peut être exploité par les
autorités judiciaires afm d'établir les intentions délibérées du prescripteur à commettre
des délits de crime et la responsabilité du pharmacien établie dans la participation du
délit de crime.
L'ordonnance est la propriété de son titulaire.
4 - ACTES PHARMACEUTIQUES DE L'OFFICINE
4.1 - Approvisionnement des officines en médicaments
L'approvisionnement en médicaments constitue tout un processus qw se
déroule suivant un cycle bien défmi. Il regroupe différentes fonctions et tâches qui
29

pennettent d'apporter dans les meilleures conditions le médicament depuis le
fournisseur jusqu'au patient qui l'utilise.
4.1.1 - Différentes sources d'approvisionnement
Les officines de phannacie peuvent importer directement des médicaments en
s'adressant aux fournisseurs de leur choix, mais ce mode d'approvisionnement des
officines est relativement peu développé car très coûteux et réservé en général pour des
médicaments non inscrits à la nomenclature nationale des spécialistes phannaceutiques
et des médicaments génériques. Les différentes structures de distribution au Burkina
Faso sont:
4.1.1.1 - Grossistes répartiteurs
Longtemps
assurée
par
la
Société
Nationale
d'Approvisionnement
Phannaceutique (SONAPHARM) privatisée en 1993, la distribution de gros a
enregistré depuis 1994 l'apparition de 3 autres structures grossistes qui sont:
- La CAMEG (Centrale d'Achat des Médicaments Essentiels Génériques) qui est une
société parapublique
- La COPHADIS (Coopération Phannaceutique de Distribution),
- LABOREX qui sont des sociétés privées.
La CAMEG assure la distribution des médicaments dans le cadre du
programme
des
médicaments
essentiels.
Elle
assure
l'approvisionnement
des
fonnations sanitaires publiques et privées à but non lucratif. Les sociétés grossistes
privées
(SONAPHARM,
COPHADIS,
LABOREX)
assurent
quant
à
elles,
l'approvisionnement des officines phannaceutiques privées, mais participent également
dans une certaine mesure à l'approvisionnement du secteur public.
30

4.1.1.2 - Etablissements de production pharmaceutique nationaux
Ils sont peu développés et couvrent environ 2% du marché pharmaceutique
national [12]. Nous avons principalement:
- le Laboratoire des Médicaments du Faso (MEDIFA) qui produit des solutés
injectables glucosés 5%, 10%, 30%, salé 0,9% et du Ringer lactate;
-la Société de Production d'Alcool (SOPAL) qui produit de l'alcool pharmaceutique et
autres produits alcoolisés;
- l'Unité de production Pharmaceutique (U-PHARMA) du Centre National de
Recherche Scientifique et Technologique (CNRST) qui produit des formes solides
sous noms génériques (d'acide acetyl salicylique, de chloroquine et du paracétamol) et
des phytomédicaments. Sa production est très insignifiante par rapport au besoin du
pays en raison du problème de statut commercial de l'établissement.
4.1.2 - Gestion de stock de médicaments à l'officine
La gestion de stock est un élément indispensable pour le bon fonctionnement
d'une officine. Elle peut être manuelle ou informatique. La gestion manuelle nécessite
un certain nombre d'outils.
4.1.2.1 - Outils de gestion de médicaments.
- La fiche de stock.
C'est un document qui permet de suivre les entrées et sorties de médicaments, de
déterminer la consommation et de prévoir les commandes.
31

Exemple de fiche de stock
Produit (Désignation, Dosage, Fonne):
.
Conditionnement:
.
Stock de sécurité/alerte :
.

Origine/destination
Quantité
Quantité
Quantité restante Observations
entrée
sortie
Report
A reporter
- Le registre des entrées et sorties de produits pennettant de suivre les entrées et
sorties des médicaments dans le magasin.
- Le registre des manquants et péremption où sont enregistrés les produits périmés
et les manquants. Les produits périmés sont alors inventoriés listés avec les prix de
vente et détruits par un huissier de justice. La destruction se fait en présence d'un
membre de l'équipe officinale. Après destruction il est établi un procès verbal de
destruction en deux exemplaires dont un est remis au pharmacien.
- Le cahier de réclamation pour les grossistes où est mentionné les erreurs de
livraison, "les retours bon état".
- Le cahier ou fiche d'inventaire qui récapitule l'ensemble des quantités des
produits de l'officine en un moment donné. Il pennet de connaître la valeur financière
du stock existant au moment de l'inventaire.
32

Exemple de fiche d'inventaire
Désignation (Nom, Conditionnement Quantité
PVU
PVT
Valeur
forme, dosage,
réelle
(valeur)
théorique en
présentation)
stock
TOTAL
- Le bon de commande c'est un document qUI récapitule la liste des produits
commandés
- Le bordereau de livraison: c'est une copie de la liste des produits livrés établis par les
fournisseurs. Il donne la liste des produits qui ont été servis.
- La facture de commande: c'est un document qui reprend la liste des produits
commandés avec leur quantité mais aussi avec les prix unitaires et les totaux.
- Le cahier de vente journalière ou brouillard de caisse: il permet de sUIvre
quotidiennement les quantités de produit vendu et les recettes. Il constitue en même
temps un document de gestion de stock et des fmances.
4.1.2.2 - Rotation de stock
- La règle de Première Entrée, Première Sortie (PEPS) [l§l
Les médicaments doivent être disposés de façon à s'assurer que les médicaments qui
seront périmés les premiers soient les premiers distribués. Ceux qui seront périmés
plus tard doivent être déposés à l'arrière. C'est le principe du PEPS ou FIFO pour les
anglo-saxon (First In First Out). Les médicaments reçus d'abord doivent être utilisés
33

en premIer. En général, les médicaments reçus les premiers ont été fabriqués en
premier et ils seront les premiers à être périmés.
Mais si la durée de consommation du niveau de stock est inférieur au stock qui vous
,placez-le à l'avant pour l'utiliser.
- La disposition de stock (Palettes, étagères)
Les cartons de médicaments ne doivent pas être posés à même le sol à cause du risque
d'humidité qui endommagerait les médicaments. Il faut disposer les médicaments par
ordre alphabétique sur des étagères. La rotation des stocks sur les étagères se fait selon
la durée de conservation et en suivant la règle "PEPS".
- Le principe d'organisation du stock
Il s'agit de stocker les médicaments de façon pratique et efficace. Deux approches sont
couramment utilisées :
* le stockage par groupe galénique :11 consiste à stocker dans l'ordre alphabétique des
noms des principes actifs à l'intérieur de chaque groupe. Les produits peuvent être
groupés par exemple en produits injectables, en comprimés. Il importe de suivre
l'ordre alphabétique dans chaque groupe ;
* le stockage par ordre alphabétique intégral des spécialités pharmaceutiques sans
distinction de forme galénique.
4.1.2.3 - Conservation de stock
Les médicaments doivent être protégés de l'humidité, de la lumière et du
soleil, de la chaleur, des dommages physiques, de la saleté et de la poussière. Pour cela
il faut stocker les médicaments dans un endroit sec, bien aéré à l'abri de la lumière
directe du soleil et de la poussière.
34

4.2 - Délivrance des médicaments [2] [23]
4.2.1 - Règles de délivrance
La délivrance du médicament apparaît comme l'activité principale de l'officine.
Les dispositions antérieures à 1 avènement de l'indépendance étant en vigueur, la
classification des médicaments en listes (ex. tableaux) et médicaments anodins
demeure valable. Il en est de même pour toutes les dispositions législatives applicables
à chacune de ces catégories.
Ainsi, le pharmacien dispose de deux groupes de médicaments:
- les médicaments de vente libre ou médicaments conseils ;
- les médicaments de listes qui, selon leur composition en substances
vénéneuses sont classés en :
• liste 1 ou produits toxiques (ex. tableau A)
• liste II ou produits dangereux (ex. tableau C)
• liste des stupéfiants (ex. tableau B)
La délivrance de ces médicaments au public nécessite le respect d'une
réglementation et à chacune de ces listes correspond une réglementation particulière.
En principe les médicaments de liste sont délivrés sur ordonnance médicale
après vérification de l'authenticité de l'ordonnance, du droit de prescription de l'auteur
(difficile), de la régularité technique de l'ordonnance et notamment de la posologie. Il
peut arriver quelquefois qu'une ordonnance dans sa rédaction ne soit pas conforme aux
exigences
de
la
législation
des
substances
vénéneuses
ou
comporte
des
incompatibilités, le pharmacien doit se mettre en rapport avec le prescripteur pour
trouver courtoisement avec lui et en dehors du client, un consensus de rectification en
raison d'une responsabilité conjointe.
35

L'inscription à l'ordonnancier est nécessaire et la délivrance doit être
accompagnée de tous les renseignements nécessaires à une bonne utilisation du
produit.
Après l'exécution fidèle de la prescription, l'ordonnance doit être remise au
porteur revêtue du timbre de l'officine la date de délivrance (non obligatoire) et du
numéro d'enregistrement à l'ordonnancier sauf l'ordonnance des stupéfiants qui doit
être gardée par le pharmacien pour une période de 3 ans minimum [23].
Au Burkina Faso, selon le code de la santé publique en vigueur, seuls, les
docteurs en médecine, les docteurs vétérinaires, les docteurs en chirurgie dentaire, les
Sages femmes et Maïeuticiens d'Etat sont autorisés à prescrire [2].
L'article 130 du même code stipule que "les prescriptions du médecin et du
chirurgien dentiste sont libres dans les limites de leurs compétences respectives. Les
sages femmes!Maïeuticiens d'Etat, les Infirmiers ne peuvent prescrire que dans les
conditions fixées par arrêté du Ministre chargé de la santé" (article 131). Ainsi le
pharmacien lors de la délivrance doit s'assurer que l'ordonnance médicale émanant de
ces praticiens sont bien conformes aux conditions fixées à cet effet.
Mais compte tenu du fait que la couverture du pays en personnel médical (un
médecin pour 10 000 habitants) et en pharmaciens (un pharmacien pour 20 000
habitants) [13] est encore loin d'être réalisée ; on a toléré la prescription de
médicaments jusque là sans aucune restriction aux agents de santé non médecins.
(Infmniers d'Etat, Assistants de Santé, Infmniers brevetés).
4.2.2 - Délivrance des médicaments des listes 1 et II
Le pharmacien est tenu de délivrer les médicaments des listes 1 et Il sur
ordonnance médicale. La prescription des médicaments de la liste 1 est renouvelable
une seule fois uniquement sur demande écrite du prescripteur. Le renouvellement d'un
produit de la liste 1 donne lieu à une nouvelle inscription sur l'ordonnancier.
36

Le renouvellement d'une prescription d'un médicament de la liste II est
autorisé, sauf indications contraires portées par le prescripteur sur l'ordonnance. Le
renouvellement ne peut être fait qu'après que le délai d'utilisation de la prescription
initiale soit révolu [24].
4.2.3 - Délivrance des médicaments de la liste des stupéfiants
Ces médicaments sont soumis à une législation très stricte. Leur délivrance suit
un régime particulier pour pennettre au pharmacien de suivre le mouvement de ces
produits potentiellement toxicomanogènes et pouvant engendrer de l'accoutumance. Le
pharmacien doit mentionner à l'ordonnancier le nom et adresse du malade et
éventuellement du tiers qui lui présente l'ordonnance médicale.
Si le porteur de l'ordonnance médicale n'est pas connu du pharmacien,
celui-ci doit lui demander une justification d'identité. Ces ordonnances ne sont jamais
renouvelables (à l'exception des liniments et pommades) [24] et sont conservées
pendant 3 ans par le pharmacien. Ce dernier remet une copie au malade.
4.2.4 - Délivrance des médicaments de vente libre ou médicaments conseils
Ces médicaments peuvent être délivrés par le pharmacien sans ordonnance
médicale. En effet le rôle d'éducateur et de conseiller sanitaire du pharmacien lui
confère la faculté de conseiller certains médicaments aux malades sans avoir recours à
l'autorisation préalable d'un prescripteur.
4.2.5 - Substitution des génériques à l'officine [14)
Aujourd'hui, le Burkina Faso reconnaît le droit de substitution. En effet l'arrêté
n094-080/SASF/SGIDGSPIDSPh portant substitution des spécialités pharmaceutiques
par des Médicaments Essentiels Génériques (MEG) dans les structures privées de
distribution de médicaments stipule en son article 1er:
37

"Le droit de substitution des spécialités pharmaceutiques par les MEG est
reconnu aux pharmaciens, dépositaires et gérants des médicaments dans les pharmacies
hospitalières".
L'article 2 du même arrêté stipule que: "toute personne habilitée à délivrer les
médicaments
dans
les
pharmacies
hospitalières,
les
officines
et
dépôts
pharmaceutiques relevant du secteur privé, est autorisée à substituer la spécialité
pharmaceutique prescrite par le médicament générique correspondant disponible".
On attend alors par médicaments correspondants : "deux ou plusieurs
médicaments ayant le même principe actif au même dosage sans distinction des
excipients" (article 3).
Cette substitution est pratiquée pour toute
spécialité
pharmaceutique dont le principe actif figure sur la liste nationale des médicaments
essentiels (article 4).
Il faut noter que cette substitution n'amputerait en rien le choix d'Wl
médicament précis, si le générique par définition, est bio équivalent (même molécule,
même cinétique et même biodisponibilité) à la spécialité dont il est issu. Cette solution
pourrait rendre service à tout le monde ; au prescripteur, en lui faisant gagner du
temps, au pharmacien, en revalorisant encore sa profession. Il est important aujourd'hui
pour le pharmacien, de participer encore plus activement au concept de "la qualité au
meilleur coût"
4.2.6 - Délivrance sur conseil du pharmacien [3]
Au cours de son exerCIce quotidien à l'officine, le pharmacien est
régulièrement confronté à la dispensation des médicaments sans prescription médicale
(c'est à dire sur conseil). Cette fonction ne doit pas être perçue avant tout par le
pharmacien comme Wle sorte de législation de l'automédication. Par conséquent le
pharmacien devra toujours évaluer le conseil d'Wle part en fonction de la réalité et de
la gravité des symptômes et d'autre part, en fonction de l'effet et du nsque
38


thérapeutique engagé. Pour bien remplir ce rôle, le pharmacien doit respecter un
certain nombre de règles fondamentales avant de prendre la décision de conseiller un
médicament.
Le dialogue entre le patient et le pharmacien doit se faire dans une zone de
confidentialité. Cet espace permettra la création d'un climat de confiance et facilite
l'interrogatoire.
La reconnaissance du symptôme n'autorise pas le pharmacien à porter un
diagnostic mais à conseiller le patient en se fondant sur la symptomatologie. Le conseil
exige une vigilance particulière du pharmacien notamment en fonction du terrain
(nourrisson, enfant, femme enceinte, vieillard) du contexte physiopathologique et du
contexte social.
* L'acte de dispensation des médicaments sur conseil doit toujours s'appuyer sur des
connaissances bien établies en sémiologie (pour l'identification des symptômes) en
physiopatholologie (pour permettre la reconnaissance
de
la maladie)
et en
pharmacologie(pour orienter le choix du médicament dans l'indication retenue ou pour
garantir une juste évaluation de la survenue d'effets indésirables ou d'interactions
médicamenteuses potentiels). Elle engage la compétence du pharmacien au même titre
que la dispensation sur ordonnance, d'où plutôt que nuire, il ne faut pas prescrire, au
moindre doute il faut adopter cette attitude de conseiller la consultation médicale.
Notons que dans tous les cas la dispensation des médicaments par le pharmacien
engage sa responsabilité tant sur le plan civil, pénal que disciplinaire. Comme le
médecin le pharmacien est alors soumis au secret professionnel même après le décès
du patient.
Le pharmacien qui conseille doit penser à la sous-observance ou à la sur-
observance du traitement. Il est autorisé à conseiller des médicaments pour un
traitement symptomatique. Le traitement de fond est du ressort du médecin.
39

* Le pharmacien détient un rôle majeur dans la prévention et l'éducation pour la santé.
Il est informateur et éducateur, mais le pharmacien doit évaluer les limites de ses
informations.
* Face à une demande de prescription de médicament à l'officine, l'interrogatoire doit
toujours s'articuler sur les questions fondamentales suivantes (à adapter en cas
d'observation).
- Ce symptôme est-il récent?
- L'avez-vous déjà eu ?
- Si oui : a-t-il été traité?
En avez-vous actuellement une médication (pour traiter ce symptôme) ?
Si oui : laquelle?
Depuis quand ?
Quelles sont les posologies?
Mais face à la demande de renseignements relatifs à l'évolution d'une
pathologie (et son issue), le pharmacien doit constamment observer une grande réserve
dans ses propos même s'il connaît bien la maladie, compte tenu du fait que pathologie
s'exprime rarement de façon univoque chez des patients différents. Il gardera
constamment à l'esprit cette règle d'or "le conseil ne doit jamais dépasser son
objectif'.
4.3 -Préparations galéniques à l'officine
4.3.1 - Définition d'une préparation
Les préparations sont des opérations de caractère technique recouvrant :
-
la mise en forme pharmaceutique;
-
le conditionnement primaire et secondaire ;
l'étiquetage [1].
40

En officine, trois types de préparations sont exécutés: les préparations
officinales, les préparations magistrales et les produits spécialisés de l'officine défInis
plus haut. Les médicaments spécialisés de l'officine sont préparés exclusivement dans
l'officine du pharmacien qui en assure la vente.
La qualité des préparations officinales dépend en grande partie du respect des BPPO.
4.3.2 - Eléments de bonnes pratiques de préparations officinales (BPPO)
Les BPPO visent à renforcer la maîtrise de la qualité des préparations
officinales. Elles se présentent comme un ensemble de recommandations sur les
conditions de préparation des médicaments dans les officines de manière non
industrielle [1]. Pour cela un certain nombre de conditions doivent être réunies.
* Les opérations de préparations doivent être effectuées :
- dans des locaux appropriés et bien entretenus;
- avec du matériel propre si non stérile;
- par un personnel qualifié et compétent fonné pour cette tâche;
- avec des matières premières de bonne qualité;
- en respectant l'ensemble des instructions et techniques établies.
* Une fois ces conditions réunies il faut:
- une bonne pesée: c'est la mesure des masses à l'aide de balance. Elle est très
importante lors des préparations du fait de la nature toxique des substances utilisées.
- un bon choix des matériels de préparations afm d'éviter toute interaction.
- bien mener les opérations mécaniques (pulvérisation, décantation, filtration
centrifugation et clarification) avec des appareils spécifiques.
- bien contrôler les opérations physiques (chauffage, dissolution, extraction par
un solvant, distillation, évaporation, sublimation, lyophilisation et enfm la
stérilisation).
41

- une bonne pratique de l'exécution en suivant le protocole décrit dans le codex
ou dans le fonnulaire national ou encore dans une phannacopée reconnue.
- bien contrôler le caractère organoleptique des préparations, si possible
masquer le goût et les odeurs par enrobage.
Après la préparation proprement dite, il faut bien choisir le conditionnement et
tenir rigueur à l'étiquetage et tous les autres renseignements qui concourent au bon
usage de la préparation.
4.3.3 - Règles d'étiquetage des préparations [18]
Les règles d'étiquetage des préparations officinales et magistrales destinées à
la médecine humaine sont similaires à celles des médicaments pour les trois listes.
L'étiquetage doit obligatoirement porter le nom et l'adresse du phannacien, le numéro
d'inscription à l'ordonnancier et le mode d'emploi. La couleur de l'étiquette diffère
selon la voie d'administration du médicament.
4.3.3.1 - Administration par voie orale, nasale, vaginale et injectable
L'étiquette est blanche et porte les mentions citées plus haut. Si la préparation
contient une substance inscrite à l'une des trois listes à dose non exonérée, une contre
étiquette rouge orangé portant en noir la mention "Respecter les doses prescrites" est
apposée.
4.3.3.2 - Administration par autres voies que celles citées plus haut
L'étiquette est rouge et porte les mêmes mentions ci-dessus citées plus la
mention "ne pas avaler". Si la préparation contient une substance inscrite à l'une des
trois listes à dose non exonérée, l'étiquette est rouge orangé portant en noir la mention
"Ne pas avaler" cette étiquette peut comporter un espace blanc pour pennettre
42

l'inscription en noir du mode d'emploi. Dans tous les deux cas une contre étiquette
portant la mention "Respecter les doses prescrites" en rouge est apposée.
4.3.4 - Contrôle à l'officine des préparations [1]
Le pharmacien al' obligation de délivrer un médicament magistral conforme à
la prescription médicale et un médicament officinal ou apparenté. (produits officinaux
divisés ), conforme à la formule de la pharmacopée. Sa responsabilité porte sur la
nature, la qualité et le dosage du médicament. La qualité des médicaments préparés
dépend alors de la qualité des matières premières, et de l'art de préparer les
médicaments détenus par le pharmacien.
Il est difficile pour le pharmacien d'officine d'avoir un laboratoire de contrôle
normalement équipé pour effectuer l'ensemble des essais de la pharmacopée ; il choisit
alors, le plus souvent, de s'approvisionner en matières premières de bonne qualité et
d'effectuer certains contrôles physiques par l'examen des caractères organoleptiques
ainsi que quelques tests d'homogénéité; l'ensemble de ces dispositions ajoutées aux
BPPO permettra de préparer des médicaments de qualité acceptable.
4.4 - Gestion du personnel
4.4.1 - Définition
La gestion du personnel est la fonction du management dont l'objet est de
concevoir, de planifier, de coordonner et de contrôler l'ensemble interdépendant et
inter relié des processus et éléments facilitateurs ou catalyseurs qui, d'une part visent à
l'utilisation efficiente des ressources humaines de l'officine, c'est à dire qui se réfère à
l'acquisition à l'utilisation, au développement et à la motivation des membres de
l'entreprise, et d'autre part s'efforcent d'assurer la continuité de l'entreprise en tant
que groupe social soumis à des pressions et à des tensions externes et internes [20].
43

Cette vision intègre à la fois les objectifs des employés et ceux de l'organisation. Le
phannacien en tant que chef d'entreprise doit gérer un groupe aux formations et aux
motivations souvent différentes. Pour cela il doit tenir compte d'un certain nombre
d'éléments.
4.4.2 - Recrutement du personnel
Le recrutement comprend la sélection et l'intégration de personnel dans
l'organisation. Il devrait respecter les étapes chronologiques ci-après :
- l'identification des besoins en personnel;
- l'analyse des besoins identifiés ;
- la définition du ou des postes donc des profils de candidatures ;
- la prospection interne ;
- le tri des candidatures ;
- l'entretien et test avec les postulants ;
-la décision de recruter.
Au Burkina il n'existe aucun texte réglementant l'activité des employés ni leur
mode de recrutement. Le Ministère en charge de la Santé exige au moins que les
vendeurs d'officine aient au minimum le niveau CEPE. Mais de nos jours la tendance
est au niveau BEPC. Deux modes de recrutement sont utilisés :
-le recrutement par l'intermédiaire d'une agence (ONPE). Ce mode n'est pas
développé dans le domaine de l'officine.
-le recrutement par affinité (parents, amis ... ) c'est ce mode qui est utilisé dans
la plupart des officines. Dans ce dernier cas les futurs employés sont placés par le
phannacien candidat à l'ouverture d'une officine en position de stage dans des
officines d'accueil et ce en fonction de leur affmité. Ce stage dure de 3 à 6 mois.
44

4.4.3 - Formation du personnel
Le phannacien est un chef d'entreprise et un animateur d'équipe, non
seulement il exerce une activité économique, mais il doit diriger un groupe aux
fonnations et aux motivations souvent différentes. La fonnation peut être initiale avant
l'intégration dans l'officine ou continue, acquise en cours de carrière. Cette dernière
pennet d'une part à l'officine de disposer de personnel compétent en pennanence et
d'autre part à l'employé de s'auto promouvoir.
La fonnation continue dans le domaine phannaceutique doit s'opérer sur la base :
- d'une détermination des besoins de fonnation ;
- de l'élaboration d'un plan de fonnation ;
- de la planification de la fonnation ;
- de la mise en œuvre des activités de fonnation ;
- d'une évaluation en vue d'apprécier les résultats.
Au Burkina Faso il n'y a pas de programme spécifique de fonnation des
employés d'officine. La plupart de ceux-ci sont recrutés après quelques mois de stage.
Après le recrutement la fonnation devrait être assurée par le phannacien. La fonnation
continue des employés demeure une obligation professionnelle pour le phannacien
d'officine.
4.4.4 - Outils de gestion du personnel
4.4.4.1 - Outils techniques
Il s'agit des documents techniques pennettant d'assurer quotidiennement les
différentes activités de l'officine et la fonnation du personnel. Nous pouvons citer le
Vidal, les livres de thérapeutiques, les manuels de préparations et de fonnation
continue.
45

4.4.4.2 - Outils administratifs et fmanciers
Ces outils sont inscrits dans le code de travail du Burkina Faso. Nous pouvons citer:
- la fiche individuelle de déclaration à la CNSS ;
- la fiche de déclaration du personnel au service des impôts. Elle pennet de
prélever l'Impôt Unique sur les Traitements et Salaires (IUTS) et la taxe patronale
d'apprentissage (TPA) pour les chefs d'entreprise. Cette TPA est initiée pour assurer la
fonnation du personnel par les chefs d'entreprise (pharmaciens). La TPA doit être
nonnalement reversée au pharmacien lorsque celui-ci assure la fonnation continue de
son personnel.
-Le bulletin de paie des employés: le salaire est mensuel dans les officines.
Les employés bénéficient des avancements, d'un congé annuel (30 jours ouvrables) et
d'un congé de maternité (90 jours ouvrables). Les salaires sont payés le plus souvent
par billetage.
-Le règlement intérieur de l'officine: chacune a son propre règlement que le
personnel est tenu de respecter pour la bonne marche des activités de l'officine.
4.4.5 - Organisation des services de garde dans les officines
L'article 61 du code de déontologie des pharmaciens du Burkina stipule que le
pharmacien d'officine a le devoir de concourir et participer à tout service de garde et
d'urgence organisé confonnément à la législation et à la réglementation en vigueur.
Le service de garde des officines de Burkina Faso est organisé par le syndicat national
des pharmaciens en présence de l'ensemble des pharmaciens.
Dans la ville de Ouagadougou, les gardes sont organisées par la section Est du
syndicat. Elle réunit chaque dernier trimestre de l'année l'ensemble des pharmaciens
concernés pour l'établissement du programme annuel des gardes. Nous avons 5
groupes de garde constitués de 10 à 13 officines. La répartition est faite de telle sorte à
avoir au moins une officine par zone géographique et ce dans le souci d'améliorer
l'accès de la population aux médicaments à n'importe quelle heure.
46

Les gardes ont lieu toutes les 5 semaines, elle commence les samedi à 08heure
jusqu'au samedi prochain à la même heure. Chaque officine possède un tableau
d'affichage où figurent les noms des officines de garde. L'organisation interne est
propre à chaque officine.
47


V-MATERIEL ET METHODE8DE
L'ETUDE
48

1 - CADRE D'ETUDE
Notre étude s'est déroulée dans quarante deux (42) officines phannaceutiques de
la ville de Ouagadougou, province du Kadiogo. La ville de Ouagadougou, capitale
politique et administrative du Burkina Faso comptait 752236 habitants en 1996 [9].
Elle est subdivisée en 30 secteurs repartis dans 5 arrondissements auxquels sont
rattachés 17 villages. Ces arrondissements sont les suivants :
- Baskuy regroupant les secteurs 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, Il, 12.
- Bogodogo qui comprend les secteurs 14, 15,28, 29, et 30 ainsi que les villages
de Balkui et de Yamtenga.
- Boulmiougou regroupant les secteurs 16, 17, 18 et 19 ainsi que les villages de
Sandogo, Zongo, Zagtouli et Boassa.
- Nongrémassom comprenant les secteurs 13, 23, 24, 25, 26 et 27 ainsi que les
villages de Sakoula, Polesgo, Doumi, Nioko II et Soguedin.
- Sigh-noghin comprenant les secteurs 20, 21 et 22 ainsi que les villages de
Silmiougou, Bassenko, Bissighin, Yaguema, Dar salam et Kamboinsé.
Les infrastructures sanitaires repertoriées sont :
* les infrastructures publiques:
la ville de Ouagadougou comptait en 1996 [13].
- 1 Centre Hospitalier National (CHN) ;
- 4 Centres Médicaux avec Antennes chirurgicales (CMA) ;
- 5 Centres Médicaux (CM) ;
- 28 Centres de Santé et de Promotion Sociale (CSPS) ;
- 1 Dispensaire isolé ;
- 2 Maternités isolées .
* les infrastructures privées : les officines phannaceutiques.
Au nombre de 57 en 1998, elles sont reparties de façon satisfaisante dans les
30 secteurs de la ville de Ouagadougou. La liste officielle des officines de
Ouagadougou est donnée en annexe (annexe 2). Notre étude s'est déroulée dans 42 des
49

57 officines reparties dans les 30 secteurs. La liste des officines d'enquête est donnée
en annexe (annexe 3).
2 - TYPE D'ETUDE
Nous avons effectué une enquête descriptive à visée exploratrice. Elle s'est
déroulée du 20 août au 31 décembre 1998. Nous n'avons pas choisi de période
particulière.
3 - POPULATION D'ETUDE
Elle était constituée de l'équipe officinale: Tous les pharmaciens, tous les
magasiniers, les vendeurs titulaires et les stagiaires ayant bénéficié de plus de 6 mois
de stage dans les officines enquêtées.
4 - MATERIEL D'ETUDE
Nous avons utilisé pour l'étude les officines de pharmacie, , les documents de
gestion de stock, l'ordonnancier et les outils de gestion fmancière, des fiches d'enquête
et le logiciel EPI-INFO pour l'exploitation des données.
5 - METHODE D'ETUDE
5.1 - Echantillon
Notre échantillon était constitué de 42 pharmaciens, de 110 vendeurs et de 39
magaslnters.
50

5.2 - Critères d'inclusion
Ont été inclues dans l'étude toutes les officines phannaceutiques ouvertes avant
le début de l'étude et dont le nom figure sur la liste officielle de 1998. Ainsi 42
officines ont été retenues pour l'étude (annexe 3).
5.3 - Critère d'exclusion
Ont été exclus de l'étude :
- les officines figurant sur la liste officielle de 1998 mais non fonctionnelles ( ou
non encore ouvertes) ;
- les officines où les phannaciens refusent l'étude ;
- les officines où il n 'y a pas de phannacien ;
- les vendeurs stagiaires ne totalisant pas plus de 6 mois de stage officinal.
5.4 - Méthode d'échantillonnage
Nous avons procédé à un recensement de l'ensemble des officines de la ville de
Ouagadougou en utilisant la liste officielle des officines de l'année 1998.
5.5 - Recueil des données
Les données ont été recueillies à partir de questionnaires écrit administrés dans
l'ensemble des officines phannaceutiques privées de la ville de Ouagadougou puis
complétées d'une observation participante. Les informations recueillies ont été
consignées sur des fiches d'enquête (Annexe 1) conçues à cet effet. Elles avaient fait
l'objet d'un pré-test dans 5 officines choisies au hasard puis corrigées et améliorées.
51

5.6 - Déroulement pratique de l'enquête
- Une autorisation d'enquête à été fonnulée par l'encadreur de notre recherche, et
adressée aux directeurs des officines (annexe 4).
- Dans chaque officine, après présentation de la lettre d'autorisation au directeur
de l'officine et acceptation de ce dernier nous nous entretenons avec l'équipe
officinale. Nous leur expliquons le but de notre enquête.
- Pour ne pas perturber leur tache quotidienne, noùs nous intégrons à l'équipe
officinale puis nous les interrogeons pendant les temps de liberté relative (faible
affiuence des clients).
- Cette enquête se déroulait de façon continue du lundi au vendredi aux heures
d'ouverture des officines (08 h à 12 h 30 et 16 h à 19 h) pendant 1 semaine dans
chaque officine.
- Ont été enquêtés tous les pharmaciens, tous les magasiniers, les vendeurs
titulaires et les vendeurs stagiaires ayant effectué plus de 6 mois de stage.
6 - DEFINITIONS OPERATIONNELLES
- Médicaments et produits pharmaceutiques sont interchangeables.
- Officine ou officine de pharmacie : désigne l'établissement de délivrance des
produits pharmaceutiques géré par un pharmacien diplômé.
- Equipe officinale ensemble: pharmacien plus son personnel.
7 - VARIABLES ETUDIEES
7.1 - Caractéristiques des officines et de l'équipe officinale.
- Nombre d'années d'existence de l'officine.
- Description de l'équipe officinale.
52

- Qualification ou niveau d'instruction: Phannaciens titulaires, Phannaciens
assistants ou remplaçants, Vendeurs et magasiniers.
- Sexe et nombre d'années d'exercice à l'officine.
- Nombre total de personnes de l'officine.
- Formation continue.
7.2 - Actes pharmaceutiques exécutés
7.2.1 - Approvisionnement
- Choix de fournisseurs
- Initiateur des commandes de l'officine
- Gestion de stock utilisé (type)
- Stockage des médicaments à l'officine (mode)
- Rangements des médicaments (organisation)
- Suivi de stock des médicaments (procédure).
7.2.2 - Dispensation
- Mode de délivrance
- Enregistrement à l'ordonnancier
- Respect de la réglementation (délivrance libre des substances
vénéneuses)
- Substitution de médicaments
- Difficultés de prestation.
7.2.3 - Préparations
- Existence d'une salle de préparation
- Exécution de préparations
- Types de préparations exécutées.
- Profil des préparateurs.
- Outils de préparation.
53

- Contrôle de qualité des préparations
- Délivrance de préparations magistrales
7.2.4 - Conseil officinal:
- Types de conseils
- Classes thérapeutiques conseillées
- Suivi des patients conseillés
7.2.5 - Autres actes exécutés à l'officine
- Type
- Prestataires
7.2.6 - Outils de gestion
- Stock
- Finances
- Personnel
7.3 -
Problèmes de prestations officinales
- Type
- Solutions
7-4 Opinion des pharmaciens sur leur profession.
8 - ANALYSE DES DONNÉES
Les données ont été saisies et analysées à l'aide du logiciel Epi-Info version
5.01. L'existence d'une liaison entre deux variables a été recherchée par le test de Khi
carré et le test exact de Fischer. Une différence est dite statiquement significative si p
:S 0, 05.
54


55

1 - CARACTERISTIQUES DE L'ECHANTILLON
La ville de Ouagadougou comptait au début de l'année 1998 officiellement 57
officines dont 53 étaient fonctionnelles nous avons retenu 42 officines pour notre
étude.
Dans les 42 officines d'enquête nous avons interrogé:
- 42 phannaciens
- 110 vendeurs
- 39 magasiniers
l.l-Durée d'existence des officines
Le tableau 1: Répartition des officines enfonction de leur durée d'existence.
Année d'existence
0-2
3-5
6-10
Il - 20
26
Nombre Officines
13
16
10
2
1
%
31
38
23,8
4,8
2,4
Les années extrêmes étaient 0 et 26 ans. La durée d'existence moyenne des
officines était de 5,02 années. La classe d'âge la plus représentée était celle de 3-5 ans.
Les officines étaient pour la plus part relativement jeunes. Sur les 42 officines d'étude,
39 (92,9%) n'avaient pas plus de 10 années d'existence.
1.2 - Description du personnel de l'officine
Les officines employaient en moyenne 6 personnes dont au moins un phannacien
56

1.2.1 - Pharmaciens
- Sexe: 19 officines (45,2%) étaient tenues par des hommes, les 23 autres
(54,8%)étaient tenues par des femmes soit un ratio de 0,83.
- Phannaciens assistants et remplaçants :
Sur le total des 42 officines enquêtées seulement 2 officines (4,8%) étaient tenues
par des phannaciens remplaçants. Le nombre d'année· d'exercice à l'officine des
phannaciens remplaçants était de 2 ans. Un seul phannacien avait un assistant datant
de 1995 soit 4 ans d'exercice à l'officine. Tous ces phannaciens avaient déclaré suivre
une formation continue.
1.2.2 - Vendeurs
Sur les 110 vendeurs interrogés, 45 étaient de sexe masculin (410/0) et 65 de sexe
féminin (59%) soit un ratio de 0,70. Nous avons enregistré en moyenne 3 vendeurs par
officine. Le niveau d'étude de ces vendeurs est donné à la figure 1.
80
70
60
Q)
g> 50
-8 40
....
g 30
a.
20
10
o~-
Supérieur
2nd-Term
6e-3e
CEPE
Figure 1: Répartition des vendeurs selon le niveau d'étude.
57

Les vendeurs d'officines avaient pour la majorité, un mveau d'étude
secondaire. En effet 85 vendeurs (77,1%) avaient un niveau compris entre la 6ème et
3ème. Ils ont été fonnés sur le tas dans les officines par les pharmaciens et/ou les
autres vendeurs sur l'ensemble des activités de l'officine (délivrance, préparations,
conseils, marketing). Sur le total des 110 vendeurs, 77 (67,8%) déclaraient bénéficier
d'une fonnation continue dispensée par les pharmaciens et/ou les délégués médicaux.
1.2.3 - Magasiniers
Sur les 39 magasiniers,33 étaient de sexe masculin (85%). Leur niveau d'étude
est donné à la figure 2
60
50
:
40
~5ta. 20
Supérieur
BAC
2nd-Tenn
6e-3e
CEPE
Figure 2 : Répartition des magasiniers selon leur niveau d'étude.
Les magasiniers n'avaient pas la qualification précise initiale. Plus de la moitié
ème
ème
(54,3%) avaient le niveau 6
- 3
. Mais 29 d'entre eux (76,3%) affmnaient avoir
reçu une fonnation en gestion de stock de médicaments. Par ailleurs, ils déclaraient
dans 94,8% des cas ne pas bénéficier de fonnation continue.
58

2- ACTES PHARMACEUTIQUES EXECUTES A L'OFFICINE
2.1 - Approvisionnement et distribution de médicaments
2.1.1 - Sources d'approvisionnement des officines
Les principaux fournisseurs étaient les grossistes nationaux (SONAPHARM,
COPHADIS, LABOREX) 76,2% et les laboratoires phannaceutiques étrangers 23,8%.
Comme l'indique la figure 3 .
Figure 3 : Répartition des officines selon le type de fournisseurs.
L'approvisionnement était effectué soit exclusivement chez les grossistes
nationaux (70,60/0) soit chez les grossistes et les laboratoires phannaceutiques
étrangers (29,4%) des officines. Les commandes étaient initiées soit par les
phannaciens dans 14 officines (34,1%), magasiniers dans 10 officines (24,4°,10) soit par
les deux dans 17 officines (41,5%). Comme indique la figure 4.
59

46
40
36
G)
30
01
Sc 26
G)
~ 20
::1
0
16
a.
10
6
0
Magasinier
Pharmacien-
Pharmacien
Magasinier
Figure 4: Profil du personnel qui initie les commandes de médicaments.
2.1.2 - Stockage et conservation des médicaments
2. 1.2.1 - Type de gestion de stock utilisé
Dans les officines d'enquête 3 types de gestion de stock étaient mis en place.
- gestion manuelle dans 34 officines (87,2%).
- gestion infonnatique avec un logiciel de gestion commerciale dans 4 officines soit
(10,3%).
- une gestion mixte (manuelle et infonnatique) dans 1 officine (2,6%).
2.1.2.2- Matériels de stockage des médicaments
Dans les officines d'étude trois types de matériels étaient utilisés pour stocker
les médicaments. C'étaient les étagères, les annoires et les cartons. La répartition des
moyens de stockage est donnée à la figure 5.
60

70
60
50
Q)
CIl
s 40
=
8
~ 30
0
~
20
10
0
Etagère
Annoire
Carton
Figure 5 : Répartition des officines selon le type de matériel de stockage utilisé.
L'équipement le plus utilisé était l'étagère 62,90/0 des officjnes.
Les équipements étaient très souvent utilisés dans les officines associés. La répartition
est donnée dans le tableau II.
Tableau II: Répartition des officines selon le type de matériel de stockage utilisé
ETAGERE
CARTON
ARMOIRE
E+C
A+C
A+C+E
EFF
15
1
0
22
2
2
%
35,7
2,4
0
52,4
4,8
4,8
A= Armoire; C= Carton; E= Etagère.
L'étagère et le carton étaient les plus utilisés dans les officines (52,4%) pour stocker
les médicaments.
2. 1.2.3 - Organisation des rangements
Nous avons rencontré dans les officines, divers types de rangement.

Dans les magasins : nous avons répertorié 5 types de rangement.
61

-Type 1 : Rangement par ordre alphabétique.
- Type Il : Rangement par fonne galénique.
- Type III : Rangement par fonne galénique et ordre alphabétique.
- Type IV : Rangement par groupe thérapeutique
- Type V : Sans ordre.
60
50
40
~
a 30
~~
20
10
0
Type 1
Type II
Type III
Type IV
Type V
Figure 6 : Répartition des officines selon le type de rangement utilisé dans le magasin.
La classification par ordre alphabétique était la plus utilisée 23 officines soit 59%.
Le rangement par tassement (sans ordre) ne correspond à aucune nonne, le magasinier
ne se retrouve pas.

Dans la salle de vente ou l'officine proprement dite: nous avons trouvé deux types
de classification :
- type 1 : Classification par ordre alphabétique dans 19 officines. (45,2%)
- type II : Classification par fonne galénique et ordre alphabétique dans 23 officines.
(54,8%). Ici les vendeurs n'apprennent rien, ils vont prélever machinalement les
médicaments sans référence à leurs activités thérapeutiques.
62

*Existence de rangements particuliers
- Pour les psychotropes: nous avons observé dans 10 officines (23,8%) un
rangement particulier pour psychotropes, les 32 autres (76,2%) utilisaient les mêmes
types de rangement que pour les autres médicaments. Lorsqu'il existait un rangement
particulier, ces produits étaient rangés dans des armoires fermées à clef ou sur des
étagères séparées.
- Pour les substances thermolabiles: toutes les officines conservent les
substances thermolabiles (vaccins, sérum, certains suppositoires et autres produits
sensibles à la chaleur) dans un réfrigérateur permanament en marche.
2.1.2.4 - Gestion, suivi de stock et conservation des médicaments.
* Les outils de gestion utilisés étaient:
-les fiches de stock: elles étaient utilisées dans 37 officines (89,8%), maIS 14
officines (43,8%) n'avaient pas leur fiche de stock àjour.
- le registre des entrées et sorties de produits.
- le registre des manquants
- le registre de péremption où sont enregistrés les produits périmés.
- le cahier de réclamation pour les grossistes.
- le cahier d'inventaire.
* La rotation de stock
Tous les magasiniers déclaraient faire une rotation selon la règle de PEPS ou FIFO.
* L'état de conservation de stock de médicaments
Il était bon dans 39 officines soit 92,9%, passable dans 2 officines (4,8%) et mauvais
dans 1 officine (2,4%)
63

* L'état de propreté des officines
Il était bon dans 18 officines (42,9%) et passable dans 24 officines soit 57,1%.
Dans toutes les officines, la salle de vente et magasin étaient munis des brasseurs d'air
qui fonctionnent le plus souvent pendant les heures d'ouverture.
* La gestion des produits périmés
Les produits périmés étaient retirés périodiquement des rayons, inventoriés
listés avec leur prix de vente et détruits par un huissier de justice. La destruction se fait
en présence d'un membre de l'équipe officinale. Après destruction il est établi un
procès verbal de destruction en deux exemplaires paraphés par le parquet dont un est
remis au pharmacien.
Dans notre étude 100% des pharmaciens ont déclaré détruire leurs produits
périmés selon la réglementation.
2.1.3 - Dispensation
2. 1.3.1- Différents modes de délivrance des médicaments à l'officine.
Nous avons rencontré 4 principaux modes de délivrance;
-la délivrance sur présentation d'une ordonnance médicale;
-la délivrance sans ordonnance médicale (selon le type de médicament) ;
- la délivrance sur conseil;
- la substitution des médicaments sur ordonnance.
La dispensation était assurée dans la plus part du temps par les vendeurs, les
magasiniers et rarement par les pharmaciens.
64

2.1.3.2 - Présence d'un ordonnancier à l'officine
Sur les 42 officines d'étude, 33 (78,6%) avaient un ordonnancier.
2.1.3.2 - Enregistrement des substances vénéneuses l'ordonnancier
L'inscription à l'ordonnancier était effectuée par 8 officines (24,2%). Elle
concernait seulement les psychotropes. Parmi les 25 autres officines; 24 (72,8%)
n'enregistrent pas régulièrement les médicaments à l'ordonnancier. Nous avons trouvé
l'ordonnancier neuf sans aucune inscription dans une (01) officine ouverte depuis
1996.
2.1.3.3 - Délivrance libre des substances vénéneuses
Dans 34 officines (80,5%) les vendeurs délivraient les substances vénéneuses
très souvent sans ordonnance médicale, à la seule demande du client.
2.1.3.4 - Substitution des médicaments
Sur les 110 vendeurs interrogés, 100 (90,9%) affmnaient substituer les
médicaments souvent sans l'ordre du pharmacien. Cette substitution se faisait le plus
souvent à la demande du client, 88 vendeurs soit 80,7% qui substituaient les
médicaments pensaient que leur acte était autorisé.
2.1.3.5 - Difficultés liées à la délivrance
Sur les 110 vendeurs interrogés, 92 (83,6%) avaient déclaré rencontrer des
difficultés d'ordre technique lors de la dispensation des médicaments. Cette
dispensation n'est pas accompagnée de conseils d'usage. Elle se limitait seulement à la
remise du médicament au client. De plus les ordonnances n'étaient pas expliquées
aux porteurs sauf à la demande de ces derniers.
65

2.2 - Préparations et reconditionnements à l'officine
2.2.1- Existence d'un préparatoire ou salle de préparation
Dans notre échantillon 19 officines (47,5%) avaient un préparatoire équipé, les
23 autres (52,8%) effectuaient les préparations et/ou les reconditionnements soit dans
le magasin ou dans un couloir de l'officine parfois même dans la salle de vente en ce
qui concerne les reconditionnements de formes solides.
2.2.2 - Exécution des préparations
Les préparations étaient exécutées dans 35 officines (83,3%). Les 7 autres
(16,7%) se limitaient aux reconditionnements. Les préparations étaient exécutées sans
gants ni masque de protection.
2.2.3 - Les préparations exécutées
60
50
i
40
~
....I:lU 30
~
~ 20
10
0
Magistrale
Officinale
MSO
Figure 7 : Pourcentage des différents types de préparations exécutées à l'officine
Les préparations les plus exécutées étaient les officinales (57,1%) et les magistrales
(37,2%).
66

Les préparations sont exécutées seules ou en association. La répartition est donnée
dans le tableau III.
Tableau III: répartition des officines en fonction du type de préparation exécutée
Préparation
Magistrale
Officinale
MSO
M+O
M+O+MSO
EFF
3
10
0
20
2
%
8,6
28,6
0
57,1
5,7
M= Magistrale; 0= Officinale;
57,1 % des officines exécutaient les préparations officinales et magistrales.
2.2.4 - Profil des préparateurs
Les préparations étaient exécutées par les pharmaciens, les vendeurs et les
magasiniers. La répartition est donnée par la figure 8.
60
50
40
~
CG
li
~ 30
! 20
10
o
PHCIEN
PPHCIE
Vendeur
Magasinier
Figure 8: Répartition des officines selon le profil des préparateurs
67

67, 2% des préparations étaient exécutées par les vendeurs et les magasiniers.
Les pharmaciens avaient déclaré que ces agents ont été initiés à cette tache dans leur
officine.
2.2.5 - Contrôle de qualité des médicaments préparés
Sur les 35 pharmaciens interrogés 10 (29,4%) d'entre eux déclaraient effectuer
un contrôle de qualité des produits qu'ils préparaient. Ce contrôle passait par le respect
des BPPO et le contrôle de l'aspect physique macroscopique et 1'homogénéité.
2.2.6 - Délivrance des préparations magistrales
La délivrance d'une préparation magistrale doit être précédée de son
inscription à l'ordonnancier. Dans notre échantillon seulement une (01) officine soit
2,4% enregistrait ses préparations magistrales qu'elle exécutait conformément à la
législation en vigueur.
2.2.7 - Reconditionnement à l'officine
Dans notre échantillon 100% des officines effectuaient des reconditionnements
de médicaments de forme liquide et solide. Sur le matériel de reconditionnement
(sachets ou flacons) on y trouve le nom de l'officine, la désignation en DCI, le dosage
du produit, la date de péremption. Ces mentions ne sont pas indélébiles.
2.3 - Conseils à l'officine
Dans notre échantillon 100% des pharmaciens déclaraient prodiguer des
conseils aux patients. La plupart du temps ces conseils étaient prodigués en réalité par
les vendeurs non qualifiés. Quelques fois certains clients demandent à voir le
pharmacien lui-même pour les conseils. Mais lorsque les vendeurs se trouvaient dans
68

l'incapacité de conseiller ils faisaient appel au pharmacien s'il est présent. La figure 9
dorme une idée de l'équipe qui conseille dans les officines enquêtées.
90
80
70
60
~
,
50
t:l
GI
~ 40
l 30
20
10
0.....-
PHCIEN
PHCIEN-Vendeur
Vendeur
Equipe Officinale
Figure 9: Répartition des officines selon le personnel qui conseille.
Le conseil était prodigué par le pharmacien seul dans une (01)officine par le
pharmacien et/ou les vendeurs dans 37 officines (880/0) ; par les vendeurs seulement
dans une (01) officine et enfin par toute l'équipe officinale dans 3 officines (7,20/0)
2.3.1 - Types de conseils demandés
3 types de conseils étaient demandés aux pharmaciens.
-
Conseils sur les médicaments. (Indications et schémas thérapeutiques, effets
secondaires et posologie, interactions médicamenteuses... )
-
Conseils sur les mesures hygiéno-diététiques (MHD).
-
Conseils sur les pathologies.
La figure 10 donne le pourcentage de différents types de conseils prodigués par les
pharmaciens.
69

45
40
35
~ 30
i 25
~
~ 20
=
~ 15
10
5
O~-
Médicament
MJID
Pathologie
Figure 10 : Répartition des phannaciens selon le type de conseils prodigués.
Les conseils sur les médicaments étaient les plus demandés (40,5%).
2.3.2 - Classes thérapeutiques les plus conseillées
Les classes thérapeutiques les plus conseillées étaient :
-
les
anti-parasitaires
intestinaux
(19,2%)
constitués
des
benzimîdazolés
(mébendazole, albendazole) et des nitro-5 imidazoles (métronidazole)
-
les antitussifs (16,1%) constitués par les opiacés (codéine) les fluidifiants
bronchiques (carbocysteine, acétylcysteine).
-
les antalgiques (16,90,10) constitués des non-opiacés (paracétamol acide acétyl
salicylique) et les AINS comme l'indique le tableau IV.
70

Tableau IV: les classes thérapeutiques conseillées en officine
AI
A-Palu
ATB
A-tissuf A-intest
Vita
Antal
Dermato
EFF
14
17
14
21
25
10
22
7
%
10,8
13,1
10,8
16,1
19,2
7,7
16,9
5,4
AI= anti-inflammatoire;
A-palu= antipaludiques;
ATB= antibiotique;
A-tissuf=
antitussif; Vita= vitamine; Anta1= antalgique; Dennato= produits dennatologiques.
Les anti parasitaires intestinaux (A. intest) étaient les plus conseillés 19,1%.
2.3.3 - Suivi des patients après conseils
Dans notre échantillon, 19 phannaciens (45,2%) ont affmné suivre leur patient
après conseil. Ils demandaient aux patients de repasser à l'officine pour leur faire le
bilan du conseil. Par contre ils n'enregistraient pas systématiquement les effets
secondaires des produits conseillés.
2.4 - Autres actes exécutés à l'officine
2.4.1 - Prise de la tension artérielle
Elle était effectuée dans 19 officines (45,2%) par les vendeurs avec des
tensiomètres électroniques.
71

2.4.2 - Injection
Seulement une (01) officine déclarait effectuer des administrations intra
musculaires des médicaments.
2.4.3 - Services à domicile
Dans notre échantillon 4 officines (9,5%) effectuaient des services à domicile;
ces services étaient constitués par des prélèvements de produits biologiques pour les
officines ayant un laboratoire (50%), des délivrances des médicaments à domicile et
des prises de tension artérielle (50%). Les prélèvements de produits biologiques étaient
effectués par le personnel du laboratoire.
2.5 - Formation continue de l'équipe officinale
Dans notre étude, 31 pharmaciens (73,8%) ont atirrmé suivre une formation
continue individuelle. Le support de cette formation était en grande partie constitué par
les revues scientifiques et pharmaceutiques, les entretiens et conférences débat comme
indique la figure Il.
72

70
60
so

III
40
Ë

o
!i 30
i.
20
10
o
Revues
Séminaires
Entrétiens
Figure Il : Supports de fonnation des phannaciens.
La répartition des phannaciens en fonction du support de fonnation utilisé est
donné par le tableau V.
Tableau v:. répartition des pharmaciens en fonction du support de formation
continue
REVUES
SEMINAIRES
ENTRETIENS
RSE
EFF
17
2
4
9
%
53,1
6,3
12,5
28,1
RSE= Revues - Séminaires - Entretiens
Les revues étaient les plus utilisées par les phannaciens 53,1%
Les phannaciens ont le devoir de fonner de façon continue les personnes
placées sous leur tutelle technique. Dans notre échantillon, 30 phannaciens, (71,4%)
ont affmné assurer une fonnation continue de leur équipe.
73

Mais sur les 110 vendeurs interrogés, 74 (67,30/0) avaient déclaré bénéficier
d'une formation continue. Elle était dispensée par les pharmaciens (45.4%) mais aussi
les délégués médicaux (54.60/0). Elle n'était pas périodique.
2.6 - Gestionfinancière de l'officine
Dans notre échantillon, 41 (97,6%) des pharmaciens confiaient cette tache à un cabinet
comptable. Un seul pharmacien soit 2,40/0 effectuait lui-même sa gestion financière.
Néanmoins nous avons voulu savoir quels étaient les documents de gestion utilisés.
Nous avons listé un certain nombre de documents d'usage courants.
- Le grand livre qui comprend plusieurs colonnes ou sont ventilés les différentes
opérations fmancières.
• Un compte caisse avec débit et crédit, dans les lequel figurent les entrées et sorties
d'argent" liquide"
• Une colonne recette composée d'une partie "caisse" et d'une partie" hors caisse"
La première correspond à la recette journalière " liquide"
La deuxième correspond à la recette journalière en chèques bancaires, postaux ou tiers
payants.
- Le cahier recettes dépenses où est enregistré quotidiennement les recettes et les
dépenses.
- Le registre des recettes de la salle de vente.
- Le livre de tous les achats.
- Le registre des chèques permettant de suivre les transactions bancaires.
- Le cahier de déclaration de recettes.
- Le cahier de ventes journalières permettant de suivre quotidiennement les quantités
vendues et les recettes.
- Le livre de trésorerie.
- les tickets de vente.
- Le livre de paie des employés.
- Les factures des fournisseurs et celles des clients.
74

3 - RELATION ENTRE LES VARIABLES DE QUALITE
3.1- Dispensation des médicaments
Nous avons voulu savoir s'il existait une relation entre les difficultés que les vendeurs
rencontraient lors de la délivrance et la fonnation continue de ceux-ci; la substitution
à l'officine et enfm la relation entre l'autorisation de substitution et la substitution
proprement dite. Les tableaux VI, VII et VIII montrent la répartition des vendeurs en
fonction de ces entités.
Tableau VI: Répartition des vendeurs rencontrant des difficultés lors de la délivrance
en fonction du suivi d'une formation continue.
DIFFICULTES
LORS
DE
LA
DELIVRANCE DES MEDICAMENTS
FORMATION CONTINUE
OUI
NON
TOTAL
EFFECTIF
%
EFFECTIF
%
Reçue
66
60
8
23,6
74
Non reçue
26
23,6
10
9,1
36
TOTAL
92
18
110
Le test de KHI 2 donne
p=O,02
La fonnation continue reçue par les vendeurs ne diminuait pas le risque de
difficultés lors de la délivrance des médicaments à l'officine. Les résultats sont
statistiquement significatifs.
75

Tableau VII: Répartition des vendeurs substituant les médicaments par rapport au
suivi d'une formation continue.
SUBSTITUTION
FORMATION CONTINUE
OUI
NON
TOTAL
EFFECTIF
%
EFFECTIF
0/0
Reçue
72
65,4
2
1,8
74
Non reçue
28
25,5
8
7,3
36
TOTAL
100
10
110
Le test exact de Fisher donne
p=0,OO2
Les vendeurs qui ont bénéficié d'une fonnation continue substituaient les
médicaments à l'officine. Les résultats sont hautement significatifs.
Tableau VIII: Répartition des vendeurs ayant des connaissances sur l'autorisation de
substituer et l'acte de substitution.
SUBSTITUTION
CONNAISSANCE SUR
OUI
NON
TOTAL
L'AUTORISATION DE
SUBSTITUER
EFFECTIF
%
EFFECTIF
%
Reçue
85
78
15
13,8
100
Non reçue
3
2,7
7
5,5
10
TOTAL
88
22
110
Le test exact de Fisher donne
p=0,001
Les vendeurs qui substituaient les médicaments savaient qu'elle était autorisé à
l'officine. Les résultats sont hautement significatifs.
76

*Durée d'existence de l'officine et délivrance libre des substances vénéneuses.
Tableau IX: Répartition des officines délivrant librement les substances vénéneuses
enfonction de leur durée d'existence.
DELIVRANCE LIBRE DES
SUBSTANCES VENENEUSES
DUREE D'EXISTENCE
OUI
NON
TOTAL
EFFECTIF
%
EFFECTIF
%
0-5 ans
4
9,5
25
59,5
29
6 ans et plus
4
9,5
9
22,5
13
TOTAL
8
34
42
Le test exact de ficher donne
p=0,4.
Il n'y a pas de liaison statistique entre la durée d'existence et la délivrance libre des
substances vénéneuses à l'officine.
* Durée d'existence des officines et enregistrement des substances vénéneuses à
l'ordonnancier (tableau X).
Tableau X: Répartition des officines enregistrant à l 'ordonnancier les substances
vénéneuses enfonction de leur durée d'existence.
ENREGISTREMENT A
L'ORDONNANCIER
DUREE D'EXISTENCE
OUI
NON
TOTAL
EFFECTIF
%
EFFECTIF
%
0-5 ans
4
12,1
12,1
36,4
16
6 ans et plus
4
12,1
13
39,4
17
TOTAL
8
25
33
Le test exact de ficher donne
p = 0,2.
77

Il n'y a pas de liaison statistique entre l'enregistrement à l'ordonnancier et la durée
d'existence des officines.
De même nous avons voulu savoir si les difficultés de gestion de stock des
magasiniers étaient liées à l'absence d'une formation en gestion de stock. Le tableau
XI nous donne la répartition des magasiniers en fonction de cette variable.
Tableau XI: Répartition des magasiniers rencontrant des difficultés en gestion de
stock en fonction de leur formation initiale.
DIFFICULTES GESTION DE STOCK
FORMATION GESTION STOCK
PRESENCE
ABSENCE
TOTAL
EFFECTIF %
EFFECTIF %
OUI
23
60,5
6
15,8
29
NON
5
13
4
10,7
9
TOTAL
28
10
38
Le test exact de Fisher donne
p=0,2
Il n'y a pas de liaison statistique entre les difficultés rencontrées en gestion de stock et
la formation initiale des magasiniers.
3.2 - Préparations officinales
Nous avons voulu savoir s'il existait une relation entre la présence d'un préparatoire et
l'exécution des préparations dans les officines (Tableau XII).
78

Tableau XII: Répartition des officines exécutant les préparations en fonction de
l'existence d'un préparatoire équipé.
PREPARATOIRE
PREPARATIONS
OUI
NON
TOTAL
EFFECTIF
%
EFFECTIF
%
OUI
29
74,4
0
0
29
NON
5
12,8
5
12,8
10
TOTAL
34
5
39
Le test exact de Fisher donne
p=O,OO04
Les officines qui avaient une salle de préparation effectuaient les préparations.
Les résultats sont très hautement significatifs.
3.3 - Formation continue de l'équipe officinale
Tableau XIII: Relation entre formation continue des pharmaciens et celle des
vendeurs.
FORMATION CONTINUE
DU PHARMACIEN
FORMATION CONTINUE DES
OUI
NON
TOTAL
VENDEURS
EFFECTIF
%
EFFECTIF
%
OUI
26
62
4
9,5
30
NON
5
12
7
16,5
12
TOTAL
31
11
42
Le test exact de Fisher donne
p=O,OOS
79

Ces résultats sont hautement significatifs. Les pharmaciens qui se formaient,
assuraient la formation continue de leur personnel. Cette formation se faisait au jour le
jour, selon les cas qui se présentent à l'officine.
4 - OBSTACLES A LA PRATIQUE OFFICINALE
Dans l'objectif d'aider à l'amélioration de la pratique officinale à Ouagadougou, il a
été demandé aux pharmaciens d'identifier les éventuels facteurs d'obstacles. Les
principaux obstacles étaient d'ordre:
* Réglementaire et/ou législatif
- Absence d'Ordre spécifique des pharmaciens pour défendre les intérêts de leurs
membres et pour faire régner l'ordre et la discipline dans la profession.
- Absence ou insuffisance ou non application d'une bonne législation régissant les
différentes professions de santé
- Non application des règles de prescription par les prescripteurs.
- Marché parallèle de médicaments.
*Informationnel
- Manque d'information du public sur le rôle du pharmacien.
- Absence de sensibilisation du public sur les méfaits de l'automédication.
- Difficulté de suivi des patients après conseils à l'officine.
* Organisationnel et administratif
- Rupture de stocks de médicaments chez les grossistes.
- Difficulté de recyclage et/ou de formation continue
- Fiscalité très contraignante.
- Hausse des taxes sur les médicaments entraînant une augmentation du prix des
médicaments surtout les spécialités pharmaceutiques.
80

5 - PROPOSITIONS DES PHARMACIENS POUR AMELIORER LA
PRATIQUE OFFICINALE
- Créer un Ordre spécifique des phannaciens.
- Appliquer les textes réglementaires et législatifs en matière de phannacie et des
autres professions de la santé
- Accroître la capacité humaine et matérielle de l'inspection de phannacies lui
permettant d'être beaucoup plus présente sur le terrain.
- Lutter effectivement contre le marché parallèle de médicaments.
- Former et sensibiliser les prescripteurs sur les règles de prescription.
6 - OPINIONS DES PHARMACIENS QUANT A LEUR PROFESSION.
6.1 - Opinion générale
Parmi les 81% des phannaciens ayant accepté de donner leur opinion, 52,9%
se déclarent satisfaits de leur situation professionnelle, 41,2% se disent peu satisfaits,
les 5,9% pas satisfaits.
6.2 - Opinion sur l'inspection de pharmacie
Sur les 88% des phannaciens ayant donné leur opinion concernant l'inspection
des phannacies, 78,4% trouvent qu'elle ne joue pas son rôle (ou ses missions qui lui
sont assignés) contre 21,6% qui ont une opinion positive.
81

6.3 - Opinion sur le syndicat et l'Ordre unique des médecins, pharmaciens et
chirurgiens dentistes
- Syndicat des phannaciens
Sur 90,5% des phannaciens, 73,7% trouvent que le syndicat défend leurs intérêts
contre 21,3% qui ont une opinion négative.
-
Ordre unique des phannaciens médecins chirurgiens dentistes
Sur 88% des phannaciens, 91,9% affIrment que cet ordre ne fonctionne pas et
82,1% des phannaciens souhaitent la création d'un Ordre séparé de phannaciens pour
mieux défendre les intérêts des phannaciens.
6.4 - Opinion des pharmaciens sur les génériques
100% des officines détiennent et délivrent des génériques, 97,5% des
phannaciens se déclarent favorables à ces médicaments à condition qu'ils soient de
bonne qualité et évoquent comme raison, leurs prix abordables, à la portée des bourses
Burkinabé.
82

VII · DISCUSSION DE L'ETUDE
83

1 - LIMITES ET BIAIS DE L'ETUDE
Il s'agissait d'une étude exhaustive descriptive auprès de toutes les officines
phannaceutiques privées de la ville de Ouagadougou. Nous avons utilisé la liste
officielle des officines de l'année 1998. Elle comportait 57 officines dont 53 étaient
fonctionnelles au moment de l'étude. Nous avons prévu d'exclure les refus de réponses
et les officines sans phannacien au moment de l'étude. Contrairement à nos attentes le
taux de refus a été très élevé: Il directeurs d'officine soit un taux de 20,8%. Parmi ces
phannaciens nous avons enregistré 9 cas de refus et 2 cas d'officine sans phannacien.
En plus il yale refus de certains directeurs d'officine de nous intégrer à leur
équipe officinale. Ces aspects liés à la population d'étude ont pu influencer plus ou
moins nos résultats.
Par ailleurs les informations obtenues à partir des déclarations de l'équipe
officinale ont pu être entachées de subjectivité ou d'imprécisions. Pour parer à cela,
nous avons inclus dans notre méthodologie une observation participante.
Enfm notre étude n'a pas pris en compte l'aspect purement réglementaire de la
pratique phannaceutique car ceci était l'objet d'une thèse en cours.
2 - CARACTERISTIQUES DE L'EQUIPE OFFICINALE
Notre population d'étude était composée de 42 pharmaciens (79,20/0) dont 39
titulaires (92,9%) d'officine, 2 remplaçants et 1 assistant; 110 vendeurs et 39
magasiniers. Les officines employaient en moyenne 6 personnes dont 3 vendeurs
chargés de la délivrance effective des médicaments.
84

2.1- Durée d'exercice professionnel.
Notre étude a révélé que dans la majorité des officines privées de
Ouagadougou, la durée moyenne d'exercice officinal des pharmaciens était faible 5,02
ans. Elle correspond à la durée d'existence de l'officine pour les pharmaciens titulaires
et le pharmacien assistant. La durée d'exercice à l'officine des pharmaciens
remplaçants était de 2 ans. Le remplacement a lieu après le décès du titulaire.
Ainsi les nouvelles officines sont confrontées à un problème d'expérience
professionnelle aussi bien par le pharmacien que par les vendeurs dont l'essentiel de
leurs connaissances sera acquis sur le terrain. Ceci va influencer plus ou moins la
qualité des prestations de service dans ces officines.
2.2 - Qualification du personnel des officines
Notre étude a montré que les officines employaient du personnel non qualifié
qui exécute la plupart des activités réservées au pharmacien ou à un préparateur en
pharmacie seul habilité à seconder le pharmacien. Cette déqualification du personnel
des officines a été constatée en 1997 par N'ZEUSSEU au Mali [15] et par OLIVIER
en 1995 en France [17]. Elle conduit alors à une dépréciation importante du service en
pharmacie d'officine. Cette dépréciation de la qualification du personnel dans les
pharmacies nous parait dangereuse en terme de santé publique dont la responsabilité
revient au pharmacien.
Par contre les vendeurs ont un niveau d'instruction acceptable, 77,1% avait un
niveau BEPC des lycées et collèges. Cependant la formation initiale reçue par ces
vendeurs s'avère très insuffisante voire même insignifiante (3 à 6 mois de stage
officinal) et ne leur permet pas d'exécuter convenablement l'ensemble des taches qui
leur sont confiées. Il revient alors aux pharmaciens d'officine de renforcer la formation
initiale de ces vendeurs.
85

2.3 - Formation continue de l'équipe officinale
2.3.1 - Pharmaciens
Notre étude a révélé que tous les phannaciens étaient conscients de la
nécessité de se fonner tout au long de leur exercice professionnel. Mais si le résultat de
cette étude est encourageant, les obstacles à la fonnation continue des phannaciens au
Burkina Faso sont réels: absence de structures et de programme de fonnation continue
et difficultés économiques de certaines officines. Ainsi 53,1% des phannaciens se
contentent des revues scientifiques et phannaceutiques pour assurer un minimum de
fonnation
continue
individuelle
du
fait
de
l'évolution
rapide
du
secteur
phannaceutique. Ces résultats sont comparables à ceux trouvés par ELISA en qui
trouvait un taux de 55% [6].
Aussi l'existence d'une structure nationale chargée de la fonnation continue
des phannaciens d'officine serait pertinente dans la mesure où les programmes seront
adaptés au contexte du pays d'exercice.
2.3.2 - Personnel
Aucune officine n'avait un système de fonnation continue bien structuré et
périodique pour son personnel; leur fonnation continue se faisait occasionnellement
en fonction des situations qui se présentaient à l'officine. En effet 67,3% des vendeurs
ont affirmé bénéficier d'une fonnation continue dont l'essentiel était donné par les
délégués médicaux. Cette fonnation continue dispensée par ces derniers doit être prise
avec réserve car elle peut avoir un caractère purement commercial. Il revient alors aux
phannaciens d'assurer la fonnation initiale et continue des vendeurs d'officine pour les
rendre aptes à exécuter les activités de l'officine. Il leur faut aussi assurer la
supervISion de leur personnel. Mais pour être véritablement fonnatrice cette
supervISion doit porter sur la surveillance et la critique des différents actes
phannaceutiques
exécutés
à
l'officine
(dispensation,
préparations,
marketing,
86

conseils). Elle doit se faire avec l'appui documentaire adéquat sur le médicament,
l'infonnation et l'éducation du malade et sur l'usage rationnel des médicaments.
3 - ACTES EXECUTES A L'OFFICINE
3.1 - Approvisionnement
76,2% des officines opèrent leurs commandes directement auprès des
grossistes nationaux privés (SONAPHARM, COPHADIS, LABOREX). Ce résultat est
supérieur à celui de SAVADOGO [21] qui trouvait un taux de 16,7% en 1990. Cette
différence pourrait s'expliquer par la libéralisation du secteur phannaceutique et la
multiplication des grossistes nationaux. Les commandes des médicaments non inscrits
sur la nomenclature nationale, les produits en rupture chez les grossistes et de quelques
matériels médico-chirurgicaux étaient effectuées directement auprès des laboratoires
phannaceutiques étrangers ou par l'intennédiaire des grossistes qui passent la
commande. Pour les médicaments non enregistrés à la nomenclature nationale, la
commande se fait après autorisation de la DSPh.
Le secteur phannaceutique burkinabé est constitué par les importations. La
production nationale est très insignifiante et est constituée par les solutés et certaines
solutions antiseptiques (alcool). Ceci pourrait s'expliquer par l'absence d'une politique
phannaceutique nationale cohérente. Ce même constat a été fait par l'OMS dans de
nombreux pays de l'Afrique subsaharienne en 1996 [10].
87

3.2 - Gestion de stock des médicaments
3.2.1 Rangement pour psychotropes
Notre étude a révélé que les psychotropes n'étaient pas stockés confonnément
à la législation en vigueur au Burkina Faso. En effet seulement 23,8% des officines
avaient un rangement particulier pour les psychotropes. Ces produits devraient être
stockés dans des armoires fennées à clef et détenue par le pharmacien. Mais nous
avons constaté que rare d'officine utilisait une armoire à clef pour ranger ces produits,
ils étaient rangés sur une étagère séparée. Il s'ensuit que leur délivrance ne serait pas
toujours contrôlée par le pharmacien.
3.2.2 Rangement pour produits thermolabiles
Les produits thennolabiles sont conservés dans toutes les officines dans des
réfrigérateurs qui fonctionnent en pennanence mais les données sur les températures ne
sont pas toujours respectées.
En effet ces produits thennolabiles (vaccins et sérwns) doivent être conservés
à une température comprise entre +2 à +8°C dans des réfrigérateurs. La rupture de
cette chaîne de froid va entraîner une détérioration du principe actif de ces produits,
entraînant ainsi des inactivités ou des échecs thérapeutiques.
3.2.3 - Outils de gestion
Les outils de gestion étaient présents dans toutes les officines, mais le plus
utilisé était la fiche de stock. En effet ces fiches n'étaient pas toujours à jour dans
43,8% des officines. Cet état de fait se rencontrait le plus souvent pendant les périodes
de garde où le personnel est insuffisant. Le personnel chargé de cette activité (le
magasinier) était inséré dans l'équipe chargée de la délivrance des médicaments.
88

Les magasUllers ont affirmé que les fiches
étaient remIses
à JOur
immédiatement après les périodes de gardes.
3.3 - Dispensation des médicaments à l'officine
La dispensation des médicaments à l'officine implique la délivrance puis les
conseils d'usage du médicament. Hélas dans notre échantillon d'étude la dispensation
se résumait à la remise du médicament au porteur de l'ordonnance. Cette délivrance est
effectuée par un personnel non qualifié très souvent laissé sans une bonne formation
initiale ni une formation continue proprement dite. Ces vendeurs d'officine ignoraient
ou n'appliquaient pas la réglementation en matière de délivrance de médicament, ce
qui constitue un véritable problème de santé publique.
3.3.1 - Ordonnancier et enregistrement des substances vénéneuses.
Notre étude a montré que 78,6% des officines avait un ordonnancier. Ce
document réglementaire obligatoire pour le pharmacien d'officine est utilisé pour la
transcription des ordonnances des préparations magistrales et de
substances
vénéneuses délivrées en nature ou sous formes spécialisées.
En effet parmi les officines qui avaient un ordonnancier, seulement 24,2%
enregistraient quelques substances vénéneuses dont les plus importantes étaient les
psychotropes.
Ce
faible
taux
d'enregistrements
des
psychotropes
pourraient
s'expliquer par l'absence de rigueur dans l'application de la législation sur ces
produits. Elle pourrait être à l'origine de leur libre délivrance.
3.3.2 - Délivrance libre des substances vénéneuses
Notre étude a révélé que dans 80,5% des officines, les substances vénéneuses
et pire certains psychotropes étaient délivrés souvent sans ordonnance médicale
89

confonne et quelques fois même sans ordonnance, à la seille demande du client. Ce
même constat a été fait par l'OMS lors une étude en 1996 auprès de 137 officines de
l'Afrique subsahérienne [10].et par SANOU à Ouagadougou en 1995 [10].
Cette libre délivrance pourrait avoir une répercussion dommageable sur la
santé publique par le développement de l'automédication accrue et surtout
de la
toxicomanie.
La libre délivrance de cette catégorie de médicaments est préjudiciable à
l'ensemble du système sanitaire car des études ont montré que plus de la moitié des
ordonnances prescrites à Ouagadougou n'étaient pas confonnes [8] ; ce qui rend très
difficile l'application des règles de délivrance des médicaments à l'officine. Ainsi les
pharmaciens ne peuvent plus jouer leur rôle et deviennent des distributeurs passifs de
médicaments.
De plus l'absence de solidarité d'action dans l'application de la législation, le
risque de perdre certains clients et la méconnaissance ou la négligence de la législation
par les vendeurs d'officine entretient ce fléau. Il s'impose alors une application stricte
de la réglementation sur la prescription et la délivrance de ces médicaments.
3.3.3 - Demande de prescription en officine.
Notre étude a montré que dans toutes les officines, les conseils étaient
prodigués la plus part du temps par les vendeurs qui n'avaient aucune notion de
sémiologie, de physiopathologie ni de pharmacologie. Ce même constat a été fait par
l'OMS lors d'une étude réalisée en Afrique subsaharienne auprès de 137 officines et
Il dépôts [10].
En effet ces vendeurs non qualifiés ne pouvaient que donner des conseils peu
professionnels guidés souvent par la recherche du bénéfice fmancier et influencés
fortement par les visiteurs médicaux. Ces vendeurs posent très rarement des questions
pour ajuster leurs conseils et proposent rarement aux clients d'aller en consultation.
90

Ce rôle de conseiller sanitaire doit être du ressort du pharmacien qui a reçu
une fonnation suffisante pour cela.
3.3.4 - Classes thérapeutiques conseillées
Les classes thérapeutiques conseillées étaient donûnées par les antiparasitaires
intestinaux, les antitussifs, les antipaludéens, les antalgiques, les anti-inflammatoires,
les antibiotiques, les vitamines et quelques fois les produits dennatologiques.
La prescription des trois premières classes thérapeutiques pourrait être justifiée
par le fait que l'enquête coïncidait avec une période qui correspond à un pic au niveau
de la fréquence des parasitoses intestinales, des infections respiratoires et des accès
palustres. Quant aux anti-inflammatoires et antalgiques leur prescription semble être
justifiée dans la mesure où ces produits sont utilisés en traitement symptomatique en
attendant une éventuelle consultation médicale.
3.3.5 - Substitution des génériques à l'officine
Notre étude a révélé que cet acte était encore exécuté par les vendeurs qui ne
maîtrisaient pas les notions de bio équivalences et pire n'avaient pas de support de
substitution. En effet selon la législation en vigueur au Burkina Faso, seul le
pharmacien par la fonnation qu'il a reçu est habilité à choisir et à dispenser un
générique à la place du médicament prescrit par le médecin.
Il faut noter que les prescripteurs constituent urt frein à la substitution des
médicaments car ils ne prescrivent pas chaque fois en Del et pire ils n'acceptent pas
les équivalents et ce sous l'influence des délégués médicaux. Or cette substitution si
elle était effectuée par les pharmaciens eux-mêmes ou sous leur supervision pourrait
rendre service à tout le monde aux prescripteurs en lui faisant gagner du temps et au
pharmacien en revalorisant encore sa profession.
91

3.4 - Préparations à l'officine
3.4.1 - Exécution des préparations
Les préparations officinales occupent aujourd'hui une place très réduite panni
les actes phannaceutiques de l'officine. En effet notre étude indique que les
préparations sont exécutées par 83,3% des officines. Les préparations magistrales
proprement dites étaient faiblement exécutées. Ce faible taux d'exécution pourrait
s'expliquer par le fait que la plupart de ces produits sont maintenant fabriqués en
milieu industriel. Les phannaciens préfèrent s'approvisionner auprès des grossistes
puis se contenter de les reconditionner. Il en est de même pour les préparations
officinales.
3.4.2 - Présence d'un préparatoire
La plupart des officines n'avaient pas de salle de préparation proprement dite
et lorsqu'elle existait, elle ne respectait pas les nonnes indiquées par les BPPO et
n'était pas toujours équipée. En effet dans certaines officines les préparations étaient
exécutées dans le magasin de stockage ou dans un couloir ou un petit coin de
l'officine. Toute chose propre à favoriser une influence négative sur la qualité des
produits qui y seront préparés.
3.4.3 - Préparations exécutées
Les préparations étaient exécutées effectivement par les vendeurs (51,5%) et
les magasiniers (15,7%) des officines qui n'étaient pas qualifiés pour cet acte. En effet
les préparations doivent être effectuées par le phannacien ou sous le contrôle effectif
de celui-ci, par un préparateur en phannacie seul autorisé à seconder le phannacien
dans cette tâche, ou un étudiant en phannacie à partir de la troisième année d'études.
92

3.5 -Autres actes exécutés à l'officine
3.5.1 - Prise de tension artérielle (T.A)
La prise de tension artérielle est un acte médical dont le phannacien doit
s'abstenir d'exécuter. Mais de nos jours les phannaciens d'officines disposent
d'appareils automatiques grâce auxquels les clients peuvent avoir une idée de leur
tension artérielle prise au bras. En effet dans notre étude 45,2% des officines disposent
de ces appareils pour les prises de tension artérielle.
En fait les résultats de ces prises doivent être confInnés au cours d'une visite
médicale car ces appareils automatiques ne sont pas appropriés pour les actes, de plus
les conditions de la prise de TA ne sont pas toujours respectées. Elles étaient
effectuées par du personnel non qualifIé.
3.5.2 - Injection et prélèvements sanguins.
Le prélèvement sanguin à la veine est un acte autorisé par les phannaciens
directeurs de laboratoires d'analyse médicale. Dans notre étude 2 phannaciens
affmnaient effectuer des prélèvements pour laboratoires.. Mais cet acte était effectué
par le personnel du laboratoire qui diffère de celui de l'officine.
Les injections étaient effectuées dans une officine. En effet le phannacien
peut-être amené à exécuter cet acte à la demande du malade qui n'aurait pas la
possibilité d'avoir une personne diplômée pour le faire, mais à Ouagadougou ce n'est
pas le cas. Les injections doivent être pour les phannaciens avant tout un acte de
secounsme.
93

VIII - CONCLUSION DE L'ETUDE
94

Notre étude ayant porté sur la pratique officinale dans 42 officines de la ville de
Ouagadougou avait pour but d'étudier les caractéristiques de l'équipe officinale, les
différents actes officinaux exécutés dans ces officines ainsi que les contraintes liées à
cette pratique.
Il ressort de notre étude les conclusions suivantes :
• Le secteur pharmaceutique privé de Ouagadougou est un secteur très jeune qui à
connu un essor rapide, 92,9% des officines n'ont pas plus de 10 ans d'existence.
La majorité des pharmaciens sont propriétaires de leur officine (92,9%). Ils sont
constitués en majorité de femmes (54,8%).
• Le personnel des officines privées n'a pas les qualifications requises. Ces officines
comprennent en moyenne 6 personnes dont au moins un pharmacien; 3 vendeurs
titulaires qui exécutent presque toutes les activités de l'officine.
• La dispensation et les préparations de médicaments sont les principales activités des
officines de Ouagadougou. Mais ces activités ne sont pas toujours exécutées dans le
respect des dispositions légales en vigueur. Ainsi le stockage, le suivi des stocks et la
délivrance des substances vénéneuses ne suivent pas la réglementation. De même les
outils de gestion des médicaments ne sont pas toujours à jour dans les officines
(43,8%).
• Les contraintes qui minent la pratique officinale au Burkina Faso sont entre autres:
l'absence et la non application d'une bonne législation sanitaire, l'absence d'Ordre des
pharmaciens pour réglementer la profession ; les contraintes matérielles,fmancières et
fiscales, les problèmes de formation et de recyclage de l'équipe officinale.
95

IX-ltECeMMANDATIONS
....

Au tenne de notre étude nous fonnulons les recommandations suivantes en vue
d'aider à améliorer la pratique officinale dans la ville de Ouagadougou et au Burkina
Faso de façon générale.
1 - AU MINISTERE DE LA SANTE
-
Accroître les compétences institutionnelles, matérielles et fmancières de l'IGESS et
de la DSPh.
-
Appuyer l'inspection par décentralisation et délégation de missions à un réseau de
professionnels compétents . -
-
Mettre en place des différents textes d'application du Code de Santé Publique et
appliquer la réglementation au sein des différentes professions de la santé.
2 - A LA DIRECTION DES SERVICES PHARMACEUTIQUES
-
Réadapter les textes réglementaires et législatifs en matière de pharmacie et du
médicament et en assurer leur application.
3 - A l'INSPECTION GENERALE DES ETABLISSEMENTS ET SERVICES
DE SANTE
Etre plus fréquente sur le terrain afin de faire appliquer la législation tant dans
les officines, les dépôts, les cabinets de soins et chez les grossistes répartiteurs.
4 - AUX PHARMACIENS D'OFFICINE
-
Etre plus présents dans leurs officines et au comptoir pour recevoir les malades et
pour superviser les différents actes pharmaceutiques posés par leurs collaborateurs
ou à défaut de se faire assister .
97

-
Assurer la fonnation et le recyclage du personnel de l'officine afm d'améliorer
leurs connaissances.
Oeuvrer à la création de l'Ordre des phannaciens.
5-AUX VENDEURS
-
Appliquer les règles élémentaires législatives lors de la dispensation des
médicaments à l'officine.
6 - AUX PRESCRIPTEURS
-
Améliorer leurs pratiques de prescription.
-
Prescrire en Del si possible pour faciliter la substitution.
7 - AUX AUTORITES POLITIQUES ET ADMINISTRATIVES.
-
Apporter Wl appm plus conséquent à la lutte contre le marché illicite de
médicaments.
-
Sensibiliser, infonner et éduquer la population sur les méfaits de l'automédication.
8 -AUX CONSOMMATEURS
-
Avoir confiance aux médicaments vendus à l'officine.
-
Ne pas hésiter de demander conseils aux phannaciens.
98

X-REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

1 - AICHE Jl\\J,AICHE S,RENOUX R.
Initiation à la cOlU1aissance des médicaments
Masson 2° éd. Paris 1995:270-S0.
2 - ASSEMBLÉE DES DÉPUTES DU PEUPLE
Loi n024/94/ADP pOliant Code de santé publique
ADP. Burkina Faso 1994 :7Sp.
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Conseils à l'officine.
Masson 2° éd Paris 1996:257p.
4 - DIRECTION DES SERVICES PHARMACEUTIQUES
Cours de gestion des dépôts pharmaceutiques du Zoundwéogo Ouaga 1995: 130p.
5 - DISTIPHAR-SPID
Délivrance active :21 p.
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Manuel du préparateur en phalmacie à l'usage des élèves - préparateurs, préparateurs et des
étudiants stagiaires en phaImacie.
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Le secteur phalmaceutique privé commercial en Afrique.
Collection Rapp0l1 d'Etude 1996: 15-56.
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Décret n097-049IPRES/PMIMS p0l1ant code de déontologiè des phannaciens du Burkina
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ivlasson 6°éd. Paris 1984 :47-56.
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Dioulasso.
Thèse méd. Ouagadougou 1993 ;N° 1J :95p.


ANNEXE 1
ENQUETE SUR LA PRATIQUE OFFICINALE
(
DANS LA VILLE DE OUAGADOUGOU
FICHE D'ENQUETE DESTINEE ÀU PHARMACIEN
Date de l'enquête
\\
\\
\\
\\
\\
\\
N° phannacie
.
JJ
MM
AA
Date d'ouverture
\\
\\
\\
\\
\\
\\
Secteur
.
JJ
MM
AA
APPROVISIONNEMENT - DISTRIBUTIONS
1 - Quelles sont vos principaux types de structures d'approvisionnement
Grossistes:
Nationaux
LI
Etrangers
1:1
Laboratoire phannaceutique étranger
1:1
Central d'achat
1:1
2 - Quels sont les médicaments commandés par votre officine
Médicaments Génériques LI Spécialités phannaceutiques 1:1
Médicaments inscrits à la nomenclature nationale
1:1
Médicaments non listés
1:1
A
"
.
utres a precIser
.
3 - Qui initie les commandes de médicaments dans votre officine
Phannacien CI
Magasinier 1:1
'
,.
Autre a precIser
.
4 - Quels sont les différents clients de l'officine :
Public CI
institutions morales CI
dépôts de médicaments CI
Etablissements sanitaires CI
5 - Quel est le devenir des produits périmés

2
PREPARATIONS PHARMACEUTIQUES
1 - Exécutez-vous des préparations à l'officine?
OUI
0
NON 0
2 - Si oui:
Préparations magistrales 0
Préparations officinales 0
Médicaments spécialisés de l'officine Cl
Autres
..
3 - Avez-vous une salle de préparation ?
OUI
0
NON 0
4 - Qui exécute les préparations ?
Le phannacien 0
Préparateur en phannacie 0
- Agents initiés aux préparations (vendeurs)
0
- Autre
.
5 - Quels sont les documents que vous utilisez pour ces préparations
Codex ou phannacopée Cl
Formulaire national 0
Manuel du préparateur Cl
L'officine Dorvault 0
'
,.
A tr
u es a precIser
.
6 -Faites-vous un contrôle de qualité des produits préparés?
OUI
0
NON 0
CONSEIL A L'OFFICINE
1 - Prodiguez- vous des conseils à l'officine ?
OUI
Cl
NON Ll
2 - Si OUI, portent-ils sur:
Médicaments IJ
Mesures d'hygièno diététiques Ll
Pathologies Ll
3 - Citez quatre classes thérapeutiques les plus conseillées
1
..
2
..
3
.
4
.
4 - Suivez-vous vos patients après conseils à l'officine?
OUI
IJ
NON Ll

3
5 - Si OUI, Comment procédez-vous?
6 - Effectuez-vous des services à domiciles?
OUI 0
NONO
7 - Si OUI, Quel genre?
8 - Exécutez-vous des actes ci-dessous à l'officine?
Injections 0
Pansements 0
Vaccination LI
Prise de la tension artérielle
0
FORMATION CONTINUE
1 - Suivez-vous une formation pharmaceutique continue?
OUI
0
NON 0
2 - Si OUI, comment faites-vous?
Revues LI Séminaires 0
Entretiens 1:1
A
"
.
utres a precIser
.
3 - Quel est le profil de qualification de l'équipe officinale
Niveau d'instruction
Effectif
Qualification
4 - Votre équipe officinale reçoit-elle à son tour une formation continue?
OUI
0
NONO
5· Si OUI:
Par qui
.
Quelles sont les modalités de formation
.
6 - Citez les documents utilisés pour la formation de votre équipe officinale :

4
GESTION FINANCIERE ET DE STOCK
1 - Citez les outils de gestion utilisés pour la gestion fmanCière dans votre officine :
2 - Comment s'effectue le règlement des factures de vos commandes
ComptantO A tenneO
En espèceO
Par cheque bancaire 0
Autres
.
3 - Comment faites-vous le bilan annuel de votre officine
Par un cabinet comptable
0
Vous même 0
4 - Citez les docwnents de gestion de vos médicaments
5 - Où sont stockés vos médicaments
• Annoires
0
Etagères
o Cartons
o
6 - Qui fixe les heures d'ouverture et de garde des officines?
OPINIONS DES PHARMACIENS SUR LEUR PROFESSION
1 - Quelles sont vos opinions sur :
0+ Vos installations :
Satisfaisant0
Peu satisfaisantO
Pas satisfaisantO
0+ Inspection de l'officine:
Pensez-vous que l'inspection des phannacies joue bien son rôle
OUI 0
NONO
Si NON que suggérez-vous?
0+ Syndicat et l'ordre national des phannaciens
Estimez-vous que le syndicat joue pleinement son rôle
OUI 0
NONO

5
Si NON que suggérez-vous?
........................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
Estimez-vous que l'ordre joue bien son rôle?
OUI 0
NONO
Si NON quelles sont vos suggestions.
Etes-vous favorables aux médicaments génériques?
OUI 0
NONO
Si OUI pour quoi ?
Quels sont les problèmes que vous rencontrez dans l'exercice de votre profession et les
suggestions pour y remédier?

FICHE VENDEURS
Date de l'enquête
\\
\\
\\
\\
\\
\\
N° phannacie.......
JJ
MM
AA
Date d'ouverture
\\
\\
\\
\\
\\
\\
JJ
MM
AA
Secteur
.
Qualification
..
DELIVRANCE DES MEDICAMENTS
1 - Comment procédez-vous pour délivrer les médicaments à l'officine
Uniquement sur ordonnance 0
Sur ordonnance 0
Sans ordonnance 0
Sur conseils 0
2- Rencontrez-vous des obstacles liées à cette délivrance
OUI
0
NONO
3 - Si oui, à qui referez-vous?
4 -Enregistrez-vous à l'ordonnancier tous les médicaments délivrés?
OUI
0
NONO
5 - Si NON lesquels enregistrez-vous
..
6 - Exigez-vous chaque fois une ordonnance médicale pour la délivrance des
médicaments?
OUI
0
NONO
7 - Si non ,dans quels cas
- Produits de la liste 1 (tableau A) 0
- Produits de la liste II (tableau C) C]
- Produits hors listes (produits de première nécessité) C]
8 - Conseillez-vous des médicaments aux patients qui se présentent à l'officine?
OUI
0
NONO

9 - Si oui, qui les conseillent :
Phannacien
LI
Vendeur LI Phannacien ou/et vendeur LI
10 - Substituez-vous les médicaments par les équivalents (génériques par spécialités).
OUI
LI
NON LI
Il - Si OUI, êtes vous autorisé à le faire?
OUI LI
NON LI
12 - Recevez-vous dans votre officine une fonnation continue?
OUI
LI
NON LI
"
.
S1 om, par qm
.
13 - Comment reconnaissez-vous les substances:
Dangereuses
.
Toxiques
.
Stupéfiants
.
14 - Quels sont les types de médicaments enregistrés à l'ordonnancier

FICHE MAGASINIER
15 - Avez-vous reçu une fonnation pour la gestion de stock en officine?
OUI
0
NONO
16 - quel type de gestion de médicaments faites-vous?
Manuelle 0
infonnatique 0
Mixte 0
17 - Si manuelle, citez les documents utilisés
18 - Rencontrez-vous des difficultés liées à la gestion de stock des médicaments
en officines
OUI
0
NONO
19 - Citez les équipements utilisés pour le rangement des médicaments dans le magasin
Etagère 0 Annoire 0
Carton 0
20 - Quel est le type de rangement utilisé au magasin et dans la salle de vente
Magasin
.
Salle de vente
..
21 - Avez-vous des rangements particuliers dans votre officine pour :
Médicaments thennolabiles (vaccins et sérums)
OUIO
NONO
Psychotropes
OUIO
NONO

FICHE D'OBSERVAnON
Date de l'enquête
\\
\\
\\
\\
\\
\\
N° phannacie
JJ
MM
AA
Date d'ouverture
\\
\\
\\
\\
\\
\\
JJ
MM
AA
Secteur
...........................................................
A - DANS LES OFFICINES PHARMACEUTIQUES DE OUAGADOUGOU
Bon
Passable
Mauvais
1 - Accueil
Cl
Cl
Cl
2 - Propreté des lieux
Cl
Cl
Cl
3 - Qualité des prestations
Cl
Cl
Cl
B - DELIVRANCE DES MEDICAMENTS A L'OFFICINE
1 - Délivrance libre des médicaments inscrits sur les listes 1 et II
Uniquement sur ordonnance
Cl
Fréquemment sans ordonnance Cl
Souvent sans ordonnance
Cl
2 - Présence à 1officine d'un ordonnancier
OUI
Cl
NON Cl
3 - Enregistrement des médicaments dans l'ordonnancier conformément à la
législation.
OUI
Cl
NON Cl
4 - Si NON, date du dernier remplissage
\\
\\
\\
\\
\\
\\
JJ
MM
AA
5 - Présence du phannacien au comptoir :
Très fréquemment
Cl
Fréquemment Cl
Assez fréquemment Cl
Jamais Cl
6 - Si non, combien de fois par jour
par sematlle
..

C - STOCKAGE ET CONSERVATION DE PRODUITS
Bon
Passable
Mauvais
1 - Stockage
Ll
Ll
o
2 - Conservation
Ll
o
Cl
3 - Rangement particulier pour :
- Psychotropes
OUI Ll NON 0
- Produits thennolabiles OUI Ll
NONLl
4 - Fiches de stock à jour OUI
Ll
NON Ll
5 - Produits périmés dans les rayons
OUI 0
NONO
D - PREPARATIONS A L'OFFICINE
1 - Existence d'une salle de préparation équipée OUI 0
NON Ll
2 - Exécution des préparations :
- Phannacien
Cl
- Préparateurs en phannacie
• Autres
E - CONSEILS A L'OFFICINE
Les conseils sont prodigués par :
- Phannacien
Ll
- Vendeurs
Ll
- Autres

Onnexe. g
MINISTERE DE LA SANTE
BURKINA FASO
CABINET DU MINISTRE
Unitè - Progrès- Justice
INSPECTION GENERALE
DES ETABLISSEMENTS ET
SERVICES DE SANTE
OUAGADOUGOU,le
COUVERTURE DE OUAGADOUGOU
EN OFFICINES PHARMACEUTIQUES AU 07-5-99
SECTEURS
PHARMACIES
ANNEE.
EMPLACEMENT
AUTORISATION
1.
Diawara
1968
Nord
Cathédrale
1995
Sud-Ouest
2.
Bethania
1991
Nord
3.
Keneya**
1983
Sud
Liberté
1987
Nord-est
Savane
1989
Nord-ouest
Yobi
1995
Est
Poste
1995*
Centre-Ouest
Centre
1995
Ouest
Gare
1998
Centre - Ouest
Rood-wooko
1998
Sud
4.
Nouvelle
1972
Sud-ouest
Sud
1978
Sud-est
Paix
1981
Centre-Sud
Indépendance
1995*
Centre-Est
Sahel
1995*
Sud
Hôpital
1995
Est
Concorde
1995
Sud-Est
. Koulouba
1998
Nord-ouest
5.
Benkadi
1992
Centre-Nord
Kadiogo
1995
Nord-Est
Aéroport
1995
Sud
6.
MaiQnon
1988
Centre-ouest
7.
Siloé
1992
Nord-Est
Hèera
1994
Nord-Ouest
8.
Kamin
1981
Centre-Nord
Sacré-coeur
1998
Sud Est
1

SECTEURS
PHARMACIES
ANNEE
EMPLACEMENT
AUTORISATION
9.
Carrefour
1992
Sud-Est
Maré
1994
Centre-Nord
Rivage
1995
Sud-Ouest
10.
Espoir
1990
Centre-Est
Jeunesse
1991
Sud-Ouest
Wend-Lamita
1994
Centre-Sud
11.
Wend-Denda
1989
Sud-Est
Vidal
1992
Sud-Ouept
Providence
1995'
Centre-Ouest
12.
Tibo"
1980
Sud-Ouest
Ecoles
1992
Sud-Est
St Lazare
1992
Centre-Sud
13.
Talba
1990
Centre-Sud
Teranga
1997
Centre
Natilge
1997
Centre-Est
14.
Avenir
1990
Nord-Est
Dunia
1990
Nord-Est
15.
Kaboré Dominique
1989
Centre-Nord
Faso
1995
Sud
16.
Amitié
1990
Centre-Est
St Julien
1994
Nord-Est
17.
Progrès
1990
Nord-Ouest
Goulmou
1994
Centre-Est
Kabré Halidou"
1998
20.
SiQnoQhin
1997
Centre-Nord
22.
Ar-rahma
1997
Sud-Est
23.
Meteba
1997
Est
24.
Naaba-Koom
1991
Sud-Est
28.
Fraternité
1990
Centre-nord
Sotissé
1996
Nord
Jourdain
1998
Sud
. Saint Camille
1998
Centre-sud
.Thiombiano"
1998
29.
Wend-Kuuni
1991
Centre-Nord
30.
Yennenga
1994
Nord-Est
.Manegda
1997
Ouest
·Ouedraoao ROQer
1998
Centre-est
officLoua
N.B: • Les secteurs 18, 19,21, 25, 26, 27 n'abritent aucune officine;
- Total. 64 officines dont 6 non ouvertes au public;
, Année de transfert ;
., Officines non ouvertes ( en difficultés: 1 : en projet: 5 ).
Remarque: La quasi-totalité des officines sont excentrées par rapport à leur secteur d'implantation

Annexe 3
LISTE DES OPFFICINES D'ENQUÊTE
1 AEROPORT
22METEBA
2 AMITIE
23 NAABA KOOM
3 AR-RAHMA
24 NOUVELLE
4 AVENIR
25 POSTE
5BETHANIA
26PROGRES
6 CATHEDRALE
27 PROVIDENCE
7 CENTRE
28 RIVAGE
8CONCORDE .
29 SACRE COEUR
9 DUNIA
30 SAHEL
10 ECOLES
31 SAINT-JULIEN
11 ESPOIR
32 SAINT-LAZARE
12 FASO
33 SIG-NOGHIN
13 FRATERNITE
34 SILOE
14 GARE
35 SOTISSE
15GOULMOU
36 SUD
16HEERA
37TALBA
17 INDEPENDANCE
38 TERANGA
18 JEUNESSE
39 VIDAL
19KAMIN
40 WEND-KUUNI
20MAIGNON
41 WEND-LAMITA
21 MARE
42YENNENGA

UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU
Ouagadougou, le
Faculté des Sciences de la Santé (F .S.S)
Professeur 1. Pierre GUISSOU
Labo-Toxicologie/Pharmacologie
Laboratoire de Chimie Biologie
Centre Hospitalier National
Yalgado Ouédraogo (CHN-YO)
A
Monsieur le Directeur
de la Pharmacie
.
Monsieur le Directeur,
Dans le cadre d'une thèse pour l'obtention du Doctorat d'Etat en Pharmacie, nous
encadrons l'étudiant NAO Nédié de la 6ème Année de Pharmacie, pour un travail d'étude sur
"la pratique pharmaceutique dans les officines phannaceutiques de la ville de Ouagadougou" .
L'objectif de ce travail est de mener une enquête sur les différentes pratiques
techniques réalisées en officine.
L'atteinte de cet objectif contribuera à l'identification des difficultés de la pratique
officinale et dégagera des solutions exploitables pour les lever.
Aussi, nous vous prions, Monsieur le Directeur, de bien vouloir accorder l'accès de
votre officine à notre étudiant dans le cadre de ces enquêtes.
Tout en sachant compter l'intérêt que vous porterez à ce travail, nous vous prions,
Monsieur le Directeur, de bien vouloir agréer, nos sentiments-(~s~tueux.
/<,~i
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-', .'~ ':.,.---.,.-. -~- - ,~_.~
...... ."
~,
.~.,

Année universitaire 1998-1999
TITRE
Etude des actes phannaceutiques au Burkina Faso: évaluation dans les officines
privées de Ouagadougou
RESUME
Mm d'identifier l'effectif, la qualification de l'équipe officinale, les actes
phannaceutiques de l'officine et les contraintes de la pratique officinale, une étude
exhaustive de type descriptive à visée exploratrice a porté sur l'équipe officinale de 42
officines privées de Ouagadougou.
La collecte des données a duré du 20 août au 31 décembre 1998.Elle a consisté à
une administration de questionnaires et une interview et complétée une observation
participante de diverses activités de l'officine.
Les officines employaient en moyenne 6 personnes dont au moms un
phannacien. Le personnel des officines n'avait pas les qualifications requises, il avait
en majorité un niveau BEPC (77,1%) des vendeurs et (54,3 %)des magasiniers
Les principales activités des officines étaient :
-
la dispensation des médicaments ;
-
les préparations officinales des médicaments dans 83,3% des officines;
-
les conseils ;
-
les prises de tension artérielle dans 45,2% des officines.
Les contraintes liées à la pratique étaient multiples et pourraient s'expliquer par
l'absence d'organisation capable de réglementer la profession et la non application des
textes réglementaires.
Une bonne observance de la législation sanitaire en vigueur, la formation et le
recyclage du personnel des officines, la mise en place d'un Ordre des phannaciens
permettront d'améliorer la pratique officinale au Burkina Faso.
Mots clés :actes pharmaceutiques, pratique officinale, officines privées, Burkina Faso.
lAuteur : NAO Nédié -Université de Ouagadougou (F.S.S~
/03 BP 7021 Oua~adou~ou 03 Burkiria Faso!

UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU
FACULTE DES SCIENCES DE LA SANTE
SERMENT DE GAL'EN
Je jure} en présence aes maîtres cre Ca PacuCté} aes c01tsei{fers ae COrare
aes pfiannaciens et tie mes cond"iscipfes:
(j)Jfionorer ceu:equi ont instruit tians {es préceptes ae mon art et ae feur
témoigner ma'reconnaissance en restantfidèfe à feur enseignement;
~'qJ}e~rce0 aans Cintérêt ae Ca, santé pu6{ique, ma profession avec
conscience et tie respecter non seufement Ca légisCation en vigueu" mais
'aussi fes règfes ae Cfionneu" ae ta pro6ité et au aésintéressent;
.
"
(j)ene jamais ou6Cier ma responsa6iCité et mes ,tievoirs envers fe maCaae
et sa âignité fiumaine.
Œ,n aucun cas) je ne consentirai.à uti{iser mes connaissances et, mon état,'
pour corr01r1:pre fes-moelfrs etfavoriser aes actes crimin~Cs.
.
, ~ue fes fiommes mJaccoraent feur estime sije suisfidèfe à mes promesses.
~ue
J
je sois couvert a oppro6re méprisé ae mes confrères sijy manque.

Autorisation
Vu
~{/~~.
Vu
LeDirecteur de thèse
le Président du jury
Vu
Le Doyen de la F.S.S.
Vu et pennis d'imprimer
Le Recteur de l'université de ouagadougou