BURKINA FASO
UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU
FACULTE DES SCIENCES DE LA SANTE
(F.S.S)
Année universitaire 1996-1997
Thèse nO 4
LES HERNIES IN6UINALES
au
CENTRE HOSPITALIER NATIONAL YALGADO OUEDRAOGO
OUAGADOUGOU (BURKINA FASO)
(A propos de 2028 cas)
THESE
p~ et ~ ~ te 04?~ 1997~ JteHùt te ~ de
"D~ tIe 11tédedHe
DIPLOME D'ETAT
par
OUEDRAOGO Mahamadi
né le 05 Janvier 1965 à Ouahigouya (Burkina Faso)
Directeur de thèse
JURy
Professeur Amadou.$ANOU
Président: Professeur Raphaël K. OUEDRAOGO
Co-Directeur
Membres: Professeur Jean TESTA
Docteur Daman SANO
Docteur Dama fi SANO
Docteur Albert WANDAOGO
Docteur Sophar mEN

UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU
Faculté des Sciences de la Santé
( F.S.S. )
LISTE DES ENSEIGNANTS DE LA F.S.S.
ENSEIGNANTS PERMANENTS
Professeurs titulaires
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Anatomie organogenè
et chirurgie
Hilaire TIENDREBEOGO
Sémiologies et
Pathologies médicales
Tinga Robert GUIGUEMDE
Parasitologie
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Anatomie-Pathologie
Amadou SANOU
ChirlJrgie
Innocent Pierre GUISSOU
Pharmacologie
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Professeur associé
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Neuro-chirurgie
MaÎtres de Conférences Agrégés
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Orthopédie
Traumatologie
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Gynécologie
Obstétrique
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Pédiatrie
Kongoré Raphaël OUEDRAOGO
Chirurgie
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Pédiatrie
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MaÎtres de Conférences associés
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Epidémiologie-Parasitologie
MaÎtres-Assistants associés
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Maîtres-Assistants
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Pédiatrie
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Chirurgie
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Chirurgie
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Dermatologie.
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Gastro-entérolog ie
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Chirurgie
Daman SANO
Chirurgie
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Chirurgie
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Chirurgie
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Chirurgie
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Oto Rhino Laryngologie
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Anesthésie-Réanimation
physiologie
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Anesthésie-Réanimation
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Psychiatrie
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SANOU
Hématologie
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Chirurgie
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BAMOUNI
Radiologie
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DAO
Gynécologie Obstétrique
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ORL
Alain
BOUGOUMA
Gastro-Entéro
Alain
ZOUBGA
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ZABSONRE
Cardiologie
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Cardiologie
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Maladies Infectieuses
Georges KI-ZERBO
Maladies Infectieuses
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THIOMBIANO
Maladies Infectieuses
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Cardiologie
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Gynécologie-Obstétrique
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Gynécologie-Obstétrique
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Bactério-Virologie
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Physique
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Biologie Cellulair~
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et Statistiques
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Mathématiques
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Statistiques
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Physiologie
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Biologie
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Biologie Cellulaire
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Génétique
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des
Sciences
Economiques
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Econmie-Gestion
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Gestion
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Galénique
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Anatomie
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Bactério-Virologie (Dakar)
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(Dakar)
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Bibliographie (Dakar)
Pre M. K .A.
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Biophysique (Lomé)
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Physiologie (Dakar)
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Histologie-Embryologie
(Bénin)
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Pharmacognosie (Dakar)
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Dr Jean-Jacques BERJON
Histologie-Embryologie
(Creteil)
Dr Frédéric GALLEY
Anatomie Pathologique {Lille}
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Neurologie (Bamako)
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parasitaires (Abidjan)
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Dermatologie (Abidjan)
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Anatomie Patholqgique
(Brazzaville)
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Médecine légale
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Biochimie (Tours)
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Physiologie
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Biophysique
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Galénique

LISTE DU PERSONNEL ADMINISTRATIF
Doyen
Pre
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Vice-Doyen Chargé des Affaires
Académiques et Directeur de la
Section Pharmacie (V DA)
Pr.
1. P. GUISSOU
Vice-Doyen à la Recherche et
à la vulgarisation (VDR)
Pr. Ag. B. KONE
Directeur des Stages de la
Section Médecine
Pre
Ag. R. K. OUEDRAOGO
Directeur des Stages de la
Dr
M. SAWADOGO
Section de Pharmacie
Coordonnateur C.E.S. de Chirurgie
Pre
Amadou SANOU
Secrétaire Principal
Mr
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Chef de Service Administratif
Mr
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TATIETA
et Financier (CSAF)
Conservateur de la Bibliothèque
Mr
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Chef de la Scolarité
Mme
Kadi ZERBO
Secrétaire du Doyen
Mme Mariam DICKO
Secrétaire du VDA
Mme
KABRE Hakiéta
Secrétaire du VDR
Mme
BONKIAN Edwige
Audiovisuel
Mr
Alain Pascal PITROIPA
Reprographie
Mr
Philipe BOUDA

DEDICACES

A ta mémoiu de ~ ftèu : tJU&'D1/:A()t;() S~ ~
S~
'Papa, Ut me ~. 9'ewai4 taHt ~ ~ t«, a44i4te4 à
e'~4e~1teUt de ce ~,
eau (h;,:e ,:d à toi. 'De ta 4aat, fJeitte 4«Jt, m6i.
ge ue t '/Uaftwuu, jafflaU.
A ma fflè,ze : tJtJ1t'D&Amüeata
ge ue Pw~we ~~ teJzme ~ fuJ«!t t'e~ ffle4 ~ttJ, 70/, fj'd
me 'te4te. C}U 'Aetait te ~ ~ et ~ ~ ~ ~ de m4i.
A~: ()U&'Di1Z4()t;()~
ge te dédie ce ~ ~ ~ de to«te e'~ ~ tee me
;fuPtte4,

ri rfwuutde ?~.~. 1trtHt&()tJ()
?1te'td
~t~. de ton ~ et de ta ~. pe 4tÛ4
~4'7~
'J::0;;:tJ6 fD~
OU&VZ4()tJ0 SoM

REMERCIEMENTS

~e p~ /I~ Sr!itfJU
1Jotu~, (J(J(Ize e~ du ~ dien lait, (J(J/!te 4eIt4, de ta ~
et de ta ~ ~ de (I(UU eût ~ 'te4ftedé et admUzé futIt te4
~,
s~
~e 'Dode«Jt 'D~ sr!it1J
1JtUt4- au à ta ~ te ~ ade«!t et te &it ~ de ee ~.
~ (I(UU ~ et ()(Ut4, ~ e'e~ de l«Jt1ze ~
,

AH44~et~
/1 H<Jt1te ~ et ~ de ~'
'P~ il<~ ~~ tJU&1)1e4tJtjtJ
110«4 ~ ~ ~ et, ~ ta ~. /1 (J(Jlt4 ~ ~ ~.
110«4 ~ et, H04 fIeet~ etn e~ de ~ ~.
'P~-~ de ~ ~ de (J(J(Ize e~.
/1 H<Jt1te ~ et fktge
'P~ {Jean 7&S7/1
lIoPte ~ au. tuwait, (J(J(Ize ~ da tuwait dieIe Iatt et (J(J(Ize 4eH4
~ de ~ o«t été ft<ut!t ~ etIte ~ fIÛJe d '~.
1to«4 ~ lWz d'me (J(J(Ize éfèue.
S~~
/1 ~ ~ et fktge
'Z'~ ~ 7fJrI1tD/ltJtjtJ
110«4 ~ ~ ~ tuvz, (J(J(Ize ~' ~ ~, ()(J(Jze
~ ~ et ~ ~ au tuwait.
lI~~éde'e~de~~~.

/f1tfJ6ze ~ et ge«Je
1)tJde«!z, s~ ?l1&1t
~a da!tté de tHJt1te ~ et tHJt1te ~ le'O«t et'éfJat rpte f4
'tide44e de fPJ4 ~ ~.
s~ ~ de t«JtJze ~ ~ et de t«JtJze ~~
,
ri to«4 l«J4 ~ de ta ';aeedté du ScieHee4 de ta SMté
&n ~ de f4 ~ de tHJt1te ~ et te 46tieee~ rpte
(I(Ut4 ~ t<Jetftue'z4 mü daH4 t«JtJze ~.
S~~.
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- srOttYU
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- ~&()Ij()
S~~;

- -:<::1'RA'J::tJ1tA g'~
- tJUSV;e4()t;() 7, Sita
- P(J*RtJ(J V'Zi44a
- tJUSV;e4()t;() ~
- ?1tme 'J:A'8()*RS Pa«te ?Jta'Zie
- tJUSV;e4()t;() Adama
- ?/{me tJUSVi1Z4()t;() -:<::adiattut

LISTE DES SIGLES ET ABREVIA·TIONS
CHN-YO : Centre Hospitalier National Yalgado Ouédraogo
F
: Féminin
HIB
: Hernie inguinale bilatérale
HID
: Hernie inguinale droite
HIG
: Hernie inguinale gauche
HISB
: Hernie inguino-scrotale bilatérale
HISD
: Hernie inguino-scrotale droite
HISG
: Hernie inguino-scrotale gauche
M
: Masculin
DIA
: Occlusion intestinale aigue
TBC
: Tuberc·ulose

La Faculté des Sciences de la Santé a arrêté que
les opinions émises dans les dissertations qui
seront présentées doivent être considérées
comme propres à l'auteur et qu'elle n'entend leur
donner aucune approbation ni improbation.

SOMMAIRE
1 INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE: GENERALITES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Il. GENERALITES
2
2.1 . Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2.2. Notions anatomiques
2
2.3. Les différentes variétés de hernie's inguinales
5
2.4. Le diagnostic d'une hernie inguinale . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.5. Traitement
13
DEUXIEME PARTIE: NOTRE.TRAVAIL :
48
.
.
III. ENONCE DU PROBLEME . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
IV. OBJECTIFS DE L'ETUDE
50
4. 1 . Objectif général . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
4.2. Objectif spécifique
50
V. METHODOLOGIE
51
5.1. Cadre de l'étude
51
5.2. Matériel et méthodes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
5.3. Limites et contraintes
53
VI. RESULTATS
54
6.1 . Données épidémiologiques
54
6.2. Données cliniques
60
fi
• • • • • • • • •
6.3. Données thérapeutiques
72
VII. COMMENTAIRES
78
7.1 . Les aspects épidé"miologiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
7.2. Clinique
83
7.3. Aspects thérapeutiques
88
VIII. CONCLUSIONS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
IX. RECOMMANDATIONS ET SUGGESTIONS
92
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
SERMENT D'HYPPOCRATE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 104
ANNEXES
105
RESUME
107

1. INTRODUCTION
Au Burkina Faso,
les hernies inguinales constituent un problème
fréquemment rencontré en chirurgie.
Sa complication la plus grave
l'étranglement herniaire, cause de souffrance et d'incapacité de travail,
est une urgence chirurgicale très fréquente dont l'issue peut être fatale en
l'absence de traitement.
L'intervention chirurgicale est l'approche la mieux indiquée pour
cette complication.
Le traitement chirurgical
de
la
hernie
inguinale
bénéficie actuellement d'une variété de techniques.
Les récidives observées, source d'incapacité fonctionnelle pour le malade
constituent une hantise pour le chirurgien [1 2].
Le but de ce travail est d'apporter notre contribution à l'étude des
aspects épidémiologique, clinique et thérapeutique des hernies inguinales
au Burkina Faso .
.Par la collecte et la diffusion des informations sur cette pathologie,
il s'agira pour nous de faire le point et des propositions susceptibles
d'améliorer l'existence de ces patients.

PREMIERE PARTIE: GENERALITES

2
Il. GENERALITES
2. 1. Définition
Une
hernie
pariétale
est
en
général
caractérisée
par
l'extériorisation spontanée, temporaire ou permanente d'un viscère qui
refoule tous les éléments de la paroi abdominale ou pelvienne au niveau
d'un orifice naturel, anatomiquement prévisible, dont l'état de déficience
peut être aggravé, en dehors de tout traumatisme, par une prédisposition
spéciale, congénitale ou acquise.
Cette définition exclue les éventrations, les éviscérations et les hernies
internes.
Les seules véritab.les hernies sont celles qui siègent au nivea~ des zones
herniaires [21].
2.2. Notions anatomiques [17, 26, 32, 41, 42,43]
Le canal inguinal, a la di.sposition suivante.
les
plans musculaires abdominaux se disposent de
manière à
aménager entre eux un interstice traversé par le cordon chez l'homme,
par le ligament rond chez la femme. Cet interstice est appelé canal
inguinale.
On
distingue
au
canal
inguinal
quatre
parois
antérieure,
postérieure, supérieure et inférieure, et deux orifices découpés dans les
parois antérieure et postérieure du conduit (Fig . 1 et 2).

FIG .• 1 -
Rt"t,(lon du {(Jna! Inguinal. L°apo~\\"rose dOlnx-rtion du grand oblique a été rabattue. Le petit oblique a été
partiellement enle\\'c: malS on a conserve la panle lk ce mu~le qUI forme. avec le transverse. le tendon conjoint.
(ROC\\'l ÈR E, )
, , - - - - - - - - -
Coupt du
Ouraqut.
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- - -_ _ Band. llio-ptC't.
-
Ttndon ~onJ.
f:nlln l "r f. _------+-.-+""""'T"~"'-'-~~
~"""'I:;;:::~----_Band. tHo-pub .
.-..
LI,. dt Henlt.
-
Lig.
dt Glmbtrnal.
FIG .• 2 - FeIl ~ po~/;rit*urt dt lu fXIroi abduminalt (panit inférieur~) ~t paroi postiri~ur~ du canal inguinal. On a
t"nkvt' à dnHte le péritoine qui a été conservé pout montrer les fossettes inguinales. (ROUVIÈRE.)

4
Paroi antérieure et orifice superficiel ou externe du canal inguinal. La
paroi antérieure est beaucoup plus épaisse en dehors qu'en dedans, car
elle est constituée en dehors par les trois muscles larges de la paroi
abdominale, grand oblique, petit oblique et transverse, tandis qu'en
dedans l'aponévrose tendineuse du grand oblique existe seule en avant
du canal.
L'orifice superficiel du canal inguinal, qu'on désigne encore sous le
nom d'anneau inguinal, est compris entre deux faisceaux tendineux du
grand oblique les piliers interne et externe de l'anneau inguinale qui vont
l'un à l'épine du pubis du même Gôté, l'autre à l'angle et à l'épine du
pubis du côté opposé. Cet orifice est allongé de haut en bas et de dehors
en dedans.
Paroi inférieure. La paroi inférieure du canal inguinal est formée par
l'arcade fémorale.
Paroi supérieure. Les faisceaux inférieures du petit oblique et du
transverse croisent le cordon ou le ligament rond en passant au-dessus
d'eux, et forment la ~ partie externe de la paroi supérieure du canal
inguinal.. En dedans de ce croisement , la paroi supérieure répond à
l'interstice compris entre le grand oblique et le petit oblique.
Paroi postérieure. Entrent dans la constitution de cette paroi, le
pilier postérieur du canal inguinal ou ligament de Colles, le tendon
conjoint,
le
ligament
de
Henlé
et
le
fascia
transversalis.
-

5
Orifice profond du canal inguinal.
Profondément, le canal inguinal s'ouvre, à un travers de 'doigt au-
dessus st IJn peu en dedans du milieu de l'arcade fémoral. Son bord libre
est formé par la réflexion du fascia transversalis qui s'invagine dans le
canal. E;'J bas ce bord répond à l'anse du ligament de Hesselbach et à la
bandele~~2 iiio-pubienne. Le péritoine qui recouvre cette orifice forme la
fossett·s ing!Jinale externe.
C,,,;/ltenu du canal inguinal. Le canal inguinal contient le cordon ou le
ligôme:-,
2:nd,
ainsi que les rameaux génitaux des nerfs abdomino-
génitau;< et génito-crural.
Ci e: lfrlomme, le cordon est engainé par un prolongemer1t du fascia
transvers2lis. Le rameau génital des abdomino-génitaux desc~~nd en avant
du cordon et de sa gaine; Celui du génito-crural descend en arrière. C'est
égalem(:;rit en arrière du cordon et de sa gaine que chemine l'artère
funiculaire, brônche de l'épigastrique.
2.2. Les différentes variétés de hernie inguinale
Suivant le siège du collet, on distingue trois variétés de hernie
inguinale:
1) La hernie oblique externe, dans la fossette inguinale externe en
dehors de l'artère épigastrique. Le sac est dans la fibreuse commune du
cordon généralement en avant des éléments du cordon ..
2) La fIernie directe, plus rare, dans la fossette inguinale moyenne,
en dedans de l'artère épigastrique entre celle-ci et le cordon fibreux de
l'artère ombilicale. Le sac est indépendant du cordon.

6
3) La hernie oblique interne, exceptionnelle entre le cordon fibreux
et de l'artère ombilicale et l' ouraque.
Parmi les hernies obliques externes, deux variétés utiles à distinguer
en pratique : les hernies à canal fermé, qui ont un sac dont le fond est
situé en un niveau variable sur le trajet du cordon. Les
hernies à canal
ouvert, qui n'ont pour ainsi dire pas de fond; leur cavité communique
quelque fois à plein canal avec la cavité vaginale du testicule.
Une autre distinction présente un intérêt au point de vue de la
technique opératoire, c'est celle qui sépare les hernies congénitales des
hernies acquises.
1
Les hernies congénitales résultent de la persistance anormale du
.
.
canal péritonéo-vaginal dans sa totalité ou dans sa partie supérieure. Elles
sont toutes obliques externes. Leur sac est toujours logé dans la fibreuse
du cordon. Elle sont presque toujours facile à opérer et ne récidivent pour
ainsi dire jamais. Le type en est la hernie de l'enfant ou de l'adolescent.
Les hernies acquises sont dues à un affaiblissement local de la paroi
au niveau du canal inguinal. Les muscles, les aponévroses sont presque
toujours
déficients,
étirés,
dissociés,
infiltrés
de
graisse.
Cet
affaiblissement
résulte
de
l'intervention
de
différents
facteurs
qui
s'aggravent avec l'âge
- La sédentarité est retrouvée, et ces malades sont parfois des
intellectuels ou des hommes de bureau. Plus l'homme est musclé, plus le
bord inférieur du transverse s'épaissit et se renforce dans les mêmes
conditions;
- L'insuffisance respiratoire en général, la bronchite chronique et la
toux qui l'accompagne, et qui provoque des à-coups d'hyperpressions;

7
L'obésité
provoque
un
affaiblissement
des
muscles,
l'accroissement du contenu et l'alourdissement des mésos; les grandes
restrictions protidiques et l'amaigrissement rapide qui en résulte, entraÎne
un mauvais état des muscles, et cela explique que les hernies aient été si
souvent observées dans les camps de concentration;
- Certains efforts d'élévation enfin, comportant une contracture des
muscles abdominaux, peuvent entraÎner l'apparition brutale de la hernie,
en même temps que le malade accuse une douleur très pénible.
Les
hernies
acquises
peuvent
être
obliques
externes
et
intrafuniculaires. Elles sont souvent des hernies directes. Elles sont plus
difficile à opérer, et leur cure opératoire est parfois suivie de récidive.
2.4. Le diagnostic d'une hernie inguinale [28, 30, 31, 35]
L'examen des régions inguinales et des orifices herniaires doit
faire partie de l'examen de tout malade.
2.4.1.
les circonstances de découverte
. - le malade a vu apparaÎtre une voussure inguinale et il réclame un
traitement;
- Il peut être porteur d'une hernie depuis de longues années, parfois
30 ou 40 ans, et en réclame le traitement parce qu'elle devient gênante,
ou insupportable; la consultation peut être imposée au malade par
l'apparition ct' un étranglement;
- Parfois, il ne s'agit que d'un point douloureux inguinal;
- il peut s'agir aussi de la découverte, au cours d'un examen
clinique bien mené, d'une hernie méconnue.

8
2.4.2.
L'interrogatoire
2.4.2.1. Doit définir la date de l'apparition et ses modalités:
- elle peut avoir été brutale et douloureuse,
- progressive et presque totalement indolente,
- être survenue au décours d'un amaigrissement important,
- être une récidive.
2.4.2.2. Rechercher les troubles entraînés par cette hernie:
- gêne simple avec indolence,
- sensation de pesanteur et de tiraillements,
- dc,uieur vive à l'effort,
- troubles digestifs (importants dans les hernies voluminetlSes).
2.4.2.3 Les conditions de vie du malade
- Il peut s'agir d'un sujet âgé et inactif, ayant une vie sédentaire, et
peu préoccupé de son infirmité. Certaines hernies sont observées chez les
grabataires, et souvent à l'occasion d'un étranglement.
- rvlôis il s'agit souvent aussi, malgré la notion de terrain dont nous
avons fait état plus haut, d'un sujet actif se livrant à un travail de force
(cultivateur, ménagère etc .. ), ou à des activités sportives fréquentes ou
occasionnelles.

9
2.4.3. L'inspection
Elle doit être faite d'abord sur le malade debout.
On repère
l'existence d'une anomalie: asymétrie des bourses ou de la racine des
bourses, tuméfaGtion de l'aine, ou tuméfaction inguino-scrotale, ces
anomalies peuvent être bilatérales, mais elles ne sont alors jamais
exactement symétriques (Fig. 3).
Il n'est pas inutile de compléter cette inspection au cours des temps
suivants lorsqu'on a à faire ensuite asseoir, puis coucher son malade.
L'inspection montre que la tuméfaction siège au dessus de l'arcade
crurale, repérée par le tracé de la ligne de Malgaigne tendue de l'épine
iliaque antéro-supérieure à l'épine du pubis. Cette tuméfaction réapparaÎt
de dehors en dedans. Elle peut descendre dans les bourses.

.... :
. ,
-.

.
\\
"
...
.,
\\.:
.
~
"
1
. ,,~.,
._------------
A droite: Hernie inguinale directe de la femme
A gauche: Hernie crurale.
(D'après G. BENHl\\MOU, Encycl. Méd. Chir.,
Estomac-Intestin, 1990, Editions Techniques).

11
2.4.4. La palpation
Elle délimite la tuméfaction qui se continue par un -collet plus ou
moins épais vers l'orifice inguinal profond. Elle est réductible par la
pression manuelle .et/ou en position couchée, impulsive et expansive à la
toux.
Si la hernie est réduite, on pratiquera une exploration soigneuse du
canal inguinal: le doigt coiffé du scrotum, pénètre par l'orifice inguinal
superficiel élargi dans le canal inguinal.
Selon son volume et son degr.é de migration on peut avoir dans la
hernie oblique externe:
- la pointe herniaire qui siège à l'orifice profond,
- la hernie interstitielle ou intrapariétale qui est dans le canal
.
.
inguinal,
- le bubonocèle qui saille à l'orifice inguinal superficiel,
- la hernie funiculaire qui suit le cordon jusqu'à la racine de la
bourse,
- et la hernie inguino-scrotale qui descend dans le scrotum.
La palpation recherche le contenu de la hernie qui peut être:
- une entérocèle qui est sonore et gargouillante,
- une épiploocèle qui est mate et grenue.
Elle recherche également une hernie inguinale controlatérale, une hernie
crurale, une hernie ombilicale etc., et précise l'état des organes génitaux
externes (hydrocèle vaginale, kyste du cordon, dystopie testiculaire) .
..

12
Dans les hernies directes, il s'agit d'une tuméfaction qui malgré son
développement demeure au dessus et sur les côtés de la base de la
verge. Souvent bilatérale, elle encadre la base de la verge de deux saillies
hémisphériques. En explorant le trajet herniaire, le doigt refoule la hernie
directement d'avant en arrière. Si on fait pousser le malade la hernie
réapparaÎt d'arrière en avant.
En
résumé,
le
diagnostic
positif
d'une
hernie
inguinale
est
essentiellement clinique.
Dans les hernies externes, le diagnostic différentiel peut se poser
avec:
- Un lipome inguinal qui peut n'être qu'un lipome préherniaire;
- Une adénite inguinale;
- Une ectopie testiculaire mais alors la bourse est vide;
.
.
- Un kyste du cordon, translucide, allongé le long du cordon, il
ne varie pas avec la toux et avec les changements de position.
- Une hydrocèle vaginale: aucun pédicule ne la relie au canal
inguinal. Elle est translucide.
- Quand aux hernies crurales, elles se distinguent des hernies
inguinales car elles siègent au dessous de la ligne de Malgaigne.

13
2.5. Traitement
2.5.1. Cure opératoire de la hernie inguinale de. l'adulte avec
sac
2.5. 1. 1. Principes opératoires
La cure opératoire d'une hernie inguinale comporte obligatoirement
l'oblitération haute du sac au niveau de son collet et la réfection de la
paroi musculo-aponévrotique. Ce sont les deux temps essentiels de
l'opération.
Le sac, on ne se contente pas de l'oblitérer à sa parti.e haute: on le
résèque.
La paroi, on la reconstitue au moyen des deux plans musculo-
aponévrotiques de la région: le premier, c'est l'aponévrose du grand
oblique, qu'il est indispensable de fendre pour accéder aux parties hautes
du sac et qu'il faut bien restaurer ensuite; le deuxième, c'est en haut le
tendon conjoint, en bas le bord postérieur de l'arcade. Suturées l'une .à
l'autre, ces deux formations effacent le défaut, le point faible de la paroi
postérieure du canal inguinal.

14
2.5.1.2. Techniques opératoires
A) Le procédé de BASSINI
a) l'incision cutanée
repères osseux permettent de tracer l'incision cutanée. En
bas, l'épine du pubis; en haut, l'épine iliaque antéro-supérieure.
L'incision cutanée part de l'épine du pubis et se dirige vers un point
théoriqL:a situé à un travers de doigt en dedans de l'épine iliaque antéro-
supérieure. Il n'est point besoin d'atteindre ce dernier repère, les deux
tiers du trajet en partant de l'épine du pubis suffisent largemer!t (Fig. 4).
SC!JS la peau, le bistouri tombe sur un tissu cellulo-grai:sseux épais,
qu'il faut inciser de bout en bout. Ce tissu est traversé par de Ilombreux
vaisseau)(,
10
ou
12 pinces
sont parfois nécessaires
pour assurer
l'hémostase. Il faut s'appliquer avec soin à cette hémostase, afin d'éviter
tout hémôtome postopératoire qui serait le prélude à une infection de la
plaie, âvec toutes ses fâcheuses conséquences : élimination des fils,
récidive, etc.
b) Ouverture du canal inguinal
Deux écarteurs de Farabeuf écartent la peau et le tissu cellulo-
graisseux sous-cutané. L'aponévrose du grand oblique apparaÎt alors,
avec
ces
fjbres
nacrées
parallèles
à
l'incision
cutanée.
Elle
est
particulièrement visible à l'angle supérieur de la plaie, en bas elle peut
être dissociée totalement par la hernie (Fig. 5). Un geste, là, est essentiel:

15
Le repérage de l'orifice superficiel du canal inguinal, car c'est dans son
axe qu'on ouvre le canal inguinal en sectionnant l'aponévrose 'du grand
oblique.
L'orifice
superficiel
n'est
pas
toujours
visible
à la
simple
inspection, et il peut être nécessaire de le repérer par la pulpe de l'index
qui, partant de l'·épine du pubis, tombe dans une dépression située au-
dessus et en dehors de l'épine pubienne, et dont le contour supérieur et
externe est franchement tranchant. Il est plus élégant de pratiquer cette
manoeuvre avec l'extrémité des ciseaux à bouts ronds. (Fig. 6).
L'orifice superficielle étant ainsi repéré,
l'aponévrose du grand
oblique est incisée dans le sens de. ses fibres, depuis l'angle supérieur de
la plaie jusqu'à l'épine du pubis. Au niveau de l'orifice superficielle les
fibres aponévrotiques, sont absentes et remplacées par un tissu cellulo-
fibreux qu'il faut ,inciser aussi après clivage du cordon sous-jacent.
Le grand oblique étant incisé il est bon de disséquer tout de suite la
face profonde de chacune de ses berges, de façon à mettre à nu en
dehors l'arcade crurale, en dedans le tendon conjoint (Fig. 7).

.:'\\...
,\\' '.~,.-
.". '.,.---
.~,.
'.~'-':;,
,'"
FIG ... 4. - Le fracé d~ r incision cutanée. l "incision
. FIG .• 5 - Incision dt rClpon~vrost' du grand oblique
pan de ]'épine du pubis et se dirige vers un point situé
dans ra.t~ dt r oriftCt superficiel du canal inguinal.
à un travers de doigt en dedans de l'épine iliaque
anléro-supén~ure. Les deux tiers du trajet en partant
d·en bas suffisent.
FIG.. •.6- .~an(FU\\·re des ciseaux à bouts ronds pour
FIG . • 7' -
Disstcli~n dt la face profondt' du ~ranJ
trou\\'er r orifict superficiel et inciser le grlJnd
oblique. de m4Jniire li mrllre à nu. tn dehoT.s rIJTcfJl1e
. '. .. ob/iqu~ danJ l~ bon a.t~.
cru'Q/~ ~I en dedtms. I~ tendon conjoint.

17
Une
pince
à
disséquer
saisit
la
lèvre
externe
de
l'incision
aponévrotique, et avec des ciseaux à bouts mousses, la face profonde de
l'aponévrose est dégagée jusqu'à l'arcade crurale, que l'on doit voir avec
ses fibres ramassées parallèles entre elles et tendues d'une épine à l'autre
(Fig. 8). Ne pas chercher à isoler l'arcade, car elle adhère à la gaine des
vaisseaux iliaques externes.
Vers le haut, même manoeuvre pour isoler le tendon conjoint qui
fait suite aux corps charnus des petit oblique et transverse, et se dirige
vers l'épine du pubis. Le tendon conjoint est .isolé de l'aponévrose du
grand oblique, son bord externe, libre, est isolé de la graisse pré-
péritonéale.
c) Libération du cordon
Le cordon est libéré en l'isolant au niveau de l'épine du pubis. Là, il
est ramassé engainée par la tunique celluleuse et il est aisé de le
reconnaÎtre en palpant à son centre le déférent.
Afin de ne pas léser une des nombre~ses veines spermatiques, 'il
vaut mieux libérer le cordon par la manoeuvre suivante.. L'index replié en
crochet s'insinue· derrière le cordon et cheminant au contact de l'épine du
.~
pubis le ramène vers la plaie opératoire où il est placé sur un écarteur de
Farabeuf dont les valves sont tournées vers le haut (Fig. 9,10).
Quelques coups de cis'eaux libèrent la face profonde du cordon des fibres
du crémaster jusqu'à l'orifice profond du canal inguinal.

18
d) Ouverture et résection du sac herniaire.
La recherche du sac herniaire est le seul temps réel-Iement difficile
de l'inter\\/ention. Il est des sacs volumineux et épais qui s'étalent à
l' éviden-:::;. Pour cela, il suffit d'effondrer d'un coup de pince la celluJeuse,
de les iscler et de les ouvrir par un coup de bistouri donné sur un pli (Fig.
11, 12'
q est des sacs qu'il faut rechercher avec patiente soit parce
qu'ils SC-;lt très minces, soit parce qu'ils ne font que montrer leur nez à
l'orifice 'Jfofond. Pour ce faire saisissant le cordon entre pouce et index
de la rT! .. :~~ :J2Llche, très haut près de l'orifice profond du canal inguinal, il
faut ég. :3ner tous les éléments du cordon (Fig. 13).
11~:'<iste une cause d'erreur à bien connaÎtre dans ce cas" Le cordon
est SOL!'.'8nt le siège même chez des sujets non adipeux, Qe formation
graisseJ~!se, d'allure lipomateuse, qui peuvent en imposer pour un sac, car
elle se cJé\\/eioppe en suivant l'axe du cordon depuis l'orifice profond.
Il oeut exister chez le même malade plusieurs de ces formations.
Quand,eiies sont présentes, il faut les disséquer, les isoler et les réséquer
sous couvert d'une ligature hémostatique (Fig. 14).
Pour
trouver
un
petit
sac
mince,
signalons
la
manoeuvre
recommandée par J.C. Reymond qui consiste à pratiquer une petite
brèche péritonéale à travers le conjoint à la partie supérieure de l'incision.
L'index introduit dans la grande cavité péritonéale fera saillir le sac caché
(Fig. 1 5).

-
L',~r,.~~{' l"rurù/e dtH! i',ré' \\U( e!
FIG,· ~-: -
\\fd!1/t'rt J'i5l l hr /(' (or"('," ;1ur /'inJt'x t'n lrt'·
'1,
u.. ,'it'{'
\\1.1n,eU\\fè dèS (iSè.1U\\ pour bIen Isoler
l -he!. 4U: r",s(' r tplnt.' du punis et r(/;'1 Ji:' hors Je h11'!tJJ(
'.. :~~e -li'CJJè'
ope ru!, JI re .
---- -
. ; ; , . - - - ' -
:-:G, J
~ Lf c'urJo'7 t'5! place SL;r lin ecurit.'ur Je
FIG, • ., -i..4prC5 ,nt Z)!(Jl1 Jt lu fibreuse du cordon. decou·
FJ.rabe!.Jf. JonI ie 5 ~'QI\\'e5 sont lournties \\ ers /e
It nt' u/5ee d'un 5ùc peritoneal.
nC;.LI,

20
-
A,
: )
FIG .•
.~
1 _ Lt' S<.il
('S,' \\IU\\ t',-,
FIG .• -1
-
Rt'<.ht'rcht' ,l'un {:Jl';ir .suC minet'. Les éJ~-
pur illclsion sur un pli rntrc Jt'UX pillces.
mt"rlts du (OrL!l'o sont égr'~nl:~J par le pouce et llndex.
Il Jemeure finalt"menl. entré ces ~ doigts. le sac..' que
l'on ~ut InCl~r sans risquer de léser les élements du
(l'rdon.
FIG. ~ 5 -
.\\Ic.lntTu"re d~ Rt'ymond pour décou\\'rrr
les petits Sùcs, Une brèche es[ pratiquée par di5So-
('iatlon dans les fibres charnues du peUt obiique et
du
trans\\erse,
L'ne
boutonnière
pérüonéaJe
FKJ'!"
' - Ft ,rn7<.1rion lipomlllt'use .f!~ d;rdl. '11 "1lU en '''J,n' l~t'
permet j ·Introduire un dOIgt qUI fait sailllr le sac
pt
dans la plaJe opératoire.
'U r ~f! )..,J( , mùi5 qUI Il' t'st pas l vn.S1llut!t.' dt' PCrliiUr.(

21
Le sac étant repéré et ouvert, il importe de le réséquer. L'examen de
la cavité du sac doit être minutieux. Habituellement, il est vide". Parfois,
une
frange
épiploïque
adhère,
qu'il
faut
libérer et refouler vers
la
profondetJr jusqu'au delà de l'orifice profond.
La manoeuvre pour libérer le sac est la suivante. L'index de la main
gauche est introduit à l'intérieur du sac et en tend les parois, la main
droite mtJnie d'une compresse dépouille la face externe du sac et refoule
les élémerlts du cordon (Fig. 16). Parfois, une bride fibreuse doit être
sectionnée au bistouri. Cette libération du sac se poursuit jusqu'à l'orifice
profondjtJ canal inguinal. Un noeud de meunier au catgut nO 2 est alors
plac,j à la bâse du sac, en vérifiant que l'aiguille de Reverdin n'embroche
rien à l'intérieur du sac et le sac est réséqué (Fig. 17). Si la dissection a
été suffisante, on voit le moignon du sac qui se rétract€~ à la face
profonde du tendon conjoint.
e) F1éfection de la paroi.
Le procédé de BASSINI, consiste à renforcer la paroi postérieure du
canal inguinal en suturant le tendon conjoint à l'arcade crurale en arrière
du cordon. Pour éviter d'emmêler les fils de suture, le cordon, toujours
supporté par l'écarteur de Farabeuf, est attiré vers le bord externe de la
plaie opératoire où il demeurera dans cette position, ce qui permet d'avoir
accès directement et en arrière du cordon à l'arcade et au tendon conjoint
(Fig. 18).
La sutl!re se fait au matériel non résorbable de fort calibre: nylon,
crins, soie, lin nO 2 ou 3, monté sur aiguille sertie courbe.

FIG .• 1~ .\\fc.Jniért, de dissc,/uer un suc. Cn ind~, engagé dans le sac tend les paroi~ de
çeJui.c1. qui sont détachées à la compre~se des éléments du cordon.
FJG~ 17 - Ligature du sac pur un nœud Je meunier
FIG .• 1'8-L; éCcJrtl'ur J~ Farabeu!uuirt It cord()n
passe'à Su base. c.Ju rùs Je rorifice profonJ du canal
"ers rextérieur. L-opérateur a ainsi directement
inguinal.
sous les yeux 1-arcade crurale et le tendon
conjoint.

23
Il faut prendre la totalité de l'arcade crurale, sans risquer de léser les
vaisseaux fémoraux. Pour cela, elle est soulevée fortement par la pince à
disséquer à griffe au moment où elle est chargée par l'aiguille, ou elle est
attirée vers le haut par une pince de Kocher. Le tendon conjoint est pris
largement en mordant si besoin est sur la gaine des droits, surtout en bas
ou ces deux éléments se confondent. Les points seront nombreux et
rapprochés. En bas, il est essentiel de mordre sur le trousseau fibreux de
l'épine du pubis, il ne doit subsister aucun hiatus. En haut il faut luxer le
cordon vers le haut de façon à rétablir l'effet de chicane (Fig. 19, 20). Il
est bon de placer pour finir un point au-dessus du cordon entre arcade et
tendon conjoint, de façon à rétrécir au maximum l'orifice profond du
canal inguinal. Le grand oblique est suturé devant ou derrière le cordon au
catgut nO 2 (Fig .. 21,22).

F;:.
-
PJ55u.t.'(
Ù /'Ulg1..l/lle Je Rl'\\!'rJin. dt'Jjil5
FIG .• 2 C- Le plu n {'f( ~(ond fSllt'nm re. L' n poi ni a été
r . ,n
.r~.("tlr!Jùble.5 ~nrft: tJruuie crurc1it' ~t tendon
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",rncrt' Ju tc/rt/,l':
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ma.\\lmur.: I"l'nfl\\..·~ profl>nJ .... ;\\:~,~:::> Jè~ pnn(lpak~
'.; ~, :."c; u nè 31 f l,j Il 1e ~è nie \\.'~") ur be .
réCldl\\ e~
FIG.
- -. -
Suture du grand oblique
FIG, • 2 2... L.J SUTure e51 terminée.
t'n arnt
du ((lrdon en bas. dl.'l.ont en haut.

25
f) Fermeture de la peau
Par des agrafes ou au nylon.
g) Pansement
Une compresse maintenue par du sparadrap perforé.
h) Incidents opératoires
La blessure de l'artère spermatique ou du déférent. Si l'artère a été'
lésée on voit se constituer dans les suites opératoires un gonflement
testiculaire douloureux qui laisse place peu à peu à une atrophie de la
glande.
Le seul accident dramatique au cours de la cure des hernies
inguinales est la plessure de la veine, beaucoup plus rarement de l'artère
fémorale. La cause de cette blessure est toujours la même : En voulant
saisir l'arcade crurale l'opérateur embroche avec l'aiguille de
Reverdin la
veine fémorale qui est invisible mais sous jacente. Le sang envahit la plaie
opératoire, malgré le tamponnement. Il ne faut surtout pas tenter de jeter
des pinces hémostatiques à la volée, ce serait le seul moyen de rendre les
lésions irréversibles en accentuant les déchirures de la paroi veineuse. Si
l'importance du saignement et le geste causal font penser qu'il s'agit
d'une plaie de la fémorale, un seul geste s'impose: la section de l'arcade
crurale. Seule cette section permet d'atteindre la veine fémorale et de la
disséquer,
pendant
que
l'aide
assure
l'hémostase
par
compression
digitale. On pourra alors réparer la veine par suture à points séparés.

26
La plaie du tronc artériel ilio-fémoral est toujours possible dans la
cure
chirurgicale
des
hernies
de
l'aine.
La
cause
habitùelle
est
l'embrochement de l'artère par une aiguille de Reverdin.· La réparation
artérielle immédiate de l'artère est facile, à condition d' ouvrir l'espace de
Bo.gros par section de l'arcade crurale, sous le couvert d'une hémostase
par compression digitale.
Le meilleur traitement de ces plaies artérielles est préventif : éviter
d'utiliser les aiguilles de Reverdin et se contenter de fines aiguilles serties.
Il n'est pas rare qu'une corne vésicale se glisse dans les hernies
directes, et la blessure de la vessie,. au cours de leur cure opératoire, est
un accident qui mérite d'être signalé.
Pour éviter cette faute, il faut se souvenir:
1 0
que la vessie est recouverte d'une couche abondante de tissu
graisseux ; qu'il faut donc se méfier chaque fois qu'en disséquant un
collet de sac on trouve de la graisse en abondance;
2 0
que la vessie à une couleur rosée tandis qu'un sac herniaire est blanc;
3 0
que la paroi de la vessie est plus épaisse que ne l'est ordinairement
celle d'un sac;

que la vessie saig"ne quand on l'incise, alors qu'une paroi de sac est
peu vasculaire. Si la faute est faite, il faut s'en apercevoir:
- la surface interne d'un sac est lisse, séreuse; celle d'une vessie est
veloutée, rosée, muqueuse;
- de l'urine peut s'écouler immédiatement par l'incision;
- s'il persiste quelques doutes, le doigt introduit dans l'incision finit
de les lever ...

27
Si la faute est reconnue, elle est facilement réparable; suturer la
vessie en deux plans. Quand l'opération est terminée, placer une sonde
urétrale à demeure pendant quelques jours et surveiller très attentivement
le fonctionnement de cette sonde.
i) Complications post-opératoires
Les unes sont bénignes: ecchymose de la verge et des bourses,
hématome de la paroi à évacuer avec un maximum d'asepsie pour éviter
l'infection de la plaie. Eviter néanf!loins de «passer un stylet» dans la
plaie opératoire.
D'autres sont plus sérieuses. L'opéré peut, surtout si la cure a été
bilatérale, présenter des signes d'atélectasie pulmonaire. Cet accident
.
.
survient chez le fumeur et il est marqué par une forte élévation thermique
qui alarme. Des antibiotiques à élimination bronchiques, des exercices
respiratoires,
une
évacuation
régulière
des
bronches
en
viennent
facilement à bout.
La phlébite est une complication beaucoup plus fâcheuse.

28
B) La technique de SHOULDICE Hospital (Toronto, Canada) [36, 38,
40, 46, 49]
Cette technique applique les mêmes principes de· reconstitution
pariétale mais les plans sont suturés en paletot par des surjets aller et
retour q~Ji doublent en quelque sorte chaque plan; surjets d'acier dans la
technique :Jriginale, de monobrin synthétique pour Lazorthes.
Résumé de lô technique: suture en paletot de deux lambeaux de fascia
transver3ôlis à la face profonde du transverse d'une part, à l'arcade
d'autre part. Ce plan est renforcé par un double plan de suture appliquant
le petit iJbiique à la face profonde du grand oblique. Enfin, le grand
obliqueast lui même suturé en paletot devant le cordon. La suture est
commencée au niveau de l'épine du pubis par la fixation du b()rd libre du
lambeaLl inférieur du fascia transversalis au bord externe du tendon du
grand droit et plus en dehors à la face profonde de l'aponévrose du
transverse jusqu'à rétrécir l'orifice profond du canal.
A ce ni\\/eau , le pédicule inférieur du crémaster externe est chargé avec le
fascia pour reconstituer l'anneau interne, puis le surjet est poursuivi de
dehors en dedans jusqu'à l'épine du pubis fixant le lambeau supérieur du
fascia et le tendon du transverse à l'arcade crurale. Ce double plan de
suture est le plus important dans la technique de Shouldice. Le troisième
plan est commencé à l'orifice inguinal profond, il fixe la face profonde du
lambeau inférieur du grand oblique à la face antérieure du petit oblique.
Mené jusqu'à l'épine du pubis, renforçant
la réparation de la paroi
postérieure, un quatrième plan constitué par le même surjet fixe les
mêmes éiéments de dedans en dehors. Le surjet est lié à l'orifice inguinal
profond. Le cordon est remis en place. Il décrit une courbe sur la face
antérieure du petit oblique, plus haute que normale.

29
La suture du grand oblique est réalisée elle aussi en paletot avec un
chevauchement d'un centimètre, le bord inféro-externe étant d'abord
suturé à la face profonde du lambeau supérieur, ces surjets aller et retour
constituant les 5è et 6è lignes de suture. Plan sous cutané. Agrafes de
Michel cutanées,. desserrées le lendemain et enlevées à la quarante
huitième heure. Sortie de l'opéré au 3è jour. Reprise immédiate de
l'activité encouragée.
C) Technique de Mac VAY [19, 38]
A la suite de ses études sur l'~natomie du canal inguinal, Mac Vay a
retrouvé le rôle du fascia transversalis dans la paroi postérieure du canal.
Parce que le fascia s'insère sur le ligament de Cooper, Mac Vay fixe le
fascia transversalis proche de l'aponévrose du transverse au. ligament de
Cooper et plus en dehors non pas à l'arcade mais à la gaine vasculaire qui
continue le fascia vers le bas. Mais il faut impérativement associer ici une
incision de décharge au bord externe de la gaine de droit. Bien des
chirurgiens se contentent de l'opération de Lotheissen (1898) ou suture
du conjoint au Cooper avec omission de l'incision de décharge et de la
suture de transition .
. La
préparation
des .plans
de suture comporte
deux incisions:
l'incision
de
II re lâchement",
caractéristique
et
nécessaire
dans
la
définition du procédé: incision verticale de la gaine du grand droit, à
quelques millimètres de l'adhérence du grand oblique sur 3 à 4 cm au
dessus du pubis. Cette incision permettra le glissement en dehors et en
bas de la g~ine du droit. L'incision du fascia transversalis sera menée
depuis
l'orifice
inguinal
profond
sur
toute
la
largeur
de
la
paroi
postérieure, excisant toute la portion relâchée du fascia.

30
Le ligament de Cooper est exposé sur toute sa longueur en refoulant la
graisse sous-péritonéale et exposant le flanc de la veine iliaque. .
La suture à points séparés de fil non résorbableest menée de
dehors en dedans, tous les 2 millimètres, prenant en haut l'aponévrose du
transverse fusionnée au fascia transversalis, en bas le Cooper. Les points
sont noués ultérieurement. Les points suivant dits Ilsuture de transition"
chargent le fascia transversalis en haut et en bas, successivement, le
fascia pectinéal, puis le fascia vasculaire, fémoral (partie inférieure du
fascia
transversalis
des
anatomistes)
jusqu'à
rétrécir
suffisamment
l'orifice inguinal profond. Les fils sont alors noués de dedans en dehors.
L'orifice inguinal profond a été déporté en dehors de sa situation normale
d'environ 1,5 cm, légèrement en dehors de l'artère fémorale.
L'incision
de
relâchement
de
la gaine
du
grand
droit est devenu
triangulaire. On peut fixer par quelques points son bord externe si le
grand droit est tendineux, sinon ce temps peut être négligé, ou ce bord
peut être fixé à la face sus-jacente du grand oblique. Ce procédé est
indiqué dans les hernies obliques externes à anneaux larges (> 2 cm)
dans les hernies directes et les hernies crurales.
-D) Les reconstitutions pariétales pré-funiculaires [38]
Ce procédé décrit par FaRGUE (1909) à la suite du procédé de
Halsted
entraÎne un pourcentage élevé de récidives. L'opération de
Halsted
est l'intervention la plus souvent rencontrée à l'origine des
récidives dans la hernioplastie primaire.
La suture préfuniculaire ne
modifie pas ..la dimension de l'orifice inguinal profond : le cordon est
refoulé dans un fascia transversalis le plus souvent intact et la paroi est
suturée devant le cordon, plus souvent la face latérale que le bord

31
inférieur du tendon conjoint est prise en masse au besoin avec le grand
oblique, en un plan.
2.5.2. Cure opératoire de la hernie inguinale récidivée [23, 29, 41]
On peut ramener les hernies inguinales récidivées à quatre types.
a) La récidive par persistance du sac ou résection incomplète. La
récidive est presque immédiate. Elle est due à une faute technique : la
méconnaissance du sac. Quel que soit le soin apporté à la réparation de la
paroi, si le sac persiste, la récidive se produit à l'angle supérieur du
nouveau canal inguinal, au milieu des éléments du cordon, qui n'est
recouvert là que par la peau et l'aponévrose du grand obliq~e, si on l'a
placé devant le cordon lors de la première intervention.
La cure de cette récidive est simple, puisqu'il suffit de réséquer le
sac complètement pour amener la guérison. Si la paroi est robuste, il
n'est nul besoin de défaire le travail de la première intervention; Il suffit
de consolider l'angle supérieur par un ou deux points de fils non
résorbables pour ne laisser au cordon que le minimum de place .
.Si la paroi est défectueuse, une nouvelle cure complète s'impose.
b)
La récidive à l'angle inférieur est très fréquente.
Il s'agit
généralement de hernie directe. La suture entre l'arcade et le tendon
conjoint n'a pas été poussé jusqu'en bas, jusqu'au niveau de l'épine du
pubis et le pseudo-sac ne trouve aucune opposition devant lui lors des
efforts.

32
La cure pourra se limiter à fermer ce hiatus, si le reste de la paroi
est bon, par quelques fils non résorbables, ou devra comprendre la
réfection complète de la paroi, si le reste de la suture arcade-conjoint
n'est pas jugée suffisamment résistant.
c) La récidive à l'angle supérieur résulte du fait que la suture arcade-
conjoint ni a pas été menée assez haut afin d'assurer un effet de chicane.
La hernie récidive entre le cordon et le bord supérieur de la suture arcade-
conjoint. Là, encore la guérison peut être obtenue en oblitérant cet orifice
par quelques points. Cette variété de récidive peut survenir même après
une cure correcte.
d) La récidive peut être globale. La suture entre l'arcade. crurale et le
tendon conjoint n'a pas tenu. Soit que l'arcade proprement dite n'a pas
été prise, mais les fibres sus-jacentes du grand oblique, qui au premier
effort se clivent et ne demandent qu'à suivre l'ascension que leur impose
le tendon conjoint. Soit que le tendon conjoint a été de qualité médiocre;
croyant saisir une épaisse lame musculaire, on a utilisé en fait un conjoint
dont le pérymisium d'aspect rassurant ne recouvrait qu'un tissu cellulo-
fibreux de mauvaise qualité. Ce genre de déboires est très fréquent chez
les sujets gras et d'un certain âge.
2.5.2.1 . Les plasties musculaires locales
Lambeau de gaine du droit pédiculé, rabattu et suturé à l'arcade
crurale. Réinsertion du plan profond de la paroi abdominale à l'épine du
pubis, autoplasties avec le pectiné, le couturier, le fascia lata, etc.

33
Parmi ces plasties musculaires, nous détaillerons l'une des plus
efficaces et des plus simples à réaliser, l'utilisation' d'un lambeau de la
gaine aponévrotique du muscle grand droit de l'abdomen, dont voici la
technique:
1 0 incision cutanée habituelle
2 0 Incision de l'aponévrose du grand oblique.
3 0 Dissection du lambeau externe de celle-ci et dégagement de l'arcade
crurale jusqu'à l'épine du pubis en bas et en dedans.
4 0 Dissection de la partie interne de l'aponévrose du grand oblique en
dégageant sa face profonde de la face superficielle des aponévroses
confondues du petit oblique et du transverse, recouvrant à ce niveau la
terminaison du muscle grand droit de l'abdomen jusqu'à la fusion de la
ligne blanche. Une ou deux ligatures vasculaires sont parfois ~écessaires.
50 Libération progressive du cordon en s'efforçant de respecter le
crémaster et le fascia transversalis. Le cordon est soulevé par un lacs. On
vérifie l'absence de sac herniaire intrafuniculaire. Si le cordon est très
épais et gras, il est utile de «l'amincir» le plus possible en prenant garde
aux vaisseaux et au déférent.
6 0 Taille d'un lambeau au dépens du recouvrement aponévrotique de la
~~ terminaison du muscle gra-nd droit; L'incision de la gaine aponévrotique
doit être le plus interne possib,le; en moyenne 5 mm en dehors de
l'adhérence de l'aponévrose du grand oblique et celle des petit oblique et
transverse.
Pendant 'ce
temps,
l'aponévrose
du
grand
oblique
est
soulevée par deux écarteurs de Farabeuf. L'incision est curviligne, à
concavité in.férieure; Sa partie supérieure est à l'aplomb de l'orifice
inguinal profond et sa limite inférieure au niveau de l'épine du pubis. A
ses extrémités supérieure et inférieure l'incision doit rester à distance du
bord externe du muscle grançt droit (environ 5 à 10 mm).

34
La base du lambeau mesure en moyenne de 5 à 7 cm; sa hauteur
maximale à la partie moyenne est de 2 à 3 cm. Il ne faut pas d·écoller le
lambeau.
7 0 On passe successivement de bas en haut des crins prenant l'arcade
crurale et le bord .libre du lambeau aponévrotique. En général, 4 à 5 crins
suffisent, chaque crin est faufilé dans l'arcade crural sur un centimètre de
hauteur. Le point inférieur s'amarre au ras de l'épine du pubis. Le point
supérieur doit être passé de telle sorte qu'il n'étrangle pas le cordon, mais
il y a intérêt à reporter le plus haut et le plus en dehors possible
l'émergence du cordon. Sur le bord interne du lambeau, chaque crirl est
passé deux fois, prenant ainsi un solide appui. Les crins sont alors
successivement noués de bas en haut après avoir été mis en tension
égale, soutenue p.ar l'aide. Le lambeau se déroule de lui mêm~ de dedans
en dehors réalisant une plastie sur mesure et sans tension. La charnière
de rotation est représentée par le bord externe du muscle grand droit.
8 0 Il faut obligatoirement passer un crin en haut et en dehors du cordon.
Ce point prend l'arcade crurale en bas, le petit oblique et le transverse au-
dessus du cordon en haut. Ce point est très important pour éviter les
«récidives externes».
9 0 L~ aponévrose du grand' oblique peut être suturée soit, en avant du
cordon soit en arrière de celui-ci. La réfection retro-funiculaire est utilisé
lorsque la paroi est de qualité très médiocre. La suture est faite bord à
bord à la façon de Halsted.
10 0 Si les zones de décollement ont été importantes et si l'on craint des
épanchements post-opératoires, il est préférable d'assurer un drainage
sous dépression à la façon de Redon.

35
Deux gestes complémentaires peuvent être utilisés:
- La réfection initiale du fascia transversalis.
-
une
deuxième
variante
est
possible
: le
reco'uvrement
par
crinoplaque, ou plaque de peau ou toile en inox de la zone de prélèvement
de lambeau.
2.5.2.2. Les plasties à la peau
Le laçage à la peau. Une bandelette de. peau est taillée sur les
berges de l'incision cutanée. Sa lo·ngueur est de 0,5 cm et comprend
toutes
les
couches
de
la
peau.
La
graisse
sous-cutanée
est
soigneusement retirée avec les ciseaux.
A chaque extrémité de la
bandelette, un fil de traction est fixé au moyen d'une boucle ..
Le laçage est mené de bas en haut, entre l'arcade crurale et le
tendon conjoint à l'aiguille de Reverdin qui charge les fils de traction.
La plaque de peau. La plaque est prélevée sur la partie externe de la
cuisse au bistouri. Elle est soigneusement dégraissée. Elle est suturée à
l'arcade crurale en bas, au tendon conjoint en haut et comble ainsi la
perte' de substance herniaire. Cette plaque de peau doit être tendue
comme une peau de tambour. Sa valeur sclérogêne est alors réelle et
l'évolution des éléments cutanés (poils, glandes sudoripares, etc.) est
stoppée.

36
2.5.3. Cure opératoire des autres variétés de hernie inguinale
[4,7,25,39,41,45]
2.5.3.1. La hernie sans sac ou hernie directe
La hernie se situe au niveau de la paroi postérieure du canal
inguinal, entre le bord inférieur de l'arche du tendon conjoint et l'arcade
crurale.
Dès qu'on a libéré le cordon, on découvre. là une saillie péritonéale
recouverte d'un épais matelas de tissu graisseux. Cette saillie est plus ou
moins prononcée, mais son volume représente généralement celui d'un
oeuf de poule. Elle n'est en rien pédiculée et sa résection serait une
prouesse chirurgicale bien inutile, puisque le péritoine serait toujours là, et
bien dangereuse, parce que le péritoine viscéral participe bien souvent à
la hernie.
Fait important, la hernie peut coexister avec une hernie sacculaire.
La cure de la hernie directe est difficile puisqu'il s'agit de combler
une perte de substance musculo-aponévrotiqu~.
2.5.3.2. La hernie inguino-scrotale
Il existe deux types de hernie inguino-scrotale. Le premier est une
hernie avec un sac volumineux qui s'engage dans les bourses. La cure
n'en a rien de particulier. L'incision restera inguinale et c'est par traction
douce sur le sac ouvert qu'on l'extériorisera de la bourse, ce qui est en
général facile. Il faudra simplement veiller à une hémostase soigneuse.
Les parois du sac sont épaisses et adhérentes et il faut éviter un
hématome des bourses.

37
Le deuxième type est représenté par une hernie qui s'engage dans
un canal vagino-péritonéal persistant. Le sac se confond donc en bas
avec la vaginale. Plutôt que de se livrer à des manoeuvres' complexes de
dissection au niveau des bourses, il est plus simple et tout aussi efficace
de libérer le sac ·dans sa portion inguinale, de le sectionner, la partie
inférieure est laissée ouverte et communiquera sans inconvénient avec la
vaginale; la partie supérieure est traitée comme un banal sac herniaire. Il
est à remarquer que cette manoeuvre déconseillée chez l'enfant, est
possible chez l'adulte où la paroi du sac est. épaisse et clivable des
éléments du cordon.
Les hernies inguino-scrotales peuvent être très volumineuses et
avoir perdu droit de cité, tant le contenu abdominal s'est déversé dans le
sac.
2.5.3.3. La hernie de l'enfant
La hernie inguinale du nouveau-né pourrait être considéré comme
une «chronopathie», c'est à dire comme un retard de l'involution normale
du canal péritonéo-vaginal; elle serait donc susceptible .de guérir par un
simple traitement conservatèur (bandage en caoutchouc non armé).
Passé six mois, ou en cas d'étranglement à répétition,
cette
possibilité disparaÎt.
Les hernies apparues après la naissance, par reperméabilisation du
canal péritonéo-vaginal, n'ont pas de chance de guérir spontanément; le
bandage en ce cas n'est qu'un simple palliatif qui permet de reculer l'âge
de l'opération. Dans les deux cas, si le bandage est bien toléré, et s'il est
efficace, l'opération doit cependant être envisagée avant la fin de la
première année, avant le début de la station debout, la marche. Si le

38
bandage est mal tolérer ou inefficace, si une ectopie testiculaire ou une
hydrocèle associées, ou encore une hernie de ~'ovaire chez la fillette,
empêchent sa mise en place correcte ou si la hernie s'est étranglée, il
faut opérer, quelque soit l'âge de l'enfant, ce qui ne présente d'ailleurs
aucun danger entre des mains exercées. Passé un an, toutes les hernies
inguinales de l'enfant doivent être opérées.
Dans la hernie inguinale de l'enfant, il n'existe pas de défaut
pariétal; La réfection de la paroi n'a qu'une importance secondaire, seule
compte la suppression du diverticule péritonéal.
Le traitement chirurgical consistera donc essentiellement à séparer
le canal
péritonéo-vaginal
des autres éléments du cordon,
et à la
sectionner en totalité au voisinage de l'orifice profond du canal inguinal.
Ceci est toujours facile, même chez le tout petit nourrisson,.à condition
de ne pas ouvrir le sac, qui présente une certaine consistance quand il est
entier, et se déchire désespérément dès qu'il est ouvert.
L'incision cutanée doit être faite horizontalement, dans un pli
cutané, toujours facile à repérer, en regard de l'orifice inguinal profond.
Après dissociation du tissu adipeux, habituellement abondant chez le
nourrisson, et hémostase, l'aponévrose du grand oblique est également
incisée horizontalement, et s"es lèvres repérées par des pinces de Kocher.
Le cordon spermatique est trouvé dans la lèvre aponévrotique
inférieure.
Il
sera
prudemment dégagé avec un
pince
de
Kelly et
l'opérateur le chargera sur son index gauche (Fig. 23).
La tunique fibreuse du cordon est incisée superficiellement avec la
pointe du bistouri, et le sac herniaire, blanchâtre et nacré, est saisi avec
une ou deux pinces de Terrier, ou entre deux doigts. Avec un tampon
monté, les éléments nobles du cordon sont décollés du sac, refoulés en
dedans, et replacés dans le canal inguinal (Fig. 24, 25).

39
Une fois le sac complètement isolé sur l'index de l'opérateur, sa
partie
proximale est saisie dans
une pince,
on
le sectionne,
et on
abandonne
sa
partie
distale,
qui
se
prolonge
vers
le
scrotum
et
commUniOLJe souvent avec la vaginale.
Apr:~~s a'Joir tordu sur elle-même la pince qui repère le bout proximal
du sac, (:2 (lui a pour effet d'attirer le pied du canal péritonéo-vaginal
sans riscL.~es di attirer une anse intestinale, ce pédicule est transfixié et lié
par un p !nt de meunier au fil non résorbable (Fig. 26). Dès que le fil est
coupé et a ;Jince enlevée, le pédicule disparaÎt dans la profondeur.
Un;:;
action sur le testicule remet en place le cordon dans le
scrotum.
La 'Jarf]; sera refermée par un seul point de fil non r~9sorbable
abaissar;~ Je tendon conjoint à l'arcade crurale, en avant .du cordon.
L' aponé'Jroseest refermée au catgut et, après capitonnage, la peau est
fermée p,ar une surjet de nylon.
Chez la fii/ette, le cordon, ne contenant aucun élément noble peut
être sectionné en totalité une fois qu'il a été isolé. Le pédicule proximal,
transfixié et lié, devra être amarré à la face profonde du tendon conjoint
pour refixer le ligament rond, élément de la statique utérine. Le pédicule
distal doiT être lié au catgut.

\\
r1
/ 1
li ·'r"'11t' Jt' r~nfanf, .\\près Incisi\\.ln
FIG .• ~. ~ -
Le ~J(' péritonéaJ est saisi avec une
'""<:I\\:ZL',r-:l..t,è je la peJU et j~ l'J~.ln~\\ro~e Ju
pln('è de T èm~r. ~t les ckmc:nh r'\\1'/.",ks du (ordon
:::rJr..i ('biique. le cordon spènnJlique est
sonl de(olJes J\\ ~( un tampon rTI'IJ~·'Afé.
',:;:~.J~L e! ;:,~r ,,'hargë' ~ur l'Index gau(he La
:~~:(~uc.~ !jJreU~è du ~ùrdon est Jn\\..'bee pru-
F:c
-- :~'''.(' fOIS le sac isolé. les éléments
FIG .• ~ ;~.- '.j pJJ11e pro, 1male du sac e~t ~e~tJonnée.
Cu
...-C'rdur. :;ont
rep]acé~ dans le canal
tnrdUè. t'y jlè~ p.u un pOint de meunier. La panle'
Inguln.1Î ,
dJ~tJk dü ~a...' est aband(lnn~e.
L.i par,-"'} ~era referml'e par un ~eul pOint de n~ Ion
retr('1-fUnl",'uIJlre. abal~~anl le tendün ('nJoint Il
l' ar",' JJè L' .Jf"né\\TOSe e~t suturee au catgut

41
2.5.3.4. La hernie de la femme
La hernie inguinale est beaucoup plus rare chez la femme que chez
l'homme, à l'inverse de la hernie crurale. La possibilité de réséquer le
ligament rond dans le canal inguinal en facilite grandement la cure.
Pratiquement, s'il existe un sac, et c'est la règle, celui-ci sera
réséquer à l'orifice profond du canal. Le ligament rond est réséqué en
même temps. Le fil de la ligature est conservé, et grâce à un point en U il
est appliqué à la face profonde du tendon conjoin.t. C'est la manoeuvre de
Barker qui permet d'éviter la désaxation de l'utérus.
Le ligament rond est sectionné en bas, près de l'épine du pubis,
sous ligature hémostatique. Dès lors, la cure de la hernie se fait très
simplement par suture entre arcade et tendon conjoint. La récidive est
exceptionnelle.
2.5.3.5. Hernie et appendicite
La prudence est de règle. L'appendicectomie est une intervention
septique qui n'a rien à faire dans la cure d'une hernie, à moins que l'on
désire- voir se développer une infection pariétale avec élimination des fils
de suture. Si l'on tient absolument à enlever l'appendice, il vaut mieux
faire une deuxième incision à distance type Mac Burney, après cure
correcte de la hernie. Chez l'enfant, où l'appendice peut se trouver dans
le sac, où le caecum est complaisant, où la cure de la hernie ne nécessite
pas toujours .de fils non resorbables, on peut exceptionnellement se
laisser aller à l'enlever.

42
2.5.4. L'étranglement herniaire [22, 41]
2.5.4.1. Traitement pré-opératoire.
La notion d~urgence du traitement des hernies étranglées ne se
discute pas; cependant, on ne saurait intervenir sans un minimum
d'examen pré-opératoire, sans une préparation sérieuse de l'opéré.
Examen général. Avant tout, un examefl rapide, mais attentif,
renseignera sur l'heure du dernier repas, sur l'état cardiaque pulmonaire,
sur les tares antérieures possibles.
On recherchera le temps de saignement, de coagulation, le taux de
l'hématocrite; On pratiquera une numération globulaire; On recherchera le
groupe sanguin.
Enfin, la présence de sucre ou d'albumine dans les urines sera
recherchée.
Traite/11ent du choc.
Il
est indispens~ble avant d'entreprendre
l'intervention; bref et énergique, il doit permettre d'amener le malade
dans les meilleures conditions possibles à l'intervention.
2.5.4.2. Technique chirurgicale
a) Incision sur la tumeur suivant son axe, en remontant plus
haut que dans une cure radicale, la peau, puis l'aponévrose du grand
oblique.

43
b) Chercher le sac et l'ouvrir. Le sac, distendu par son contenu
se présente de lui-même.
Mais son incision exige des précautions
extrêmes, car l'anse étranglée est souvent «à plein»
dans la cavité
sacculaire et en contact direct avec la gaine séreuse. Il convient donc de
l'inciser très prudemment, sur un pli transversal soulevé par 2 pinces. Il
sort un jet de sérosité, citrine ou sanglante. Le contenu apparaÎt, violacé,
parfois presque noire, intestin ou épiploon. Agrandissez l'ouverture,
placez deux pinces repères sur les lèvres de l'incision, regardez la face
interne lisse, séreuse.
c) Débrider. Un écarteur décline le bord inférieur du petit
oblique et du transverse mis à nu. Une main décline en bas, sous une
compresse, la masse herniaire. La région du collet se trouve parfaitement
exposée. Au bistouri, d'arrière en avant, inciser le collet fibreux à petit
coup. A un moment donné on voit que quelque chose cède, la tension se
relâche, 1/ obstacle est levé.
Il est une autre manière de débrider : sur l'index gauche glissé dans
le collet, plus exactement enfoncé en forçan~ un peu, on introduit une
branche des ciseaux droits et on coupe de bas en haut, jusqu'à libération.
e) Examen du cohtenu. Attirez en dehors l'intestin, l'épiploon,
assez loin pour pouvoir inspecter la zone qui a été serrée et au-delà. Le
mésentère est intact ou légèrement ecchymotique. L'anse qui a été serrée
est marquée d'une encoche circulaire, d'un sillon circonférenciel pâle,
livide contrastant avec la coloration rouge lie de vin de l'intestin au-
dessous.

44
L'âppréciation de la vitalité de l'intestin est un moment crucial. On a
souvent besoin de critères incontestables de vitalité avant de réintégrer
l'anse Spil3céfée. Il n'en existe que deux: Le retour à une coloration
normale:;~' :3 réapparition des ondes péristaltiques.
QL:3n~"j l'anse est cyanosée et immobile, tout en gardant une
consistaî,::s terme, il faut d'abord l'attirer en entier dans le champ
opératol:' ':
J~3 !llanière à en exposer les pieds sains et le collet, siège des
lésions
~>.; nlales. Trois cas sont alors possibles:
Sp -i~:::nément; les signes de vitalité réapparaissent, sinon, il faut
recouvr~
. ,'castin d'un champ imbibé de sérum chaud pendant plusieurs
minutes
Si ,/.
: orltractions n'apparaissent pas, il est nécessaire ~j'~ 1nfiltrer le
mésente:-:, '~"!'2C une solution au centième de procaïne. Cette ,injection se
fera avec: lJiî'8 aiguille fine et sera immédiatement sous-séreuse; la boule
d' oedèn-:::;
"formée
par
la
solution
anesthésique
décolle
les
feuillets
mésentér-:cues et baigne largement le pédicule vasculo-nerveux de l'anse.
Il
faut3IJrt()ut
éviter,
par
une
piqûre
profonde,
de
provoquer
un
hématon1fj;
C'est
une
éventualité
très
désagréable
et
qui,
incontesT2biement, compromet la circulation dans l'anse déjà lésée. Le
plus SOl~"!ent , on note un changement de coloration nette; il faut
observer 3'18C soin la progression de l'onde contractile, si elle franchit le
collet d'étranglement, tout va bien.
Dans les «cas limites» , il faut évaluer sans optimisme la vitalité
intestinaie. On sait que le sphacèle commence par la muqueuse; un
intestin
«lim~te» réintégré
est
susceptible
de
contenir
des
dégâts
irréversibles! ce qui se traduira par la persistance de l'occlusion, par une
hémorragie môssive et le plus souvent par la mort.

45
f) Traitement de l'intestin sphacélé
-
la
résection
partielle.
Elle
ne
garde
que
des
indications
exceptionnelles. On peut admettre l'exérèse d'une zone nécrotique, si elle
est très petite, si elle siège sur le bord libre de l'intestin, et si une suture
en deux plans, perpendiculaires à la longueur du grêle, est possible en
tissus sains et sans entraÎner de sténose ou de coudure.
D'ailleurs, même dans ces cas, la résection limitée n'est guère plus
simple que la résection suivie d'anastomose.
- la résection suivie de suture immédiate.
Elle comporte un risque
immédiat, risque amoindri cependant par l'anesthésiste-réanimateur et par
l'aspiration intestinale post-opératoire.
g) Disséquer, lier et exciser le sac.
h) Reconstituer la paroi.
Soins, suites opératoires. Les soins post.-opératoires viseront avant
tout le rétablissement d'un état humoral normal, mais aussi l'évacuation
de
l'intestin
libéré
de
sO'n
étranglement.
L'aspiration
digestive
est
indispensable.
L'opéré doit être levé dès qu'il est en état de le faire, autant que
possible dans les vingt quatre heures.
Les premiers gaz sont émis habituellement le deuxième jour. Mais il
faut souvent attendre le quatrième ou le cinquième jour pour obtenir une
selle, qu'il sera parfois utile de solliciter par de petits lavements ou un
purgatif huileux très prudent par petites doses répétées.

46
Complications.
Outre celles étudiées à propos des hernies non
étranglées, on peut observer les complications suivantes, spéciales aux
opérations pour hernies étranglées :
La persistance des phénomènes d'occlusion malgré l'aspiration doit
faire soupçonner la persistance d'une cause d'occlusion qui n'a pas été
traitée: sac double; alors l'indication de réopérer est formelle.
La péritonite peut être due à la perforation d'une anse douteuse
imprudemment intégrée, ou d'une anse qu'on a pas vue parce qu'elle
était le siège d'un étranglement rétrograde. Réintervenir d'urgence. On
peut ainsi avoir la surprise de découvrir un infarctus mésentérique post-
opératoire par thrombose veineuse extensive.
Les hémorragies gastro-intestinales peuvent se manifester par des
hématémèses, plus souvent par des selles sanglantes ou du melaena. On
distingue une forme précoce, bénigne et une forme tardive, du cinquième
au vingtième jour, beaucoup plus grave. Il s'agit dans ce dernier cas d'un
infarctus hémorragique de l'intestin, et il est indiquer de réintervenir.
L'occlusion tardive peut survenir des mois et des années après la
guérison
de
la
kélotomie,
du
fait
d'adhé~ences, de brides ou
de
rétrécissement cicatriciel de l'intestin.
2. 5.5. Traitements associés.
Ils visent à prévenir la récidive:
- Le port d'un slip herniaire peut rendre de grands services pour
renforcer une. paroi récemment reconstituer et s'opposer à la pression
abdominale
en
attendant
la
remusculation
et
la
cure
des facteurs
d'hypertension abdominale;

47
- La rééducation musculaire est indispensable pour remuscler les
abdominaux, mais également pour apprendre à faire certains efforts sans
violence.
- La rééducation, slip herniaire, ceinture herniaire seront utilement
prescrits avant la cure chirurgicale;
Il est de même préférable chez les obèses de ne faire la cure locale
qu'après avoir essayé de réduire la surcharge pondérale;
- Enfin et surtout, il faut réduire tous les efforts de poussée en
dépistant et traitant la toux d'une bronchite çhronique, tabagisme, la
cause d'une dysurie ou d'une dyschésie.
Dans
certain
cas,
se
discute
après
la
cure
de
hernie,
un
rec1assement professionnel ou l'abandon de certains sports violents.
En somme,. traiter la hernie sans corriger tous les facteurs de
récidives rend la récidive certaine à plus ou moins brève échéance.

48
DEUXIEME PARTIE: NOTRE TRAVAIL

49
III. - ENONCE DU PROBLEME [18]
Le Burkina Faso est un pays enclavé de l'Afrique de l'ouest, avec
une superficie de 274.200 km 2 et une population estimée à 9.377.000
habitants. Situé en zone souda no-sahélienne, son économie est basée sur
l'agriculture et l'élevage.
Ces deux secteurs occupent
90%
de la
population rurale.
Ouagadougou est la capitale du pays avec 1.200.000 habitants (en
1985). Il est situé dans la province du Kadiogo et abrite le Centre
Hospitalier National Yalgado Ouédraogo (CHN-Y.O.), cadre de notre
étude.
A l'instar des pays de la sous région, le Burkina Faso est un pays
pauvre qui connaît d'énormes problèmes de santé. La couverture sanitaire
est insuffisante.
Au plan médical, cette situation est dominée par les grandes
endémies communes au tiers monde: paludisme, maladies diarrhéiques et
autres maladies infectieuses, virales et parasitaires.
Au plan chirurgical, les hernies inguinales occupent une place
~ importante.
Le CHN-Y.O. constitue avec celui de Bobo-Dioulasso les deux
centres de référence nationale, situés au sommet de la pyramide sanitaire
du pays.
Dans ce travail,
nous nous proposons d'analyser les aspects
épidémiologiqlJe, clinique et thérapeutique des hernies inguinales traitées
dans les services de Chirurgie Générale et Digestive et des Urgences
chirurgicales du CHN-Y.O. durant la période allant du 01 Janvier 1991 au
.
31 Décembre 1995; soit une durée de cinq (5) ans.

50
IV.- OBJECTIFS DE L'ETUDE
4. 1 Objectif général
Analyser les aspects épidémiologique, clinique et thérapeutique des
hernies inguinales traitées au CHN-YO durant la période de l'étude.
4. 2 Objectifs spécifiques
1. Déterminer la fréquence des hernies inguinales traitées au CHN-
YO.
2. Déterminer les différents aspects topographiques des hernies
inguinales.
3. Etudier la distribution des paramètres suivants chez les patients:
- âge,
- sexe,
- profession,
-résidence,
- circonstance de survenue,
- signes d'accompagnement.
4. Etudier la distribution des hernies inguinales en fonction des
périodes de l'année.
5. Analyser les complications des hernies inguinales.
6. Analyser les techniques chirurgicales utilisées dans la cure des
hernies inguinales.

51
V.- METHODOLOGIE
5. 1. Cadre de l'étude [47]
Le CHN-Y.O., a été créé en 1961. Il regroupe plusieurs services
dont le cadre de notre étude, qui comprend:
5.1 .1. Le service de Chirurgie Générale et Digestive
Il reçoit tous les malades souffrants de pathologie chirurgicale des
viscères
et
des
autres
parties
molles.
Le
personnel
comprend
4
chirurgiens, 8 infirmiers, 1 brancardier et une fille de salle.
Le service dispose de:
- une section d'hospitalisation avec 37 lits; repartis en 3 salles
de 2 ème catégorie et 5 salles de 5 ème catégorie.
- deux (2) salles opératoires faisant partie du bloc opératoire
commun à tous les services chirurgicaux occupée chacune 3 jours de la
semaine sur 7. Dans chaque salle, les chirurgiens sont aidés par 2
infirmiers spécialisés en
chirurgie
(aide-opérateurs).
L'anesthésie est
. assurée par 2 anesthésiste-réanimateurs aidé chacun par 2 infirmiers
spécialisés en anesthésie-réanimation (aide-anesthésistes).
5.1 .2. Le service des post-opérés
Est un service de transition (45 lits) pour des malades en période
postopératoire
immédiate
avant
leur
transfert
dans
les
services
spécifiques. Le personnel comprend:

52
- 2 médecins anesthésiste-réanimateurs
- 12 infirmiers,
- 2 brancardiers,
- 2 filles de salle.
5.1.3. Le service des urgences chirurgicales.
Commun à toute la chirurgie, il comporte 2 sections:
- Le Triage, composé d'une salle de soin,.1 salle d'observation, 1
bureau et une salle de garde. Un. infirmier spécialiste en chirurgie, 6
infirmiers
diplômés
d'état
et
4
infirmiers
brevetés
constituent
le
personnel.
- le bloc opératoire comporte 2 salles d'opérations. Une équipe
permanente composée de 2 aides-opérateurs, 3 aide-anesthésistes et un
instrumentaliste
assure
la
permanence.
Ce
personnel
est
relayé
quotidiennement par une équipe de garde. Le service des urgences
chirurgicales est dirigé par un chirurgien des hôpitaux.
Ce personnel est appuyé par les stagiaires infirmiers, étudiants et
médecins.
5. 2. Matériel et méthodes
Notre étude est rétrospective, elle porte sur une période de 5 ans,
allant du 01 Janvier 1991 au 31 Décembre 1995.
Tous les malades opérés pour hernie inguinale dans cette période
ont été retenus.

53
Les données ont été collectées à partir des feuilles d'observations,
des registres d' hospitalisation des services et des registres de protocole
opératoires.
Les données ont été recueillies sur une fiche de collecte dont un
exemplaire est joint en annexe. Elles ont ensuite été saisies et analysées
sur un support informatique à l'aide du logiciel Epi-info 5.
5.3. Limites et contraintes
- perte de dossiers cliniques ayant porté préjudice à l'étude;
- qualité insuffisante des observations cliniques;
- registres incomplets ou manquants;
- comptes rendus opératoires non reportés ou incomplets.
Ces limites nous ont contraint à:
- revenir pour chaque variable étudiée sur l'effectif de nos patients;
- exciure de notre étude l'analyse des aspects anatomiques des
hernies inguinales (directes, indirectes).
Ce type de problème est inhérent au caractère rétrospectif de toute
étude clinique dans notre contexte. L'absence d'un service des archives
au CHN- Y. O. a contribué à rendre encore plus pénible la recherche de nos
données.

54
VI. RESULTATS
6.1. Données épidémiologiques
6.1.1 . Fréquence générale
De
Janvier
1991
à
Décembre
1995,
4312
interventions
chirurgicales de type digestif ont été effectuées dans les services de
Chirurgie Générale et Digestive et aux Urgences Chirurgicales du Centre
Hospitalier National Yalgado Ouédraogo.
Nous avons enregistrés 2028 cas de hernies inguinales opérés, soit
47,03 % des activités opératoires de type digestif.
6.1.2.
Distribution annuelle et mensuelle des hernies inguinales
opérées au CHN-Y.O. de Janvier 1991 à Décembre 1995.
La figure 27 donne la distribution annuelle des 2028 cas.

55
600
500
400
fi)
.Q)
...
•Q)
Co
0
fi)
CG
u
300
Q)
"C
Q)
...
.c
E
0
z
200
100
o
1991
1992
1993
1994
1995
ANNEES
Fig. 27:
Distribution annuelle de 2028 cas de hernies inguinales
opérées en Chirurgie Générale Digestive et aux Urgences Chirurgicales au
CHN - Y.O. de Janvier 1991 à Décembre 1995 Ouagadougou, Burkina
Faso.

56
Sur un total de 2028 malades opérés, la date de l'intervention comportait
le mois sur 2023 dossiers. La figure 28 donne la distribution mensuelle
des cas.
250
200
t/)
'CI>
L.
1~
'CI>
150
c-
o
t/)
cu
CJ
CI>
"C
CI>
L.
.c
100
E
0
z
50
o .l....-
.....,...
...,...._.....,..._----l
Jan
Fév
Mars
Avr
Mai
Juin
Juil
Août
Sept
Oct
Nov
Déc
MOIS
Fig. 28:
Distribution mensuelle de 2023 cas de hernies inguinales
opérées en Chirurgie Générale Digestive et aux Urgences Chirurgicales au
CHN - Y.O. de Janvier 1991 à Décembre 1995 Ouagadougou, Burkina
Faso.

57
6.1.3. Distribution des cas selon le sexe
Les 2.028 cas de hernies inguinales opérées ont concerné 1.924
patients de sexe masculin et 104 patients de sexe féminin
Masculin
95%
Féminin
5%
Fig. 29 : Distribution selon le sexe de 2028 cas de hernie inguinale
opérées en Chirurgie Générale Digestive et aux Urgences Chirurgicales au
CHN - Y.O. de Janvier 1991 à Décembre 1995 Ouagadougou, Burkina
Faso.

58
6.1.4. Distribution des cas selon les classes d'âge
Pour un effectif de 2028 patients opérés de hernies inguinales, 1.923
avaient l'âge enregistré.
fi)
'(1)
250
'-
'(1)
Q,
0
fi)
ca
u
200
(1)
"C
e
oC
E
0
150
z
0-10
11-20
21-30
31-40
41-50
51-60
61-70
71-80
81-90
Classes d'âge
Fig. 30:
Distribution selon les classes d'âge de 1.923 cas de hernies
inguinales opérées en Chirurgie Générale Digestive et aux Urgences
Chirurgicales
au CHN
- Y.O.
de Janvier
1991
à Décembre
1995
Ouagadougou, Burkina Faso.

59
6.1.5. Distribution des cas selon la résidence
La résidence des patients était mentionnée dans 575 cas
Tableau 1 : Distribution selon la résidence de 575 patients opérés de
hernies inguinales en Chirurgie Générale Digestive et aux Urgences
Chirurgicales
au
CHN
- Y.O.
de Janvier 1991
à Décembre
1995
Ouagadougou, Burkina Faso.
Résidence
Nombre
Pourcentage
Zone rurale
265
46,09
Zone urbaine
310
53,91
Total
575
100
6.1 .6. Distribution des cas selon la profession
La profession a été enregistrée chez 355 patients.
Tableau Il : Distribution selon le statut social de 355 cas de hernies
inguinales opérées en Chirurgie Générale Digestive et aux Urgences
Chirurgicales au
CHN
- Y.O.
de Janvier 1991
à Décembre
1995
Ouagadougou, Burkina Faso.
Statut social
Nombre
Pourcentage
Cultivateurs
229
64,51
Fonctionnaires
16
4,51
Elèves et Etudiants
25
7,04
Militaires
18
5,07
Secteur informel
63
17,79
Retraités
4
1,13
Total
355
100

60
6.2. Données cliniques
6.2. ; . Délai de consultation
Le '-jéiai de consultation était variable avec des extrêmes de un jour
et de 3e ~r;s. Le délai moyen était de 3 ans.
6.:=.~. '=irconstances d'apparition
C' .'-
r.:-:;: ,:..
:es
2.028
cas
de
hernie
opérées,
les
circonstances
d'appari-::icr ,je la hernie était mentionnée dans 1.007 cas. Ainsi la hernie
existait. ~~'_.. S l'enfance dans 8,140/0 des cas; et dans 91,860/0 des cas, il
s'agissôi·: j'une hernie acquise dont la survenue était reliée à un effort
physique.
6.2.3. !Vlotifs de consultation
Ils som: classés par ordre de fréquence dans le tableau III.

61
Tableau Jil
:
Les signes d'examen des patients opérés de hernies
inguinale: .:;:; Chirurgie Générale Digestive et aux Urgences Chirurgicales
au CHN
"~. de Janvier 1991 à Décembre 1995 Ouagadougou, Burkina
Faso.
Signes ;- _ : -:-:nneis
Nombre
Douleur
366
Gênes
180
Vomiss;:::-
156
Arrët de
:~;-3S et de gaz
99
f\\Jausée
4
Di2rrhé~
4
Signes
21
15
4
585
6. ~_.- - ' 3S hernies itératives
02.-'.: ::2 =~apitre, nous avons considéré toutes les hernies inguinales
récidivées sorès une première cure pratiquée du même côté.
6.: ..L. ~. Répartition des cas de hernies itératives selon les classes
d'âge.
Nous avons relevé 92 cas de hernies itératives dont 88 dossiers
comportaient l'âge du patient.

62
25
Ul
(1)
-(1)
"-
-(1)
15
c.
0
CIl
(1)
>
~
cu
"-
-(1)
~
Ul
.~
10
c"-(1)
:J:
5
0 - - -
0-10
11-20
21-30
3140
41-50
51-60
61-70
71-80
81-90
Classes d'âge
Fig. 31 : Distribution selon les classes d'âge des 88 cas de hernies
inguinales itératives observées en Chirurgie Générale Digestive et aux
Urgences Chirurgicales au CHN - Y.O. de Janvier 1991 à Décembre 1995
Ouagadougou, Burkina Faso.

63
6.2.4.2. Répartition des cas de hernies itératives selon le sexe
Masculin
98%
Féminin
2%
Fig. 32 : Répartition selon le sexe des 92 cas de hernies inguinales
itératives observées en Chirurgie Générale Digestive et aux Urgences
Chirurgicales au CHN - Y.O de Janvier 1991 à Décembre 1995
Ouagadougou, Burkina Faso

64
6.2.4.3. Répartition des cas de hernies itératives selon la profession
La profession du patient était mentionnée dans 40 dossiers.
Tableau IV : Répartition selon la profession des 40 cas de hernies
inguinales itératives observées en Chirurgie Générale Digestive et aux
Urgences Chirurgicales au CHN - Y.O. de Janvier 1991 à Décembre 1995
Ouagadougou, Burkina Faso.
Profession
Nombre
Pourcentage
Cultivateurs
28
70
Secteur informel
1 1
27,5
Retraités
1
2,5
Total
40
100
6.2.5. Distribution selon la topographie
La distribution topographique des 2.028 cas de hernies inguinales
est représentée dans la figure 33.

65
HID
HIB
40%
6%
HISG
11%
HISD
HIG
23%
HISB
19%
1%
Fig. 33 : Distribution topographique des 2.028 patients opérés de hernies
inguinales en Chirurgie Générale Digestive et aux Urgences Chirurgicales
au CHN - Y.O. de Janvier 1991 à Décembre 1995 Ouagadougou, Burkina
Faso.

66
6.2.6. Les complications
Nous
avons
observé
deux
types
de
complications.
Elles
ont
concernées 986 patients dont: 924 cas d'étranglements et 62 cas
d'engouements.
6.2.6.1 . Les étranglements herniaires
a) Répartition selon les mois
- Le mois de l'intervention chirurgicale a été enregistré chez 918
patients opérés de hernies inguinales étranglées.

67
120
100
80
li)
CI)
.CI)
...
'CI)
70
c.
0
li)
CI)
~
C)
60
l:
l'Cl
...
..•CI)
li)
.~
l:
...
CI)
::I:
40-
20 .
0
...
..
..
..
l:
>
l!!
l:
>
u
l'Cl
.CI)
>
l'Cl
::1
'::1
C.
U
0
'G)
,
,
,
U.
l'Cl
ct
::i
::1
0
CD
0
Z
Q
::i
ct
(1)
MOIS
Fig. 34 : Répartition selon les mois de 918 hernies inguinales étranglées
opérées en Chirurgie Générale Digestive et aux Urgences Chirurgicales au
CHN - Y.O. de Janvier 1991 à Décembre 1995 Ouagadougou, Burkina
Faso.

68
b) Répartition selon le sexe
Masculin
97%
Féminin
3%
Fig. 35 : Répartition selon le sexe de 924 hernies inguinales étranglées
opérées en Chirurgie Générale Digestive et aux Urgences Chirurgicales au
CHN - Y.O. de Janvier 1991 à Décembre 1995 Ouagadougou, Burkina
Faso.

69
c) la répartition selon la profession.
Tableau V :
Répartition selon le statut social de 198 patients opérés
de hernies inguinales étranglées, en Chirurgie Générale Digestive et aux
Urgences Chirurgicales au CHN - Y.O. de Janvier 1991 à Décembre 1995
Ouagadougou, Burkina Faso.
Statut social
Nombre
Pourcentage
Cultivateurs
159
80,3
Fonctionnaires
9
4,55
Elèves et étudiants
2
1,01
Secteur informel
28
14,14
Total
198
100
6.2.6.2. L'engouement herniaire
a) Répartition des engouements herniaires selon la profession
des patients.
La profession a été enregistrée chez 23 patients opérés pour engouement
herniaire.

70
Cultivateur
73%
Fonctionnaire
Secteur
Elèves et
9%
informel
Etudiants
9%
9%
Fig. 36 : Répartition selon la profession des 23 patients opérés de
hernies inguinales ~ngouées, en Chirurgie Générale Digestive et aux
Urgences .chirurgicales au CHN - Y.O de Janvier 1991 à Décembre
1995 Ouagadougou, Burkina Faso.

71
b) Répartition selon le sexe des hernies inguinales engouées
opérées.
Cette répartition donnée par le tableau VII
Masculin
97%
Féminin
3%
Fig. 37 : R(~'partition selon le sexe de 62 patients operes de hernies
inguinales engouées, en Chirurgie Générale Digestive et aux Urgences
Chirurgicales
au
CHN
- Y.O.
de Janvier
1991
à
Décembre
1995
Ouagadougou, Burkina Faso

72
6.3. Données thérapeutiques
6.3.1. Circonstances opératoires
Les malades ont été opérés soit en urgence (hernies inguinales
compliquées) soit.à froid (hernies inguinales simples).
Le tableau
VI donne la répartition des
patients selon
la situation
opératoire.
Tableau VI :
Répartition
selon
la
situation
opératoire
de
2.028
patients opérés de hernies inguinales en Chirurgie Générale Digestive et
aux Urgences Chirurgicales au CHN - Y.O. de Janvier 1991 à Décembre
1995 Ouagadougou, Burkina Faso.
Situation opératoire
Nombre
Pourcent~ge
Urgence
986
48.62
A froid
1042
51,38
TOTAL
2028
100
6.3.2. La technique chirurgicale utilisée pour la cure
Dans l'analyse des données thérapeutiques la technique utilisée par
" le chirurgien pendant la cure était mentionnée dans 1032 cas.

73
Tableau VII : Répartition selon la technique chirurgicale utilisée pour la
cure de 1.032 patients opérés de hernies inguinales en Chirurgie' Générale
Digestive et aux Urgences Chirurgicales au CHN - Y.O. de Janvier 1991 à
Décembre 1995 Ouagadougou, Burkina Faso.
Technique chirurgicale
Nombre
Pourcentage
Bassini
670
64,92
Mac Vay
319
30,91
Lotheissen
27
2,62
Shouldice
6
0,58
Forgue
5
0,48
Autres
5
0,48
Total
1032
100
6.3.3. Contenu du sac herniaire
Le contenu· du sac herniaire a été mentionné dans ·Ie protocole
opératoire de 392 patients opérés.
Tableau VIII : Répartition selon le contenu du sac herniaire de 392
patients opérés de hernies inguinales en Chirurgie Générale Digestive et
aux Urgences Chirurgicales au CHN - Y.O. de Janvier 1991 à Décembre
1995 Ouagadougou, Burkina Faso.
Contenu du sac
Nombre
Pourcentage
Grêle
259
66,07
Colon
20
5,10
Epiploon
20
5,10
Corne vésicale
11
2,81
Mixte
10
2,55
Autres
..
72
18,37
Total
392
100

74
L'aspect des anses retrouvées dans le sac a été mentionné chez
238 patients. Elles étaient viables dans 84,50/0, nécrosées dans 15,50/0
entraînant une résection intestinale.
6.3.4. Suites opératoires
Les suites opératoires ont été enregistrées chez 570 patients
6.3.4.1. Suites simples
Nous avons considéré les suites opératoires simples quand la sortie
du malade intervient avant le 8 ème jour (890/0 des patients).

75
6.3.4.2. Les complications post-opératoires (Cf. Fig. 38).
Infections
29
Décès
19
Hémorragie 8
Orchites Douleurs
4
résiduelles
4
Fig. 38 : Répartition de 64 complications posto-pératoires immédiates de
hernies
inguinales
opérées
en
Chirurgie
Générale
Digestive et
aux
Urgences Chirurgicales au CHN - Y.O. de Janvier 1991 à Décembre 1995
Ouagadougoü, Burkina Faso.

76
6.3.4.3. Mortalité
a) Répartition des cas de décès selon le sexe.
Nous avons enregistré pour 2028 cas de hernie inguinale opérée 19
décès soit un taux de mortalité de 0,9%; tous étaient de sexe masculin.
b) Répartition des décès selon les classes d'âge
5
4,5
4
3~
,""
U)
,CI)
(J
3
.CI)
"0
CI)
"0
2,5
CI)
...cE 2
0
z
1,5
1
0,5
o -.---.,;
0-10
11-20
21-30
31-40
41-50
51-60
61-70
71-80
81-90
Classes d'âge
Fig. 39:
Répartition
selon les classes d'âge de
18 cas de décès
observés chez 2028 patients opérés de hernies inguinales en Chirurgie
Générale Digestive et aux Urgences Chirurgicales au CHN - Y.O. de
Janvier 1991 à Décembre 1995 Ouagadougou, Burkina Faso.

77
c) Mortalité et profession
Sur les 19 cas de décès observés, 12 avaient leur profession
enregistrr§e, tous étaient cultivateurs.
d) Mortalité et résidence
Sur 19 cas de décès observés 15 avaient la résidence notée, ils
provenaien-r: de milieu rurale.
e) Complications et décès
Sur les
~:~ décès enregistrés, 18 étaient survenus chez des malades
opérés er. situation d'urgence (hernies étranglées).
f) Techniques chirurgicales et mortalité
La technique chirurgicale utilisée pour la cure herniaire chez les
patients décédés a été enregistrée dans 14 cas. 8 patients avaient été
opérés à ia manière de BASSINI et 6 selon Mac Vay.

78
VII. COMMENTAIRES
7. 1. Les aspects épidémiologiques
7.1 . 1. Fréquence générale
Les
cures
de
hernies
inguinales
représentent
47,030/0
des
interventions chirurgicales pour pathologies digestives effectuées en
Chirurgie Générale Digestive et aux Urgences Chirurgicales au CHN-YO de
Janvier 1991 à Décembre 1995 Ouagadougou, Burkina Faso
Plusieurs études antérieures notaient cette fréquence élevée des
hernies inguinales. Ainsi, une étude rétrospective sur les abdomens
chirurgicaux réalisée dans notre service et portant sur la période 1986-
1990 [51] avait observé une fréquence de 39,80/0. La fréquence plus
élevée dans notre étude, pourrait s'expliquer par le fait que nous avons
retenu tous les malades opérés de hernies inguinales dans notre service
durant la période de l'étude.
Ouiminga
et
Co.lI.
[48]
dans
une
étude
portant
les
activités
chirurgicales du CHN-YO durant l'année 1990 ont noté qu'à elles seules
les hernies représentaient 44,9%
des interventions de type digestif
réalisées à Ouagadougou et 16,70/0 de l'ensemble des interventions
chirurgicales.
Les
appendicectomies
venaient
au
second
rang
avec
21,790/0.
Sano et Coll. [10] ont observé que les hernies représentaient 65,20/0
des interventrons de type digestif, soit 33°1<> des activités opératoires du
Centre Hospitalier Régional de Koudougou de Juin 1990 à Décembre
1992, contre 12,40/0 pour les appendicectomies.

79
Koné [52] a noté en 1985 que 10,70/0 des hospitalisés au CHU de
Cocody, un service de chirurgie générale et traumatologie à Abidjan (RCI)
étaient des porteurs de hernie.
Cissé [50] en 1987 dans une étude portant sur les hernies de l'aine
dans les hôpitaux de Bamako et Kati (Mali) avait noté que 21,16% des
interventions chirurgicales étaient des cures herniaires.
- Hcmawoo [34] en 1989 lors d'une étude portant sur 3101 hernies
traitées
aL;
CHU
de
Lomé Tokoin
(Togo)
a noté que
les
hernies
représentaient 440/0 des interventions réalisées dans son service.
-
Ce
iVluynck [1] en
1979 à
Kasongo
(Zaïre)
notait que les
opérations
pour
hernies
représentaient
630/0
des
interventions
chirurgicaies. Ce même auteur, lors d'une étude épidémiologique des
hernies :ngu:nales à Kota zone de Kassongo Zaïre en 1979 avait noté que
pour un total de 2207 interventions chirurgicales majeures, 65,50/0
étaient dues à des hernies abdominales.
- Seion Baranger et Coll. [6] à Paris en 1994 , la cure chirurgicale
des hernies de l'aine constituait après l'appendicectomie l'acte chirurgical
le plus pratiqué en chirurgie viscérale.
Dans notre contexte, elle est l'acte chirurgical la plus pratiquée
devant l'appendicectomie [48], et le faible niveau de mécanisation de
l'agriculture pourrait être incriminée.
7.1 .2. Distribution selon les années et les mois
Le nombre des interventions chirurgicales pour hernie inguinale dans
notre service a varié pendant la période de notre étude entre 506 pour
1991 et 312 pour 1995. Soit une moyenne de 406 cures herniaires par
an.

80
Une étude rétrospective réalisée dans notre service en 1990 [48]
dénombrait 493 cures de hernie inguinale. Dans notre étude, en 1991,
soit une année après, on enregistrait un nombre sensiblement supérieur
de 506 cures herniaires. Mais, à partir de 1993, on a noté une diminution
progressive des fréquences annuelles des hernies inguinales opérées dans
le service. Cette diminution pourrait être due à l'installation dans plusieurs
provinces de centres médicaux avec antenne chirurgicale réduisant ainsi
le
nombre
de
référence
sur
le
CHN-YO
de
patients
pour
hernies
inguinales.
La (spartition des patients selon les mois a montré que le nombre de
cas variait entre 139 patients pour les mois de Janvier et 204 patients
pour les :nois de Septembre. Le recrutement des patients porteurs de
hernies ingcinales était plus élevé pendant les mois de Mai, Juillet, Août,
Septembre
et
Octobre.
Il
faut
remarquer
ici
la
coïncidence
entre
l'augmentation du nombre de hernies inguinales opérées avec la période
de
travaux
champêtres
(activités
demandant
un
effort
physique
important). Ce constat vient confirmer l'idée que l'effort physique est un
facteur favorisant la survenue de la hernie inguinale.
7.1.3. Le sexe
Dans notre étude 94,8%
des patients concernés étaient de sexe
masculin et 5,20/0 de sexe féminin soit un sex ratio de 18,3. Cette
prédominance masculine a été retrouvée par plusieurs auteurs dans notre
pays et dans l.a sous région:
- Traoré et Coll. [54] lors d'une étude sur la cure chirurgicale des
hernies inguinales non compliquées au CHN-Y.O., notait une seule femme
dans une série de 144 patients.

81
- Gnancadja, à Cotonou en 1995 notait un sex ratio de 27,3 [12].
Pour expliquer çette prédominance masculine, certains auteurs ont
évoqué
une
différence
anatomique
entre
les
deux
sexes
[6,20,21,24,33,41]. Chez l'homme le canal inguinal est traversé par le
cordon qui le rend fragile. Ce qui n'est pas le cas chez la femme dont le
canal inguinal ne contient que le ligament rond.
Dans
notre
contexte
cette
prédominance
masculine
pourrait
aussi
s'expliquer par la difficulté qu'ont les femmes pour accéder aux soins de
santé. Les hommes dans la majorité des cas assurent les frais de santé de
toute la famille. Ce pouvoir leur permet de consulter plus facilement les
services de santé, alors que pour la femme l'accès à l'hôpital dépend le
plus souvent de l'appréciation de la gravité de son tableau par !e mari. Ce
qui n' e~t pas toujours en sa faveur.
Ce qui explique d'une manière générale, la prédominance masculine dans
la plupart des études dans notre pays[55].
7.1.4. L'âge
L'âge moyen pour nos malades était de 44 ans avec des extrêmes
de 14 jours et de 87 ans.
La hernie inguinale atteint donc toutes les classes d'âges. L'analyse des
classes d'âges de notre série a montré que les classes les plus touchées
sont respectivement celles de 21-30 ans (19,08%), de 31-40 ans
(17,89% let de 41-50 ans (18,360/0). Ces trois classes d'âge regroupent
la fraction la plus active de notre population. Les classes d'âges de 71-80
ans et plus sont les moins touchées.
Gnancadja [12] avait remarqué que 78,7% de ces malades étaient des
adultes.

82
Boukinda et Coll. [11] ont noté que 56,4% de leurs malades étaient des
adultes.
L'espérance de vie dans notre pays étant de 47 ans [18] cela peut
expliquer la faible fréquence de la pathologie chez les plus de 71 ans,
étant eux mêmes minoritaires dans la population générale.
7. 1.5. La résidence
Nos patients provenaient pour 53, 91 % de milieu urbain et 46,09%
de milieu rural. Cette prédominance urbaine des patients se justifie par le
cadre de notre étude.
7.1 .6. Le statut social
Les milieux sociaux les plus représentés étaient les cultivateurs 64,5%, le
secteur informel 17,7% les élèves et étudiants 7%.
La prédominance des cultivateurs est en accord avec les variations
observées dans la répartition mensuelle des cas (augmentation du nombre
des interventions chirurgicales durant la période de travaux champêtres).
Boukinda[ 11] a montré dans une étude portant sur 260 malades
opérés en 12 mois pour hernie inguinale que:
- le pic de fréquence se situait entre la deuxième et la sixième
décennie (62,7%);
- la provenance géographique des malades révélait que la hernie se
rencontrait aUôsi bien en milieu urbain qu'en milieu rural;

83
- en considérant l'activité professionnelle, les travailleurs de force
étaient majoritairement représentés, ce qui est un argument pour étayer la
théorie qui affirme que la hernie acquise est liée à l'effort physique répété
qui , provoquant chaque fois une hyperpression intra-abdominale, chasse
les
viscères
mobiles
vers
les
zones
herniaires
déiscentes

ils
s'extériorisent progressivement [23].
7.2. Clinique
7.2.1. Délai de consultation
Le délai moyen de consultation a été de 3 ans. Les délais les plus
courts se voyaient chez les patients ayant présenté d'emblée une
complication. D'une manière générale nos patients ne consultent pas tôt
pour leur hernie. Ce délai variait également en fonction de la résidence du
patient. En ville, les patients consultent plus tôt que ceux des zones
rurales. Ce retard pourrait s'expliquer par: la faible couverture sanitaire du
pays, l'analphabétisme et le faible revenu des masses rurales.
7.2.2. Circonstances d'apparition
Chez 91,860/0 des patients la survenue de la hernie était reliée à
l'effort physique.
Ce taux est proche des 86,30/0 observés par Gnancadja [12].

84
7.2.3. Motifs de consultation
Pour
les hernies simples
la
gêne était le premier motif.
Ces
observations montrent que la hernie n'attire l'attention du patient que
lorsqu'elle se complique ou lorsqu'elle devient gênante. Cette ignorance
est à l'origine de la fréquence élevée des étranglements et des décès.
7.2.4. Les hernies itératives
Dans notre série, 4,5 % des patients se présentaient pour récidive
de la hernie.
La classe d'âge la plus touchée est celle de 31 à 70 ans. Le sexe
masculin prédominait. 28 patients sur 40 étaient cultivateurs. Les formes
itératives comme les formes primaires de hernie inguinale ont été plus
observées chez les patients de sexe masculin exerçant des métiers de
force.
Gnancadja [12] à Cotonou a noté que le taux de récidive dans sa série
était
de
2,2%,
que
ces
récidives
concernaient
essentiellement
les
hommes.
7.2.5. Aspects topographiques
La localisation de la hernie inguinale à droite est beaucoup plus
fréquente (64%) qu'à gauche (29,93%).
D'autres études retrouvent cette prédominance droite:
Gnancadja [12] a donné la répartition suivante: 63,70/0 à droite et 36,3%
à gauche ..

85
De Muynck[2] notait sur 109 problèmes herniaires, 580/0 à droite.
Boukinda [11] lors d'une étude portant sur le pro"fil épidémiologique des
hernies au Centre Hospitalier de Talangaï à Brazzaville en 1993 avait noté
une fréquence de 55,90/0 à droite 38,20/0 à gauche et 9,9% bilatérale.
Ainsi toutes ces études ont noté une prédominance droite sans qu'on ai
pour autant une explication à cela.
7.2.6. Pathologies associées
Certaines
constituaient
des
causes
d'hyperpressions
intra-
abdominales et pourraient être considérés comme la cause de la hernie
(cas des associations hernie inguinale adénome de la prostate). D'autres
faisaient penser àune étiologie congénitale de la hernie. Ainsi .Ia présence
d'une ectopie testiculaire doit faire rechercher une hernie inguinale
associée et vice-versa [1 7] .
7.2.7. Les complications
Les
formes
compliquées
représentaient
48,60/0
des
hernies
inguinales opérées.
Gnancadja [12] à Cotonou au Bénin retrouvait à propos de 1420 cas de
hernies inguinales 32, 7% de formes compliquées.
Nos patients pour diverses raisons (pauvreté, analphabétisme etc.)
ne consultent les services de santé que dans des situations d'urgence;
- un grand nombre de formes simples de hernies inguinales sont
opérées hors du CHN-YO.

86
L'étranglement herniaire a représenté 93,71 % des complications.
Ce taux
est voisin de celui observé par Gnancadja [12] à Cotonou
92,5 0/0. La fréquence élevée des étranglements herniaires et leur gravité
doivent être des arguments en faveur de la cure chirurgicale des hernies
inguinales simples.
La répartition des étranglements herniaire en fonction des mois se
superposent
à
celle
de
toutes
les
formes
de
hernies
inguinales
confondues.
La
prédominance
des
cultivateurs
(78,390/0)
et
des
hommes
était
également observée.
Gnancadja [12] avait noté que l'étranglement herniaire frappait plus les
travailleurs de force, que les hommes étaient de très loin sujets à
l'étranglement herniaire que les femmes (98,60/0 contre 1,4% ).
Cette prédominance masculine dans les formes étranglées reflète la plus
grande fréquence de la hernie chez l'homme. Et la prédominance des
travailleurs de force incrimine l'effort physique dans la survenue de
l'étranglement herniaire.
- La résidence
L'étranglement a concerné aussi bien les résidents de la zone rurale
(57,660/0) que ceux de la zone urbaine (42,440/0).
Les patients présentant les formes compliquées provenaient en majorité
de milieu rural défavorisé.
Les complications évolutives de l'étranglement herniaire étaient
respectivement les occlusions, les fistules stercorales, les péritonites et
les
phlegmons.
Ces
complications
évolutives
s'installent
lorsque
l'étranglement herniaire n'est pas traité en urgence.

87
L'engouement
herniaire a été observé chez 62
patients. Sur 23
patients ayant bénéficié de l'enregistrement de la profession, 17 étaient
cultivateurs.
Les
hommes
représentaient
96, 77%
de
l'effectif.
L'engouement herniaire a touché aussi bien les ruraux que les urbains.
En
1995,
Gnancadja
[12]
à
Cotonou
(Bénin)
a
observé
35
cas
d'engouement herniaire dans une série de 1420 cas de hernies inguinales.
Ces valeurs sont proches de nos observations et probablement en deçà
de la réalité car les engouements observés sont surtout ceux dont les
signes fonctionnels ont persisté jusqu'à l'entrée du patient à l'hôpital.
Ceux dont les signes ont cédé avant leur arrivée à l'hôpital annulent dans
la plupart du temps leur consultation.
Les complications rares telles que la rupture traumatique de la
hernie inguinale [44] n'ont pas été observés.

88
7.3. Aspects thérapeutiques
Nos patients ont été opérés pour 48,62% des cas en situation
d'urgence.
La technique de Bassini a été utilisée au cours de 64,92 % des
interventions.
Gnancadja [1 2] à Cotonou au Bénin en 1995 donnait une fréquence de
87,9% pour cette technique, Chevrel [23] 44,1% .
Le choix de cette technique dans les cures chirurgicales des hernies
inguinales pourrait s'expliquer par sa simplicité et la rapidité de sa
réalisation. Elle entraîne également moins de récidives que les techniques
de reconstitution préfuniculaire. [38].
La technique de Mac Vay venait en seconde position avec 30,910/0
dans
notre
série
contre
16,6°k
pour
Chevrel
[23].
Ailleurs,
cette
technique a été rarement utilisée [12].
La large utilisation de cette technique dans notre contexte pourrait
s'expliquer par l'expérience des chirurgiens et également par le fait qu'elle
permet une bonne réhabilitation socio-professionnelle des patients. Il
s'agit d'une technique de choix dans le traitement primaire des hernies de
l'aine de l'adulte et du vieillard [19].
Les
autres techniques
(Lotheissen,
Forgue,
Shouldice)
ont été très
rarement utilisées.
Sur 392 observations le grêle a été rencontré dans le sac dans
66,7°k des cas suivi du côlon et de l'épiploon avec 5,10/0 chacun. La
corne vésicale a été retrouvée dans 2,81 ok des cas.
Ces taux sont proches de celles observées au Bénin [12] 40,5°k des
cas pour le grêle, l'épiploon pour 11,70/0, le côlon 3,7 % et enfin la corne
vésicale dans 1,50/0.

89
Dans 90% nos opérés de hernie inguinale avaient une suite opératoire
simple.
Dans ce cas le patient quittait l'hôpital avant le huitième jour
suivant l'intervention.
Une étude antérieure [54] dans notre service avait montré que la cure de
hernie inguinale en hospitalisation brève pouvait être appliquée au CHN-
YO (Hospitalisation de 24 heures).
Nos
complications
postopératoires
étaient
essentiellement
représentées par le sepsis 45,310/0. Ce taux très élevé est proche des
46,3 % re~rouvés à Cotonou [12]. Il y' a donc matière à réflexion en ce
qUi concerne la rigueur de l'asepsie pré, per et post opératoire [12, 13,
53].
Le ~3UX de mortalité était de 0,9%, tous de sexe masculin. Ce taux
est proche de celui observé par Gnancadja [12] qui donnent un taux de
mortalité de 1,3 % avec 94,7 % de sexe masculin ..
En dehors de la classe d'âge de 71-80 ans et plus, toutes les classes
d'âge ont enregistrées des décès. Ce résultat est différent de celui
observé en 1995 au Bénin [12], où 47,70/0 de cas de décès étaient
enregistrés chez des personnes âgées. Les auteurs avaient conclu que
cette mortalité élevée était plus liée à l'état général de ces patients qu'à
l'intervention elle-même. Dans notre série le nombre peu élevé des
patients de 71 ans et plus pourrait expliquer la non observation de décès
pour cette classe.

90
VIII. CONCLUSIONS
Cette étude rétrospective sur 5 ans (Janvier 1991- Décembre 1995)
portant sur la hernie inguinale au CHN- Y.O. nous a permis d'analyser les
aspects épidémiologique clinique et thérapeutique de cette pathologie et
d'aboutir aux conclusions suivantes:
1 . sur le plan épidémiologique :
- la cure herniaire est une activité opératoire très importante dans
notre service. Elle représente 47,03 % des interventions de type
digestif..
- cette affection est prépondérante chez l'homme (94,8%)
- l'effort physique intervient dans l'apparition de la maladie
- toutes les classes d'âge sont touchées
- la hernie inguinale se rencontre aussi bien en zone rurale qu'en
zone urbaine.
2. Sur le plan clinique
- les hernies inguinales sont plus fréquentes à droite.
- les formes congénitales sont moins fréquentes que les formes
acquises.
;. l'étranglement herniaire est la complication la plus fréquente et la
plus grave. Il constitue une urgence chirurgicale
3. Sur le plan thérapeutique
- il existe plusieurs techniques pour la cure herniaire mais celle de
Bassini reste la plus utilisée.
- le traitement de la hernie doit être associée au traitement des
facteurs de récidive
- les complications post-opératoires (3,150/0) sont dominée par les
infections (45,31 %).

91
- la mortalité post-opératoire est de 0,9%
- l'étranglement herniaire est la principale cause de décès 94,7% .
..

92
IX. RECOMMANDATIONS ET SUGGESTIONS
A l'issue de notre étude, nous faisons les recommandations et
suggestions suivantes:
1. A la population
- Eviter le port de lourdes charges.
- Consulter les services de santé devant toute tuméfaction inguinale
- Envisager la cure herniaire dès le diagnostic posé.
2. Aux personnels de santé
Expliquer aux patients le risque qu'ils courent en refusant ou en
retardant la cure d'une hernie inguinale même simple.
3. Aux autorités
- Poursuivre la mécanisation de l'agriculture
- améliorer la couverture sanitaire du pays
- lutter contre l'analphabétisme

93
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/~·~c.,;j,fr.Noire 1993,40 (2) pp112-116.
49. R.
'~'_:':;ma-Mve, F. Owono-Nguema
:':,~ ~~2 expérience du Shouldice dans la cure des hernies
i;.. ":_,: r~ <3 les de l'adulte.
;. :-~_'. ,J. //. Noire 1994, 41 (7) pp416-417.
,'-:;-:::;:03 de 727 cas de hernie de l'aine dans les hôpitaux de
E,~:-;-,ako et Kati. Thèse, Médecine, Bamako, 1987.
51. SAi'ïeU jVlarie Joseph.
L~s abdomens chirurgicaux au Centre Hospitalier National
Y2igado
Ouédraogo de Ouagadougou. Bilan de 5 années
d' sctivités dans le service de chirurgie générale.
Thèse de médecine. Ouagadougou FSS, 1991 nO 162.
52. S. :<ONE
les hernies de l'aine. Etude statistique portant sur 724 cas
aoérés dans le service de chirurgie générale - Traumatologie du
CHU €le
Cocody
Thèse de médecine Université Abidjan (Rel) 1985 nO 644
135p.

103
53. Société française d'anesthésie-Réanimation
Antibioprophylaxie en milieu chirurgical chez l'adulte
Société d'édition de l'association d'enseignement médical des
hôpitaux
de Paris, 1993
54. S.S.TRAORE, D.SANO, A.WANDAOGO, H.OUEDRAOGO, R.
DAKOURE, A.SANOU.
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Hospitalier
National Yalgado Ouédraogo à propos de 144 cas.
Annales de l'Université de Ouagadougou Série B Vol. IV, 1996
pp 113-124
55. Y. A. BAMOUNI
Les abdomens aigus chirurgicaux au Burkina Faso Bilan de 7
ans
d'activité d'un service de chirurgie générale
Thèse médecine Ouagadougou 1983 nO

104
SERMENT D'HIPPOCRA TE
En présence des MaÎtres de cette Ecole et de mes chers
condisciples, je promets et je jure au nom de l'Etre Suprême, d'être
fidèle aux lois de l'honneur et de la probité dans l'exercice de la
Médecine.
Je donnerai mes soins gratuits à l'indigent et je n'exigerai
jamais de salaire au dessus de mon travail.
Admis à l'intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce
qui s'y passe, ma langue taira les secrets qui me sont confiés et mon
état ne servira pas à corrompre les moeurs ni à favoriser les crimes.
Respectueux et reconnaissant envers mes MaÎtres, je rendrai à
leurs enfants l'instruction que j'ai reçu de leurs pères.
Que les hommes m'accordent leur estime si je suis resté fidèle
à mes promesses, que je sois couvert d'opprobre et méprisé de mes
confrères si j'y manque.

ANNEXES

FICHE DE COLLECTE DES DONNEES
LES HERNIES INGUINALES
au
Centre Hospitalier National Yalagado Ouédraogo (Burkina Faso)
IDENTIFICATION DU C.AS

.
Sexe
M [ ]
F [ ]
Age ....... ans
Profession
.
Résidence: Urbain [ ]
Suburbain [ ]
Rural [
]
.
Mode d'entrée: Direct [
Indirect [ ]
Service
.
CLINIQUE
Date d'entrée
199
..
Motifs de consultation
Début: brutal [J
Insidieux [ ]
Douleur [ ]
Gène [ ]
Tumefaction [ ]
AMG [ ]
Vomissements [ ]
Nausées [ ]
Mauvais état général [ ]
Diarrhée [ ]
Déshydratation [ ]
Anémie [
Hyperthermie [ ] Péritonite [ ]
Oclusion[]
Phlegmon [ ] Fistule stercor [ ]
Circonstances de découverte:
Enfance [ ]
Effort [ ]
Autres
.
Délai de consultation
ans
ANTECEDENTS
TBC [ ] Multipare [ ]
Tabac [ ]
Urétrite [ ]
Prostate [ ]
Récidive [ ]
PARACLINIQUE
ASP [ ]
Normal [ ]
Niveaux [ ]
Numération [ ]
Normal [ ]
Leucocyte [ ]
Hémoglobine [ ] Normal [ ]
Bas'[ ]
Hématocrite [ ]
Normal [ ]
Bas [ ]
Glycemie [ ] Normal [ ]
Hyperglycemie [ ]
Hypoglycemie [ ]
Azotémie [ ] GrRH [ ] Rx pulmo
[ ]
ECG [ ]
TS [] TC []
GE [ ]
+ [ ]
- [ ]
DIAGNOSTIC TOPOGRAPHIQUE
HIG [ ]
HID [ ]
HIB [ ]
Hernie finiculaire [ ] HISG [ ]
HISD [ ] HISB [ ]
COMPLICATIONS
Etranglement [ ]
Engouement [ ]
Irréductibilté [ ]
, PATHOLOGIES ASSOCIEES: Hydrocèle [ ]
Homolatérale [ ]
Controlatérale [ ]
Bilatérale [ ]
Hernie crurale [ ]
Homolatérale [ ]
Controlatérale [ ]
Bilatérale [ ] Kyste du cordon [ ]
HO [ ]
Apendicite [ ]
Ectopie testiculaire [ ]
Prolapsus utérin [ ] Hémorroïde [
Prostate [ ]
Epispadias [ ]
Hypospadias [ ]
Mal nutrition [ ]
Rachitisme [ ]
TBC [ ] OrchiEpididymite [ ] Bronchite chronique [ ]
Toux chronique [ ] Hermaphrodisme [ ]
TRAITEMENT: Contenu du sac: grêle [ ]
Côlon [ ]
Epiploon [ ]
Vessie [
Tumeur [ ]
Organes génitaux [ ]
Mixtes [ ]
Autres [ ]
OPERE: Non [ ]
Oui [ ]
Urgence [ ]
A froid [ ]
Taxis [ ]
GESTE CHIRURGLCAL: Bassini [ ] Mac Vay [ ] Lotheissen [ ] Forgue [ ] Shouldice [ ] Autres [ ]
Anses viables [ ]
Anses nécrosées [ ] Résection intestinale [ ]
SUITES OPERATOIRES: Simple [ ]
Complication [ ]
Hémorragies [ ]
Infections [ 1 Récidive [ ]
Douleurs résiduelles [ ]
Orchite [ ]
Atrophie testiculaire [ ]
OIA [ ]
Décès [ ]
Causes
.
RECUL.......................
Date sortie
.!

107
Année
1997
Nom eT :::~ènom de l'auteur: OUEDRAOGO Mahamadi
Titre
:_~s hernies inguinales au Centre Hospitalier National
'1 ::'iL~ado Ouédraogo, Ouagadougou (Burkina Faso), à
~I":;:CS de 2028 cas.
Thèse .'(? -:;édecine : Ouagadougou: FSS
1997; 4
~r::s'
Ji&::
,: ..
~_.,.,_
1'!cus avons
dans une étude rétrospective allant de .Janvier
1991 -'.
DécerTi:;r2 î 995 fait le point sur la hernie inguinale dans le service de
chirurç;:3]énérale et digestive et des urgences chirurgicales du CHN-
YO.
L.c~ ~;ernie inguinale se classe au premier rang de toutes les
patholcqies abdominales (47,030/0).
L8S :ravailleurs de force sont les plus touchés : 64,51 % sont
des cUit:vateurs .
Lss hommes représentent 94,8% des opérés.
L3srormes compliquées représentent 48,62%.
L! étranglement herniaire est la complication la plus fréquente
(93,7"1 ""0) et la plus grave.
La technique de 8assini est utilisée dans 64,92 %
des cures
herniaires.
Le taux de mortalité est de 0,90/0.
Pour améliorer l'existence des patients souffrants de hernie
inguinale,
nous suggérons
la
cure
des
formes
simples
comme
traitement préventif de l'étranglement.
Mots clés: Hernies, inguinales, Ouagadougou, Burkina Faso.
Adresse de l'auteur: 01 BP 5847 Ouagadougou 01 Tél: 34 15 01